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Côte d’Ivoire : 300 milliards FCFA pour faire de Boundiali un nouveau pôle aurifère.

La société australienne Aurum Resources prévoit d’investir 503 millions de dollars dans une future mine d’or à Boundiali, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Le projet pourrait générer 4 200 emplois directs et indirects pendant sa construction, avant une première production attendue en 2028. Mais les retombées économiques dépendront de la concrétisation de l’investissement et de sa capacité à profiter durablement aux populations locales.

La Côte d’Ivoire veut franchir une nouvelle étape dans le développement de son secteur aurifère. Le 8 octobre 2026, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a reçu à Abidjan une délégation de la société minière australienne Aurum Resources Limited, venue présenter les résultats de ses travaux d’exploration dans la région de Boundiali, au nord du pays.

À la clé, un projet évalué à 503 millions de dollars, soit environ 300 milliards de FCFA, destiné à développer une nouvelle mine d’or. Selon les informations communiquées par les autorités ivoiriennes et l’Agence ivoirienne de presse (AIP), la construction pourrait commencer à la fin de 2026, pour une première production au cours du premier semestre 2028.

Derrière ce montant, l’enjeu est double : renforcer la production aurifère nationale et transformer l’exploitation des ressources naturelles en retombées économiques concrètes pour les territoires concernés.

Un gisement estimé à plus de 100 tonnes d’or

Les travaux de forage réalisés par Aurum Resources au cours des deux dernières années ont permis d’identifier d’importantes ressources aurifères dans la région de Boundiali. Le directeur général de l’entreprise, Caigen Wang, a évoqué environ 100 tonnes d’or, tandis que l’AIP rapporte une estimation d’environ 115 tonnes.

Ces chiffres ne signifient pas que cette quantité d’or a déjà été extraite. Ils correspondent à des estimations issues de travaux d’exploration, qui peuvent évoluer avec les nouveaux forages et les études techniques.

Dans ses données publiées en 2026, Aurum Resources fait état de ressources minérales estimées à 3,22 millions d’onces d’or, soit environ 100 tonnes. L’entreprise a également déclaré une réserve probable de 1,21 million d’onces, une catégorie distincte qui sert à évaluer la part du gisement susceptible d’être exploitée dans des conditions économiques et techniques définies.

La société poursuit ses campagnes de forage afin d’accroître les ressources identifiées. Les autorités ivoiriennes estiment que le potentiel du site pourrait encore progresser. Le projet doit toutefois franchir les étapes nécessaires avant que ces perspectives se traduisent en production effective.

503 millions de dollars et des milliers d’emplois annoncés

L’investissement annoncé représente près de 300 milliards de FCFA. Il doit financer le développement de la future exploitation minière, dont la mise en service est visée pour 2028.

Selon les chiffres relayés par le gouvernement ivoirien, la phase de construction pourrait mobiliser environ 4 200 emplois directs et indirects. Pendant l’exploitation, les effectifs sont estimés à quelque 2 200 emplois directs et indirects.

Ces prévisions constituent un potentiel économique important pour Boundiali et ses environs. Leur portée dépendra néanmoins de la part des emplois effectivement accessible aux travailleurs locaux, de la formation proposée et de la participation des entreprises ivoiriennes aux marchés liés à la mine.

Pour les collectivités, l’enjeu ne se limite donc pas au nombre de postes annoncés. Il concerne aussi la capacité du projet à stimuler l’activité des fournisseurs, des transporteurs, des prestataires de services et des petites entreprises locales.

Une production attendue en 2028, mais des étapes restent à franchir

Le calendrier présenté par Aurum Resources prévoit le lancement des travaux de construction à la fin de 2026 et une première production d’or au premier semestre 2028.

Les études de l’entreprise permettent également de préciser les ambitions industrielles du projet. Son étude de préfaisabilité prévoit une exploitation à ciel ouvert et le traitement d’environ 6 millions de tonnes de minerai par an. La production moyenne est estimée à quelque 185 000 onces d’or par an pendant les cinq premières années, soit près de 5,8 tonnes annuelles.

Ces chiffres diffèrent des estimations de production relayées par l’AIP, qui mentionne une capacité de traitement de 6,8 millions de tonnes de minerai par an et une production d’environ 6,2 tonnes d’or par an. Les données de production devront donc être actualisées et précisées à mesure que les études techniques avanceront.

Aurum Resources indique avoir engagé une étude de faisabilité définitive et viser une décision finale d’investissement à la fin du quatrième trimestre 2026. Le calendrier annoncé reste ainsi conditionné à la finalisation des études, aux autorisations requises et à la réalisation des travaux.

Le défi des retombées économiques locales

Au-delà de la production d’or, le gouvernement ivoirien souhaite inscrire ce type de projet dans une logique de développement territorial. Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a insisté sur la nécessité de réaliser des investissements structurants dans les régions minières, afin que les populations continuent d’en bénéficier même après la fermeture des exploitations.

Cette orientation pose une question centrale pour Boundiali : comment transformer un investissement minier de cette ampleur en gains durables pour l’économie locale ? Les infrastructures, la formation professionnelle, les achats auprès des entreprises nationales et les recettes publiques seront déterminants pour mesurer l’impact réel du projet.

La mine pourrait contribuer à renforcer la place de l’or dans l’économie ivoirienne, mais l’ampleur de ses retombées dépendra de sa mise en œuvre et de la répartition des bénéfices générés.

À Boundiali, les réserves et les investissements annoncés ouvrent une perspective économique majeure. Le véritable test commencera toutefois lorsque les travaux se transformeront en emplois, en activité pour les entreprises locales et en revenus durables pour les populations. Car la valeur d’une mine ne se mesure pas seulement à l’or qu’elle extrait, mais aussi à la richesse qu’elle laisse derrière elle.

La Rédaction

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