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Burkina Faso : La cybercriminalité a coûté plus de 9 milliards FCFA en cinq ans.

Entre 2020 et 2025, les infractions commises dans le cyberespace burkinabè ont occasionné plus de 9 milliards de francs CFA de préjudices financiers, selon la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC). Alors que les paiements numériques se développent, ce bilan rappelle que la confiance et la sécurité sont devenues des enjeux économiques majeurs.

La cybercriminalité pèse lourdement sur les finances des victimes au Burkina Faso. Selon un bilan présenté le 23 octobre 2026 à Ouagadougou par la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité, les préjudices financiers liés aux infractions numériques ont dépassé 9 milliards FCFA sur la période 2020-2025.

Ce montant cumulé, rapporté par plusieurs médias burkinabè et régionaux, a été communiqué par le commissaire principal de police Bayi Akim Nignan, responsable de la BCLCC. Il met en évidence l’ampleur des pertes associées aux escroqueries et autres infractions commises à travers les outils numériques.

Les données publiées ne précisent toutefois ni le montant des pertes pour chaque année ni leur répartition détaillée par type d’infraction. Il convient donc de considérer les 9 milliards FCFA comme un bilan global sur cinq ans, et non comme une estimation annuelle.

Escroqueries, faux placements et usurpation d’identité

Les infractions numériques prennent des formes diverses. Elles comprennent notamment les escroqueries en ligne, les faux placements financiers, l’usurpation d’identité, le chantage à partir de contenus privés et les atteintes aux systèmes informatiques.

Certaines opérations reposent sur des promesses de gains rapides. Des fraudeurs se présentent comme des intermédiaires financiers ou des plateformes d’investissement, puis incitent leurs victimes à transférer de l’argent sans garantie réelle de récupération.

D’autres exploitent la confiance des utilisateurs en se faisant passer pour des proches, des entreprises ou des institutions. Les victimes peuvent alors communiquer des informations confidentielles ou effectuer des paiements à des destinataires frauduleux.

Ces pratiques ne provoquent pas seulement des pertes immédiates. Elles peuvent également entraîner des coûts supplémentaires pour les victimes, notamment lorsqu’elles doivent sécuriser leurs comptes, récupérer leurs accès ou engager des démarches pour signaler les faits.

Le mobile money, un point de vigilance pour l’épargne

Les services financiers mobiles et les paiements électroniques figurent parmi les domaines exposés aux fraudes numériques. Leur développement facilite les transferts d’argent et l’accès aux services financiers, mais offre aussi de nouvelles possibilités aux fraudeurs lorsqu’un utilisateur est trompé ou que ses informations sont compromises.

Les fausses offres d’investissement, les liens frauduleux et les demandes de codes secrets constituent autant de risques pour les particuliers et les petites entreprises.

La vigilance est particulièrement importante face aux offres qui promettent des rendements exceptionnellement élevés ou exigent un transfert urgent de fonds. Un service qui utilise le vocabulaire de la finance ou affiche des témoignages de prétendus bénéficiaires n’est pas nécessairement fiable.

La BCLCC met en garde contre ces pratiques, mais les chiffres disponibles ne permettent pas d’isoler la part des pertes attribuable au mobile money, aux cryptomonnaies ou aux autres canaux de paiement.

Une campagne nationale pour renforcer la prévention

Face à ces menaces, la BCLCC organise du 26 au 30 octobre 2026 la deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité, autour du thème « Cybercriminalité et menaces numériques émergentes : du clic au crime ».

Le programme prévoit des activités de sensibilisation, des panels, des journées portes ouvertes et un hackathon consacré aux investigations numériques. L’objectif est notamment d’améliorer la connaissance des risques et d’encourager des comportements plus sûrs sur Internet.

La prévention repose aussi sur des gestes simples : ne jamais communiquer ses codes secrets, vérifier l’identité d’un interlocuteur avant tout transfert, éviter les liens suspects et conserver les preuves en cas de fraude. Lorsqu’une opération paraît douteuse, il est préférable de vérifier l’information auprès de l’organisme concerné par un canal officiel.

Pour les entreprises, la protection des accès, la sécurisation des systèmes de paiement et la sensibilisation du personnel sont également essentielles. Une fraude peut affecter la trésorerie, interrompre l’activité et fragiliser la relation avec les clients.

La confiance, condition du développement numérique

Les services numériques représentent une opportunité pour élargir l’accès aux paiements, faciliter les échanges commerciaux et réduire certaines contraintes liées aux transactions physiques. Mais leur développement dépend aussi de la capacité des utilisateurs à avoir confiance dans les outils qu’ils utilisent.

Les préjudices enregistrés au Burkina Faso montrent que la sécurité numérique ne relève pas uniquement des spécialistes de l’informatique ou des forces de l’ordre. Elle concerne directement la protection de l’épargne des ménages, la trésorerie des entreprises et la crédibilité des services financiers.

Le bilan de plus de 9 milliards FCFA constitue un signal d’alerte. Pour mesurer plus précisément l’évolution de la menace, il faudra également disposer de données annuelles, de statistiques sur les infractions les plus fréquentes et d’indicateurs sur les fonds récupérés.

Car la réussite de la transition numérique ne se mesure pas seulement au nombre de personnes connectées ou aux volumes de transactions. Elle se mesure aussi à la capacité de protéger ceux qui utilisent ces services et de préserver la confiance indispensable à leur adoption.

La Rédaction

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