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Türkiye-Sénégal : 560 milliards FCFA d’échanges visés, le sport en vitrine d’un partenariat stratégique.

Dakar et Ankara veulent franchir un nouveau cap dans leur coopération économique. Avec 494 millions de dollars d’échanges commerciaux en 2025 et plus de 60 entreprises turques présentes au Sénégal, les deux pays ambitionnent de porter leur commerce bilatéral à un milliard de dollars par an. Les infrastructures sportives et les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 donnent une nouvelle visibilité à ce rapprochement.

Le partenariat entre le Sénégal et la Türkiye prend une dimension de plus en plus économique. À Dakar, les deux pays multiplient les initiatives pour renforcer leurs échanges commerciaux, attirer les investissements et développer des projets dans plusieurs secteurs stratégiques. Le sport s’inscrit également dans cette dynamique, à la fois comme vitrine de la coopération et comme levier potentiel de développement.

Cette orientation est particulièrement mise en lumière à l’occasion du deuxième Sommet Sport et Développement, organisé les 30 et 31 octobre 2026 dans la capitale sénégalaise, dans le contexte des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.

Un commerce bilatéral de 494 millions de dollars en 2025

Le rapprochement économique entre Dakar et Ankara repose sur une ambition clairement affichée : porter les échanges commerciaux entre les deux pays à un milliard de dollars par an, soit environ 560 milliards FCFA.

Cet objectif a été réaffirmé le 10 avril 2026, à l’occasion de la sixième réunion de la Commission mixte de commerce et de coopération économique et technique, organisée à Dakar.

Selon la ministre turque de la Famille et des Services sociaux, Mahinur Özdemir Göktaş, le volume des échanges bilatéraux a atteint 494 millions de dollars en 2025, en progression de 23 % par rapport à l’année précédente. Cela représente environ 276 milliards FCFA.

L’objectif fixé implique donc de presque doubler le niveau actuel du commerce entre les deux économies. Pour y parvenir, les autorités souhaitent rendre les échanges plus diversifiés et mieux équilibrés, tout en renforçant les partenariats entre les entreprises des deux pays.

Le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a notamment insisté sur la nécessité de dépasser la signature des accords pour assurer leur application effective.

Plus de 60 entreprises turques implantées au Sénégal

La présence économique turque au Sénégal ne se limite pas aux échanges commerciaux. D’après les chiffres présentés par la ministre turque en avril dernier, plus de 60 entreprises turques sont actuellement actives dans le pays, avec des investissements estimés à plus de 780 millions de dollars.

Les entreprises turques ont également réalisé environ 40 projets au Sénégal, pour une valeur annoncée de 2,2 milliards de dollars. Ces réalisations couvrent notamment les infrastructures de transport, les équipements collectifs, les installations énergétiques et les infrastructures sportives.

Cette implantation traduit l’intérêt des opérateurs turcs pour les perspectives offertes par le programme de transformation économique du Sénégal à l’horizon 2050.

Les deux pays souhaitent désormais élargir leur coopération à des domaines tels que l’agriculture, l’agro-industrie, l’énergie, les mines, le textile, la logistique, les transports et les services. Le développement des petites et moyennes entreprises figure également parmi les pistes de rapprochement.

Pour Dakar, l’enjeu consiste à attirer des capitaux et des compétences tout en renforçant la participation du secteur privé national aux projets structurants.

Le sport, une vitrine des investissements turcs

Le secteur sportif constitue l’une des illustrations les plus visibles de cette coopération. Plusieurs infrastructures emblématiques du Sénégal portent la marque de l’expertise d’entreprises turques.

La Dakar Arena et le Stade olympique de Diamniadio figurent parmi les réalisations citées par les autorités turques pour illustrer leur contribution au développement des équipements sportifs sénégalais.

Au-delà de leur fonction sportive, ces infrastructures peuvent soutenir l’organisation de compétitions internationales, stimuler les activités de services et favoriser le développement de métiers liés à l’événementiel, au tourisme et à l’industrie du sport.

Le deuxième Sommet Sport et Développement, organisé à Dakar les 30 et 31 octobre, s’inscrit dans cette réflexion. Les échanges portent notamment sur le financement des infrastructures, le sponsoring, le tourisme sportif, le streaming, l’emploi des jeunes et les perspectives de développement de l’industrie sportive africaine.

L’objectif affiché est de faire des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 un accélérateur d’investissements et d’activités économiques, au-delà de la seule période des compétitions.

Il faut toutefois distinguer cette rencontre internationale du partenariat bilatéral sénégalo-turc : aucune annonce vérifiée ne permet d’affirmer qu’un nouvel accord spécifique entre Dakar et Ankara a été signé à l’occasion du sommet.

Le défi des retombées économiques locales

Derrière les objectifs commerciaux et les projets d’infrastructures, une question demeure centrale : quelle part de cette dynamique profitera réellement aux entreprises et aux travailleurs sénégalais ?

L’augmentation des échanges ne garantit pas, à elle seule, un renforcement du tissu productif local. Pour que le partenariat produise des effets durables, le Sénégal devra notamment accroître ses exportations vers la Türkiye, favoriser les partenariats industriels et encourager le transfert de compétences et de technologies.

La participation des entreprises locales aux marchés liés aux infrastructures, aux équipements sportifs et aux services constitue également un enjeu important.

Avec un objectif de 560 milliards FCFA d’échanges commerciaux annuels, Dakar et Ankara affichent une ambition élevée. Mais le véritable indicateur de réussite ne sera pas seulement le volume des transactions : il résidera dans la capacité de cette coopération à créer de la valeur sur le territoire sénégalais, à développer des entreprises locales et à transformer les infrastructures en activités économiques durables.

La Rédaction

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