Mali – Burkina Faso : Une coopération environnementale renforcée face à l’urgence climatique au Sahel.
Bamako et Ouagadougou misent sur une action commune contre la désertification et la dégradation des terres
Face à l’avancée du désert, à la pression croissante sur les ressources naturelles et aux effets de plus en plus visibles du changement climatique, le Mali et le Burkina Faso intensifient leur coopération environnementale.
Les deux pays sahéliens, confrontés à des défis similaires en matière de sécheresse, de dégradation des sols et de vulnérabilité des populations rurales, entendent renforcer leurs actions communes dans le cadre de la Grande Muraille Verte, l’un des plus ambitieux programmes environnementaux du continent africain.
Cette dynamique intervient dans un contexte où les enjeux climatiques deviennent progressivement des questions de sécurité alimentaire, de stabilité économique et de développement durable.
Le Sahel en première ligne du changement climatique
Le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les pays les plus exposés aux effets du dérèglement climatique.
La baisse de la fertilité des sols, la raréfaction des ressources en eau, l’érosion des terres agricoles et la désertification affectent directement les moyens de subsistance de millions de personnes vivant essentiellement de l’agriculture et de l’élevage.
Dans certaines régions, ces phénomènes accentuent également les tensions autour de l’accès aux ressources naturelles et fragilisent davantage les économies rurales déjà confrontées à de multiples défis.
La Grande Muraille Verte comme cadre stratégique commun
Pour répondre à ces enjeux, Bamako et Ouagadougou s’appuient sur la Grande Muraille Verte, initiative lancée sous l’égide de l’Union africaine.
Initialement conçue comme un vaste projet de reboisement, la GMV est devenue un programme intégré de développement durable visant à restaurer les terres dégradées, renforcer la résilience climatique et améliorer les conditions de vie des populations sahéliennes.
Au sein de cette initiative, le Mali et le Burkina Faso travaillent avec les autres États membres à la mise en œuvre de projets de :
- restauration des terres dégradées ;
- reboisement et régénération naturelle ;
- gestion durable des ressources en eau ;
- développement agro-sylvo-pastoral ;
- création d’emplois verts pour les jeunes.
Une coopération qui dépasse les questions environnementales
L’enjeu de cette coopération ne se limite pas à la protection de l’environnement.
Pour les autorités des deux pays, la restauration des écosystèmes constitue également un outil de développement économique et social.
La récupération des terres dégradées permet notamment :
- d’améliorer les rendements agricoles ;
- de renforcer la sécurité alimentaire ;
- de soutenir les activités pastorales ;
- de créer des revenus dans les communautés rurales ;
- de limiter les déplacements forcés liés à la dégradation des conditions de vie.
Cette approche intégrée est au cœur de la philosophie de la Grande Muraille Verte, qui associe protection de l’environnement et développement local.
Le défi du financement reste central
Malgré les progrès réalisés, les besoins financiers demeurent considérables.
Les responsables de la Grande Muraille Verte soulignent régulièrement la nécessité de mobiliser davantage de ressources afin d’accélérer les projets de restauration écologique dans les pays du Sahel.
Lors des récentes discussions menées à Bamako, les autorités maliennes ont notamment insisté sur l’importance des réformes institutionnelles et du financement pour donner une nouvelle impulsion à l’initiative.
Pour le Mali comme pour le Burkina Faso, l’accès aux financements climatiques internationaux constitue désormais un enjeu stratégique majeur.
Une réponse régionale à un défi régional
L’expérience montre que les défis environnementaux ne connaissent pas de frontières.
La désertification, les sécheresses ou la dégradation des bassins versants affectent simultanément plusieurs pays du Sahel.
Dans ce contexte, la coopération entre le Mali et le Burkina Faso apparaît comme une nécessité autant qu’un choix stratégique.
Les deux pays partagent des réalités géographiques similaires, des écosystèmes connectés et des enjeux communs liés à la résilience climatique.
Le renforcement de leur collaboration s’inscrit ainsi dans une logique régionale visant à construire des réponses collectives à des problèmes qui dépassent largement les frontières nationales.
Le climat, nouveau front de la souveraineté sahélienne
Au-delà des projets de reboisement ou de restauration des terres, la coopération environnementale entre le Mali et le Burkina Faso traduit une évolution profonde des priorités de développement dans le Sahel.
La lutte contre la désertification, la préservation des ressources naturelles et l’adaptation aux changements climatiques deviennent progressivement des enjeux de souveraineté.
Pour Bamako et Ouagadougou, investir dans la résilience environnementale revient désormais à investir dans la sécurité alimentaire, la stabilité sociale et la croissance économique future.
Dans un Sahel confronté à des défis multiples, la protection du capital naturel apparaît ainsi comme l’un des leviers les plus durables pour préparer l’avenir.
La Rédaction



