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Côte d’Ivoire : 13,5 milliards FCFA supplémentaires pour financer la restauration des forêts.

La Côte d’Ivoire renforce ses investissements dans la restauration de ses paysages forestiers et l’adaptation au changement climatique. Le gouvernement ivoirien et la Banque africaine de développement (BAD) ont lancé une nouvelle phase du Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger (PIDACC-BN), dotée de 24,07 millions de dollars, soit environ 13,5 milliards de FCFA.

Au-delà du reboisement, cette nouvelle enveloppe vise à financer des activités agricoles et rurales capables de renforcer la résilience des populations face à la dégradation des terres et aux effets du changement climatique.

24,07 millions de dollars mobilisés

Le financement additionnel a été officiellement lancé le 16 septembre 2026 à Bouaké. Il associe plusieurs sources de financement.

Le Fonds africain de développement apporte un prêt de 6,87 millions de dollars, tandis que le Programme d’investissement forestier du Fonds stratégique pour le climat contribue avec un prêt de 12,6 millions de dollars et un don de 1,9 million de dollars. L’État ivoirien complète le dispositif avec une contribution de 2,7 millions de dollars.

L’ensemble porte l’enveloppe de cette nouvelle phase à 24,07 millions de dollars. Converti au taux de change utilisé dans les communications financières régionales, ce montant représente environ 13,5 milliards de FCFA.

Pour Abidjan, l’objectif est de faire de la restauration des écosystèmes un investissement directement connecté aux activités économiques des populations rurales.

Cinq régions du centre ciblées

Le programme cible cinq régions du centre de la Côte d’Ivoire : Gbêkê, Bélier, Iffou, Moronou et N’Zi.

Ces territoires sont particulièrement concernés par les pressions exercées sur les terres agricoles et les ressources naturelles. L’objectif est de restaurer les paysages dégradés tout en permettant aux populations de maintenir des activités génératrices de revenus.

Selon la Banque africaine de développement, environ 30 000 personnes doivent bénéficier directement de cette nouvelle phase, avec une attention particulière accordée aux femmes et aux jeunes.

Le programme prévoit notamment la production de plus de 7 millions de plants forestiers, l’installation de systèmes agroforestiers sur 6 000 hectares et la restauration d’environ 3 300 hectares de plantations forestières.

L’agroforesterie au cœur du dispositif

L’une des particularités du programme est de ne pas limiter les investissements à la plantation d’arbres.

L’agroforesterie doit permettre d’associer arbres et cultures agricoles sur les mêmes espaces. Cette approche vise à restaurer les sols et à améliorer leur capacité à résister aux épisodes climatiques défavorables, tout en maintenant une activité économique pour les exploitants.

Des investissements sont également prévus dans l’élevage, le maraîchage et l’agro-transformation.

L’enjeu est donc double : restaurer le capital naturel et renforcer le capital économique des territoires ruraux.

Cette approche prend une importance particulière dans les anciennes zones de production cacaoyère, où la pression agricole a contribué à la transformation du couvert forestier.

Un programme régional autour du bassin du Niger

Le PIDACC-BN ne concerne pas uniquement la Côte d’Ivoire. Il s’inscrit dans une initiative régionale consacrée à la restauration et à la gestion durable des ressources du bassin du fleuve Niger.

L’objectif est de renforcer la résilience des populations vivant dans les zones exposées à la dégradation des terres et aux effets du changement climatique.

En Côte d’Ivoire, le programme doit ainsi contribuer à améliorer la gestion des ressources naturelles tout en développant des activités économiques compatibles avec leur préservation.

Cette dimension régionale donne également au financement une portée dépassant les seuls enjeux forestiers ivoiriens.

Une première phase déjà engagée

Le financement additionnel intervient alors que la Côte d’Ivoire affiche déjà des résultats dans la mise en œuvre du PIDACC-BN.

Selon le ministère ivoirien des Eaux et Forêts, le programme avait dépassé 80 % d’exécution physique, tandis que plus de 10 milliards de FCFA avaient déjà été décaissés sur une enveloppe initiale de 13 milliards de FCFA.

L’Autorité du bassin du Niger a salué les performances enregistrées par la Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre du programme.

Les autorités ivoiriennes ont par ailleurs fixé au 31 décembre 2026 l’objectif d’achever et de livrer les infrastructures structurantes prévues dans le cadre du programme.

La nouvelle enveloppe doit donc permettre de prolonger et d’élargir les investissements plutôt que de démarrer une politique entièrement nouvelle.

La forêt devient un enjeu financier

La mobilisation de ces ressources intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à accélérer la restauration de son patrimoine forestier.

Le pays ambitionne notamment de porter son taux de couverture forestière à 20 % à l’horizon 2030.

Cette ambition nécessite des financements importants. Selon les documents de stratégie forestière ivoiriens, la mise en œuvre des différents programmes de restauration nécessiterait plusieurs centaines de milliards de FCFA.

Le financement du PIDACC-BN représente donc une enveloppe limitée à l’échelle nationale, mais il illustre une tendance plus large : la recherche de capitaux internationaux pour financer la restauration des écosystèmes et l’adaptation climatique.

Pour les bailleurs, les forêts ne constituent plus uniquement un enjeu environnemental. Elles sont également liées à la productivité agricole, à la sécurité alimentaire, aux revenus ruraux et à la résilience économique.

Restaurer aujourd’hui pour protéger les revenus de demain

La logique économique du programme est finalement assez simple : un sol dégradé réduit les rendements agricoles, tandis qu’un environnement mieux préservé peut contribuer à maintenir la productivité et les revenus sur le long terme.

Les 13,5 milliards de FCFA supplémentaires doivent ainsi financer des investissements dont les effets attendus dépassent largement le nombre d’arbres plantés.

La réussite du programme se mesurera à la capacité des financements à produire des résultats durables : terres restaurées, exploitations plus résilientes, chaînes de valeur renforcées et revenus ruraux mieux protégés.

En Côte d’Ivoire, la restauration forestière entre donc progressivement dans une nouvelle logique : il ne s’agit plus seulement de sauver des arbres, mais de financer la capacité d’un territoire à continuer de produire malgré le changement climatique.

La Rédaction

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