Mali : Une centrale solaire de 100 MWc en préparation à Gongasso, avec 100 MWh de stockage.
Le gouvernement malien a affecté près de 212 hectares à un projet de centrale photovoltaïque dans la région de Sikasso. Associée à un système de stockage de 100 MWh, l’installation doit contribuer au développement des énergies renouvelables. Mais son financement et son calendrier de réalisation restent à préciser.
Le Mali franchit une nouvelle étape dans la préparation de ses infrastructures énergétiques. Réuni le 23 octobre 2026, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant affectation au ministère de l’Énergie et de l’Eau d’un terrain destiné à accueillir une centrale solaire photovoltaïque à Gongasso, dans la région de Sikasso, au sud du pays.
La parcelle concernée couvre précisément 211 hectares, 93 ares et 22 centiares, soit près de 212 hectares. Selon le communiqué officiel du gouvernement, le site doit accueillir une centrale d’une puissance de 100 mégawatts-crêtes (MWc), équipée d’un système de stockage de 100 mégawattheures (MWh) et raccordée au réseau électrique interconnecté.
Cette décision foncière constitue une avancée dans la préparation du projet. Elle ne signifie toutefois pas que les travaux de construction ont commencé.
212 hectares pour produire de l’électricité solaire
La centrale projetée à Gongasso doit contribuer à augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national. Le choix du photovoltaïque permet de transformer le rayonnement solaire en électricité, une ressource particulièrement intéressante pour un pays bénéficiant d’un fort ensoleillement.
La puissance annoncée de 100 MWc correspond à la puissance nominale des panneaux dans des conditions de référence. Elle ne signifie pas que la centrale produira continuellement 100 mégawatts : la production effective dépendra notamment de l’ensoleillement, des équipements installés et des conditions d’exploitation.
Le raccordement au réseau interconnecté doit permettre d’injecter l’électricité produite dans le système électrique national. Pour les ménages et les entreprises, l’intérêt du projet dépendra donc de sa capacité à fournir effectivement de l’énergie au réseau, mais aussi de la disponibilité des infrastructures de transport et de distribution.
Un stockage de 100 MWh pour mieux valoriser l’énergie solaire
L’un des éléments importants du projet réside dans l’association de la centrale à un système de stockage de 100 MWh.
Contrairement à la puissance exprimée en mégawatts, qui mesure une capacité instantanée de production, le mégawattheure mesure une quantité d’énergie. Une capacité de stockage de 100 MWh correspond ainsi, en théorie, à l’énergie nécessaire pour fournir 100 MW pendant une heure, sous réserve des caractéristiques et des pertes du système.
Concrètement, les batteries peuvent conserver une partie de l’électricité produite pendant les périodes d’ensoleillement, puis la restituer lorsque la production solaire diminue. Cette solution peut contribuer à mieux adapter l’offre d’électricité aux besoins du réseau.
L’efficacité du dispositif dépendra néanmoins de la puissance de charge et de décharge, du rendement des batteries, de leur durée d’utilisation et des modalités de gestion de l’installation. Les caractéristiques techniques détaillées du système prévu à Gongasso n’ont pas encore été communiquées.
Une étude de faisabilité déjà réalisée
Le projet était en préparation avant l’affectation du terrain. Selon l’Agence de presse africaine (APA), le bureau malien d’ingénierie ICRED a réalisé une étude de faisabilité portant sur les dimensions techniques, économiques et environnementales de l’installation.
Les études préliminaires envisageaient une emprise foncière d’environ 240 hectares. La parcelle finalement affectée par l’État couvre une superficie légèrement inférieure, soit près de 212 hectares.
Cette affectation permet de sécuriser le site prévu pour le projet. Elle constitue cependant une étape administrative parmi d’autres avant la construction et la mise en service de la centrale.
À ce stade, les autorités n’ont pas annoncé le coût total de l’investissement, le montage financier, l’identité de l’entreprise chargée des travaux ni la date prévisionnelle de mise en service.
Un enjeu économique au-delà de la production électrique
Pour le Mali, le développement des capacités solaires représente un levier potentiel de diversification de la production électrique. Une plus grande disponibilité d’électricité peut soutenir les activités industrielles, commerciales et agricoles, tout en répondant aux besoins des ménages.
L’intégration du stockage présente également un intérêt pour mieux valoriser l’électricité produite pendant les heures d’ensoleillement. Mais les retombées économiques dépendront de plusieurs facteurs : le coût de construction, les conditions de financement, les frais d’exploitation, la maintenance des équipements et la qualité du raccordement au réseau.
Le projet devra aussi être évalué à l’aune de sa contribution réelle à l’approvisionnement électrique. La puissance installée, à elle seule, ne permet pas de mesurer la quantité d’électricité qui sera effectivement produite et livrée aux consommateurs.
Le financement, prochaine étape décisive
L’affectation des 211,93 hectares à Gongasso marque une avancée dans la préparation de cette infrastructure. Pour autant, le passage du projet à la réalité industrielle dépendra encore de décisions techniques, financières et opérationnelles.
La mobilisation des ressources, la sélection des entreprises, la réalisation des travaux et le raccordement au réseau seront déterminants pour respecter les objectifs annoncés.
Au Mali, le soleil constitue une ressource abondante. Le véritable défi reste de transformer ce potentiel en électricité disponible, abordable et durable. À Gongasso, la prochaine étape ne sera donc pas seulement de construire une centrale de 100 MWc, mais de démontrer sa capacité à produire des résultats concrets pour l’économie et les consommateurs.
La Rédaction



