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ONU : L’AES veut faire bloc à New York et porter une voix commune du Sahel.

À l’ouverture du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Burkina Faso, le Mali et le Niger affichent leur volonté de défendre ensemble les orientations de leur Confédération. Une démarche qui vise à renforcer leur coordination diplomatique et leur visibilité internationale.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent franchir une nouvelle étape dans leur coopération diplomatique. Réunis autour d’une stratégie commune à New York, les trois pays de la Confédération des États du Sahel (AES) veulent défendre leurs orientations et porter un message coordonné à l’Organisation des Nations unies (ONU).

Selon l’Agence de presse africaine (APA), les ministres des Affaires étrangères des trois États, accompagnés des responsables de leurs missions diplomatiques à Washington et à New York, se sont concertés dimanche soir afin d’harmoniser leur participation à la 81e session de l’Assemblée générale. Cette rencontre a notamment permis d’échanger sur le programme de la semaine et les messages que les délégations souhaitent porter.

Une concertation en amont du débat général

Le débat général de la 81e session s’est ouvert le mardi 22 septembre 2026 à New York. Il se déroule du 22 au 26 septembre, puis le 28 septembre, dans le cadre d’une session officiellement ouverte le 8 septembre.

Cette édition est placée sous le thème : « Restaurer la confiance, gérer les transformations : une ONU qui agit pour tous ».

Pour les trois pays sahéliens, la préparation commune de ce rendez-vous constitue un moyen de rapprocher leurs interventions et de donner davantage de cohérence à leur présence diplomatique. La démarche ne signifie pas pour autant que les trois États cessent d’agir individuellement au sein de l’ONU : elle traduit plutôt leur volonté de coordonner leurs messages sur les enjeux qu’ils jugent communs.

« Porter la voix de l’AES » : le message de Ouagadougou

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a clairement exposé l’objectif de cette concertation. « Le seul mot d’ordre, c’est d’agir dans le sens de la consolidation de la Confédération AES », a-t-il déclaré, selon APA.

Le chef de la diplomatie burkinabè a également insisté sur la nécessité, pour les pays membres, de présenter eux-mêmes leur vision de l’espace sahélien auprès de la communauté internationale.

« Nous sommes là pour porter la voix de l’AES nous-mêmes et ne pas laisser d’autres acteurs parler à notre place », a-t-il affirmé.

Ces déclarations illustrent la volonté des autorités des trois pays de mieux maîtriser la présentation de leurs priorités et de leurs choix diplomatiques. Elles relèvent toutefois de la position exprimée par les responsables de l’AES ; leur influence sur les échanges internationaux reste à observer.

Un événement parallèle consacré à la Confédération

En marge du débat général, les trois ministres des Affaires étrangères doivent également participer à un événement parallèle consacré à la Confédération des États du Sahel.

Cette rencontre doit leur permettre de présenter les orientations de l’AES et d’échanger avec des partenaires internationaux. Elle s’ajoute aux activités diplomatiques conduites dans le cadre de la session, qui offre aux États membres de l’ONU une tribune pour exposer leurs priorités et nouer des contacts bilatéraux.

Pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’enjeu est donc double : coordonner leurs prises de parole dans une enceinte multilatérale et faire connaître leur cadre confédéral à des interlocuteurs internationaux.

De la coordination politique à la coopération économique

La présence commune de l’AES à New York ne se limite pas à un exercice de communication diplomatique. La visibilité internationale et la capacité à entretenir des relations avec différents partenaires peuvent également compter dans les discussions relatives au développement, aux investissements et à la coopération régionale.

Toutefois, les informations publiées sur cette concertation ne font état d’aucun accord économique ou financier précis conclu à cette occasion. Il serait donc prématuré d’associer cette initiative à des financements, à des investissements ou à des engagements commerciaux déterminés.

La portée économique de cette séquence dépendra notamment des échanges bilatéraux effectivement menés, des partenariats éventuellement annoncés et de leur traduction en projets concrets pour les pays membres.

Une parole commune, encore à traduire en résultats

La coordination diplomatique engagée à New York s’inscrit dans le processus de consolidation de la Confédération. Les protocoles additionnels au traité de l’AES, signés à Bamako le 23 décembre 2025, prévoient notamment une coordination de l’action diplomatique et des actions de développement. En mai 2026, l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a adopté les textes autorisant leur ratification.

La 81e session de l’ONU constitue ainsi une nouvelle occasion pour les trois États de mettre en pratique leur ambition de coordination. Mais l’affirmation d’une position commune ne se mesure pas uniquement au contenu des déclarations : elle se vérifiera aussi dans la continuité des échanges, la cohérence des initiatives et les résultats obtenus.

À New York, l’AES cherche à faire entendre une voix collective. Reste désormais à convertir cette visibilité diplomatique en coopération durable et en avancées tangibles pour les populations du Sahel.

La Rédaction

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