Nigeria : L’inflation passe sous les 15 %, mais le coût de la vie résiste.
Le taux d’inflation annuel du Nigeria est tombé à 14,63 % en septembre 2026, contre 15,39 % un mois plus tôt. Cette nouvelle décélération confirme l’accalmie observée ces derniers mois dans la première économie d’Afrique de l’Ouest. Mais avec une inflation alimentaire toujours proche de 20 %, la pression sur les budgets des ménages demeure forte.
Le Nigeria poursuit sa trajectoire de désinflation. Selon le Bureau national des statistiques (NBS), l’inflation générale s’est établie à 14,63 % en septembre 2026, contre 15,39 % en août et 20,98 % un an auparavant. Publiés le 15 octobre, ces chiffres témoignent d’un ralentissement marqué de la progression annuelle des prix à la consommation.
Entre septembre 2025 et septembre 2026, le taux a ainsi reculé de 6,35 points de pourcentage. Une évolution favorable pour les autorités économiques, qui cherchent à stabiliser les prix après plusieurs années de fortes tensions inflationnistes.
Toutefois, cette amélioration doit être interprétée avec prudence. Elle ne signifie pas que les prix sont revenus à leur niveau antérieur, mais qu’ils augmentent moins rapidement qu’au cours de la période de comparaison.
Une hausse des prix presque à l’arrêt en septembre
L’évolution mensuelle confirme l’ampleur du ralentissement. D’après le NBS, l’inflation générale est ressortie à 0,06 % en septembre, contre 0,71 % en août. Autrement dit, le niveau moyen des prix a très légèrement progressé au cours du mois, alors que leur hausse avait été plus importante en août.
Cette évolution prolonge la tendance à la décélération observée depuis plusieurs mois. Le taux annuel était encore de 15,43 % en juillet avant de passer à 15,39 % en août, puis à 14,63 % en septembre.
Le mouvement constitue un signal encourageant pour l’économie nigériane. Il reste néanmoins nécessaire d’observer les prochains relevés pour déterminer si cette modération s’inscrit dans la durée.
L’alimentation reste le principal point de vigilance
Le ralentissement général masque une situation plus difficile dans l’alimentation, poste essentiel des dépenses des ménages.
En septembre, l’inflation alimentaire annuelle a atteint 19,59 %, contre 19,57 % en août. Elle demeure donc presque inchangée d’un mois à l’autre, malgré un recul par rapport aux 20,16 % enregistrés en septembre 2025.
Les données mensuelles offrent cependant une note plus favorable : l’indice des prix alimentaires a diminué de 1,55 % en septembre, après une hausse de 1,02 % en août. Cette baisse traduit un recul moyen des prix alimentaires suivis sur un mois, sans effacer leur augmentation sur un an.
Pour les ménages modestes, dont une part importante du budget est consacrée à l’alimentation, cette distinction est déterminante. Une diminution mensuelle de certains prix peut apporter un répit, mais elle ne suffit pas à compenser automatiquement les hausses accumulées au cours des dernières années.
L’inflation sous-jacente recule sur un an
L’inflation sous-jacente, qui permet d’observer les tendances des prix en excluant certaines composantes volatiles, notamment les produits agricoles et l’énergie, a également diminué sur un an.
Elle s’est établie à 12,95 % en septembre, contre 13,29 % en août et 22,11 % un an plus tôt, selon les données du NBS relayées par Premium Times.
Cette baisse indique que le ralentissement ne concerne pas uniquement l’indice général. Toutefois, les évolutions mensuelles restent contrastées : selon le quotidien économique BusinessDay, la hausse mensuelle de l’indice sous-jacent a atteint 1,11 % en septembre, après un recul de 0,06 % en août.
Cette différence rappelle qu’une amélioration annuelle peut coexister avec de nouvelles tensions à court terme dans certaines catégories de dépenses.
Les réformes économiques toujours sous surveillance
La dynamique des prix reste étroitement liée aux réformes engagées par le président Bola Tinubu depuis son arrivée au pouvoir en 2023. La suppression des subventions sur les carburants et la dépréciation du naira ont profondément modifié l’environnement économique nigérian.
Ces mesures visent notamment à assainir les finances publiques et à soutenir l’activité économique. Elles ont aussi contribué à renchérir certaines dépenses, notamment celles liées au transport et à l’énergie, accentuant les difficultés des ménages.
Sur le plan monétaire, la Banque centrale du Nigeria a abaissé son taux directeur à 23 % en septembre, après une réduction de 350 points de base. Cette décision intervient alors que les autorités cherchent à concilier la maîtrise de l’inflation avec le soutien à l’économie.
Selon Reuters, la croissance économique nigériane a atteint environ 4,4 % sur un an au deuxième trimestre 2026. Ce rythme reste inférieur à l’objectif de 7 % que le président Tinubu souhaite atteindre à l’horizon 2027.
Le défi est donc double : consolider la baisse de l’inflation tout en renforçant l’activité et les revenus, afin que l’amélioration des indicateurs macroéconomiques se traduise progressivement dans la vie quotidienne.
Un signal favorable, mais pas encore une victoire sur la vie chère
Le recul de l’inflation à 14,63 % constitue une évolution positive pour le Nigeria. Il confirme que la progression annuelle des prix ralentit et que certaines composantes, notamment l’alimentation sur un mois, commencent à offrir un peu de répit.
Mais le niveau élevé de l’inflation alimentaire rappelle que le coût de la vie reste un enjeu majeur. Pour les ménages, l’amélioration ne sera réellement perceptible que si les prix des produits essentiels se stabilisent durablement et si les revenus suivent.
Le Nigeria a peut-être franchi un cap statistique en passant sous les 15 %. Le véritable test sera désormais de transformer cette désinflation en pouvoir d’achat retrouvé, sans compromettre la reprise économique.
La Rédaction



