BRVM : Les indices rebondissent après cinq séances de baisse, mais les échanges ralentissent.
La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a renoué avec la hausse jeudi 22 octobre 2026. Le BRVM Composite a progressé de 0,33 % à 521,99 points, mettant fin à cinq séances consécutives de repli. Sucrivoire, Erium et Bernabé Côte d’Ivoire ont mené les progressions. Mais avec une valeur des transactions ramenée à 1,94 milliard de FCFA, contre 2,81 milliards la veille, ce retour dans le vert reste à confirmer.
Les indices retrouvent le chemin de la hausse
Après plusieurs séances difficiles, le marché actions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a enregistré un mouvement de reprise. Selon le Bulletin officiel de la cote de la BRVM, l’indice Composite a gagné 0,33 % pour clôturer à 521,99 points, contre 520,27 points lors de la séance précédente.
Le BRVM 30, qui regroupe les trente valeurs les plus représentatives du marché, a également progressé de 0,33 % à 252,87 points. Le BRVM Prestige, composé de valeurs répondant à des critères spécifiques de liquidité et de performance, a avancé de 0,35 % à 193,50 points. De son côté, le BRVM Principal a gagné 0,15 % à 367,18 points.
Ce redressement intervient après cinq séances consécutives de baisse des principaux indices, selon Le Journal de l’Économie et du Commerce (LeJeCom). Il constitue un répit pour les investisseurs, sans suffire à confirmer une inversion durable de la tendance.
Sucrivoire, Erium et Bernabé dominent les hausses
Le palmarès de la séance a été emmené par Sucrivoire Côte d’Ivoire. Le titre a progressé de 6,98 % à 2 300 FCFA, enregistrant la plus forte hausse du marché.
Erium Côte d’Ivoire a suivi avec une progression de 5,59 % à 1 700 FCFA. Bernabé Côte d’Ivoire a gagné 4,07 % à 1 790 FCFA, tandis que Servair Abidjan a avancé de 2,67 % à 3 080 FCFA. Bridge Bank Group Côte d’Ivoire a complété le Top 5 avec une hausse de 2,08 % à 9 800 FCFA.
Ces performances traduisent un regain d’intérêt pour plusieurs valeurs cotées. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’attribuer le mouvement à une amélioration des résultats financiers ou des perspectives de ces entreprises : une variation quotidienne peut aussi résulter des ordres d’achat et de vente disponibles sur le marché.
Tractafric Motors en tête des replis
À l’inverse, Tractafric Motors Côte d’Ivoire a affiché la plus forte baisse brute de la séance, avec un recul de 7,47 % à 3 840 FCFA. La Loterie nationale du Bénin a cédé 2,38 % à 3 900 FCFA, devant SETAO Côte d’Ivoire (-2,03 % à 1 935 FCFA), SOGB (-1,94 % à 7 600 FCFA) et la Compagnie ivoirienne d’électricité (-1,90 % à 4 905 FCFA).
Une précision est nécessaire pour Tractafric Motors : le 22 octobre correspondait au détachement d’un dividende net de 183,92 FCFA par action. Après ajustement du cours de référence pour tenir compte de cette distribution, la baisse ressort à 3,27 %, selon les données de Richbourse.
Cette distinction est importante pour les investisseurs. Lorsqu’une action détache un dividende, son cours peut mécaniquement diminuer du montant distribué. La variation brute ne reflète donc pas nécessairement, à elle seule, l’évolution économique de la valeur détenue par l’actionnaire.
Des échanges en recul malgré le rebond
La hausse des indices s’est accompagnée d’un ralentissement de l’activité. La valeur des transactions sur actions et droits s’est établie à environ 1,94 milliard de FCFA, contre 2,81 milliards la veille, soit une baisse d’environ 864 millions de FCFA.
Au total, 471 182 titres ont été échangés. La capitalisation du marché des actions a progressé à 20 469,68 milliards de FCFA, tandis que la capitalisation obligataire s’est établie autour de 13 467 milliards de FCFA, selon les données publiées pour la séance.
La progression des cours ne s’est donc pas accompagnée d’une accélération des échanges. Cette configuration invite à la prudence : un rebond des indices est plus convaincant lorsqu’il s’inscrit dans la durée et s’accompagne d’une activité suffisamment soutenue.
Des secteurs aux trajectoires contrastées
L’évolution sectorielle confirme que la reprise n’a pas profité uniformément aux valeurs cotées. L’indice des télécommunications a gagné 0,74 %, celui des services financiers a progressé de 0,22 % et celui de l’énergie de 0,19 %.
À l’inverse, les services publics ont reculé de 1,39 %, tandis que la consommation discrétionnaire a perdu 0,93 %. Les secteurs industriels et de la consommation de base ont enregistré de légères hausses, respectivement de 0,08 % et 0,09 %.
Cette dispersion rappelle que l’évolution générale de la Bourse masque des situations différentes selon les secteurs et les entreprises. Pour les investisseurs, l’analyse des fondamentaux, des résultats et des perspectives des sociétés reste donc indispensable au-delà des variations quotidiennes.
Un répit, pas encore un retournement
La séance du 22 octobre apporte une respiration après plusieurs journées de baisse. Les principaux indices sont repassés dans le vert et plusieurs titres ont enregistré des gains significatifs. Toutefois, le recul de la valeur des transactions et les performances contrastées des secteurs invitent à ne pas confondre rebond technique et reprise durable.
Pour confirmer ce mouvement, le marché devra maintenir sa progression lors des prochaines séances, avec une participation suffisamment large des investisseurs.
À la BRVM, une journée verte rassure, mais ne fait pas encore une tendance. Le véritable signal sera la capacité du marché à transformer ce rebond en dynamique durable, soutenue par les échanges et les fondamentaux des entreprises cotées.
La Rédaction



