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Burkina Faso : 126,4 MW supplémentaires pour desserrer l’étau énergétique.

Après Pabré, le Burkina Faso accélère le renforcement de son parc électrique. En moins d’un mois, quatre infrastructures thermiques ont été mises en service à Pabré, Bobo-Dioulasso, Koudougou et Kaya, portant à 126,4 MW la puissance cumulée de ces nouvelles capacités. Pour Ouagadougou, l’enjeu dépasse la production d’électricité : il s’agit de réduire la vulnérabilité énergétique et de sécuriser l’activité économique.

Le Burkina Faso accélère sur le front de l’électricité. Après l’inauguration, le 21 juillet 2026, de la centrale thermique d’urgence de Pabré, d’une capacité de 50 MW, le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a procédé à la mise en service de trois autres infrastructures en l’espace de quelques jours.

Le mouvement a commencé à Bobo-Dioulasso le 7 août, avec l’extension de la centrale Bobo II de 26,4 MW, avant Koudougou le 10 août et Kaya le 11 août, chacune avec une centrale thermique de 25 MW. Au total, ces quatre infrastructures représentent 126,4 MW.

Pour le gouvernement burkinabè, cette accélération doit permettre de renforcer l’offre nationale et de réduire progressivement la vulnérabilité du pays en matière d’électricité.

Quatre infrastructures, quatre leviers de production

À Pabré, la centrale d’urgence de 50 MW constitue la première pièce de cette séquence. Elle avait été inaugurée le 21 juillet dans le cadre d’une réponse rapide aux besoins du réseau.

À Bobo-Dioulasso, le projet est différent : il s’agit de l’extension de la centrale Bobo II. Les 26,4 MW supplémentaires portent sa capacité de production à 86,4 MW. L’investissement s’élève à 33,893 milliards de FCFA, financés sur fonds propres, et les travaux ont duré 15 mois.

La centrale fonctionne principalement au fioul lourd, avec du diesel utilisé pour le démarrage et en secours.

À Koudougou puis à Kaya, deux centrales thermiques de 25 MW chacune ont ensuite été mises en production.

À Kaya, l’infrastructure représente un investissement d’environ 15 milliards de FCFA et dispose de 28 moteurs. Sa mise en service le 11 août marque le retour d’une centrale thermique dans la ville, après la fermeture de l’ancienne unité de 2,5 MW en 2006.

Plus de capacité, mais surtout plus de sécurité énergétique

Pour l’économie burkinabè, l’enjeu est immédiat.

Une alimentation électrique insuffisante pénalise les ménages, mais aussi les entreprises, les industries, les services et les activités commerciales. Les interruptions de courant peuvent entraîner des pertes de production, augmenter les coûts liés aux solutions de secours et réduire la compétitivité des entreprises.

L’augmentation de la capacité de production vise donc à desserrer cette contrainte.

Le gouvernement présente ces infrastructures comme une étape vers une plus grande souveraineté énergétique, avec l’ambition de réduire la vulnérabilité du pays et de renforcer ses capacités nationales de production.

Une facture qui dépasse 80 milliards de FCFA

Les montants annoncés donnent également une idée de l’effort financier engagé.

La centrale de Pabré représente environ 18 milliards de FCFA. L’extension de Bobo II a coûté 33,893 milliards, tandis que les centrales de Koudougou et Kaya sont annoncées à environ 15 milliards de FCFA chacune.

L’addition des coûts communiqués pour ces quatre infrastructures atteint ainsi près de 81,9 milliards de FCFA.

Il s’agit toutefois d’une addition des montants annoncés projet par projet et non d’une enveloppe unique officiellement présentée comme telle par le gouvernement.

À plus grande échelle, le ministre Yacouba Zabré Gouba a indiqué que l’ensemble des infrastructures énergétiques engagées dans cette dynamique devrait représenter environ 200 milliards de FCFA.

Le coût de la souveraineté

Cette stratégie a toutefois un revers : les centrales concernées sont thermiques.

Elles permettent d’ajouter rapidement de la capacité au réseau, mais leur fonctionnement dépend de l’approvisionnement en combustible et expose le système électrique aux coûts associés aux hydrocarbures.

La véritable équation pour le Burkina Faso sera donc de parvenir à utiliser ces capacités thermiques comme un outil de sécurisation à court et moyen terme, tout en poursuivant le développement de sources moins dépendantes des combustibles fossiles.

L’enjeu n’est pas seulement de produire davantage. Il faut produire de manière suffisamment fiable et à un coût compatible avec les besoins des ménages et des entreprises.

L’électricité comme infrastructure de croissance

L’effort engagé prend tout son sens lorsqu’on le replace dans la stratégie économique du pays.

Une industrie ne peut fonctionner durablement sans électricité fiable. Les unités de transformation agricole, les mines, les commerces, les services numériques et les PME ont tous besoin d’une énergie disponible et prévisible.

Le renforcement du réseau peut donc avoir un effet bien plus large que la simple réduction des délestages : il peut contribuer à améliorer la productivité et à créer un environnement plus favorable à l’investissement.

À Bobo-Dioulasso notamment, l’extension de Bobo II renforce les capacités d’un important pôle économique de l’ouest du pays.

Le prochain défi, transformer les mégawatts en activité économique

Avec 126,4 MW cumulés à travers Pabré, Bobo-Dioulasso, Koudougou et Kaya, le Burkina Faso vient de franchir une étape importante dans le renforcement de son offre électrique.

Mais la réussite de cette politique ne se mesurera pas uniquement en mégawatts installés.

Elle se mesurera dans la continuité de l’alimentation des entreprises, dans la réduction des coûts liés aux coupures, dans la capacité des industries à produire davantage et dans l’amélioration du quotidien des ménages.

Le Burkina Faso a ajouté de la puissance à son réseau. La prochaine bataille sera de transformer cette puissance électrique en puissance économique.

La Rédaction

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