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UEMOA : Un franc CFA compétitif au 3e trimestre 2025, un atout pour les échanges régionaux.

Au troisième trimestre 2025, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a enregistré une combinaison macroéconomique favorable qui a renforcé la compétitivité extérieure de la zone. Aux côtés d’une croissance économique robuste et d’une inflation contrôlée, un taux de change effectif réel (TCER) en repli a permis au franc CFA de rester attractif pour les exportations ouest-africaines, renforçant ainsi les positions du bloc commercial sur les marchés internationaux et régionaux.

Cette dynamique constitue une réponse encourageante face aux défis économiques mondiaux, notamment les incertitudes du commerce international et les fluctuations des prix des matières premières.


Un franc CFA “sous-évalué” ou simplement compétitif ?

Dans les analyses monétaires, le taux de change effectif réel (TCER) mesure le coût des biens d’un pays ou d’une zone économique par rapport à ses partenaires commerciaux. Lorsque ce taux baisse, cela signifie que la monnaie devient relativement moins chère en termes réels, améliorant la compétitivité-prix des biens exportés.

Selon les données disponibles, l’UEMOA a observé une baisse significative du TCER de 6,3 % au troisième trimestre 2025 par rapport à la même période de 2024, reflétant un gain de compétitivité-prix. Cette tendance s’explique principalement par un différentiel d’inflation favorable pour la zone, où la hausse générale des prix est restée plus maîtrisée que chez les principaux partenaires commerciaux.

En pratique, cela signifie que les produits exportés par les pays de l’UEMOA deviennent plus abordables sur les marchés étrangers, notamment par rapport aux biens similaires produits ailleurs, tout en restant compétitifs sur les marchés intra-régionaux.


Inflation contenue, un facteur clé

Un élément central de cette compétitivité accrue a été la gestion de l’inflation dans l’UEMOA. En 2025, la région a continué de profiter de niveaux d’inflation contenus, souvent proches voire inférieurs aux moyennes observées dans ses principaux partenaires commerciaux internationaux.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a maintenu une politique monétaire prudente, assurant une inflation modérée tout en soutenant la croissance. Cette combinaison a permis à l’UEMOA de préserver le pouvoir d’achat à l’intérieur de la zone, tout en rendant ses exportations plus compétitives à l’export dans un environnement global plus volatil.


Des effets bénéfiques sur le commerce extérieur

L’impact direct de cette compétitivité « prix » du franc CFA s’est manifesté sur les performances commerciales de la région. Un TCER plus faible signifie que les entreprises exportatrices ouest-africaines, qu’il s’agisse de biens agricoles, de produits manufacturés ou de matières premières, peuvent mieux rivaliser avec les produits importés ou concurrents sur les marchés étrangers, tout en consolidant leur présence sur les marchés locaux et régionaux.

Cela a été particulièrement pertinent pour des secteurs comme l’agroalimentaire, les produits artisanaux transformés, mais aussi certaines industries légères, où les prix des produits ont un impact direct sur les décisions d’achat à l’export.


Des défis qui subsistent malgré les avantages

Même si la compétitivité-prix du franc CFA au troisième trimestre 2025 représente un avantage indéniable, il ne faut pas le considérer comme une panacée. D’autres facteurs structurels tels que la capacité productive, l’infrastructure logistique, le coût du crédit et la diversification des exportations continuent de peser sur la compétitivité globale de la zone.

En outre, un franc CFA compétitif peut aussi rendre plus coûteuses certaines importations nécessaires (équipements, technologies, intrants industriels), ce qui affecte indirectement les coûts de production locale. La zone doit donc continuer à renforcer ses capacités productives tout en veillant à maintenir des règles de politique monétaire et budgétaire solides.


Dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle, où les chocs externes n’épargnent aucune région, le statu quo monétaire de l’UEMOA et la gestion prudente de l’inflation ont offert au franc CFA une forme d’avantage compétitif réel au troisième trimestre 2025. Ce gain de compétitivité-prix n’est pas un simple hasard statistique, mais le reflet d’une politique économique cohérente dans une union qui a su préserver la stabilité des prix tout en favorisant la participation de ses acteurs à l’économie mondiale. Loin d’être une solution miracle, cette dynamique doit être inscrite dans une vision plus large de renforcement structurel : car une monnaie compétitive peut ouvrir des portes, mais ce sont les économies elles-mêmes, plus résilientes et diversifiées, qui sauront les franchir avec succès.

La Rédaction

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