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UEMOA : Quand le cacao et le café font plier les prix à l’export.

Au troisième trimestre 2025, les deux piliers agricoles de l’Union ont pesé sur les recettes extérieures, révélant la vulnérabilité persistante des économies de la zone face aux marchés mondiaux.

Un trimestre sous pression pour les exportations

Au troisième trimestre 2025, les prix à l’exportation des produits de base de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont enregistré un recul notable. Selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), cette évolution est principalement attribuable à la baisse des cours du cacao et du café, deux produits agricoles stratégiques pour plusieurs économies de l’Union, notamment la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, et des pays comme le Togo ou le Burkina Faso pour le café.

Cette contraction des prix intervient dans un contexte de marchés internationaux plus volatils, où les matières premières agricoles subissent des ajustements rapides au gré de l’offre, de la demande et des conditions climatiques.

Le cacao, poids lourd devenu frein conjoncturel

Le cacao représente une part déterminante des recettes d’exportation de l’UEMOA. Or, au cours du troisième trimestre 2025, les cours internationaux ont montré des signes de repli après des niveaux élevés observés plus tôt dans l’année.

Les statistiques disponibles indiquent une baisse progressive des prix sur les marchés internationaux, liée notamment à des perspectives de production jugées plus favorables en Afrique de l’Ouest et à une demande mondiale moins dynamique, en particulier du côté des broyages en Europe. Cette combinaison a exercé une pression directe sur les prix à l’exportation, réduisant mécaniquement la valeur des ventes extérieures, même lorsque les volumes exportés restaient soutenus.

Le café suit la même trajectoire

Le café n’a pas échappé à la tendance. Les cours du Robusta, variété principalement exportée par les pays de l’UEMOA, ont également reculé au cours de la période. Là encore, l’amélioration de l’offre mondiale et les ajustements de la demande ont pesé sur les prix.

Pour les économies concernées, cette évolution signifie des recettes d’exportation en baisse, alors même que les coûts de production, eux, restent élevés pour les producteurs locaux.

Un impact direct sur les recettes extérieures

La conséquence est claire : la baisse des prix du cacao et du café a entraîné un recul de l’indice des prix à l’exportation de l’UEMOA au troisième trimestre 2025. Pour les États, cela se traduit par une pression accrue sur les balances commerciales et, potentiellement, sur les recettes fiscales liées au commerce extérieur.

Pour les producteurs agricoles, l’effet est encore plus tangible. Des prix à l’export plus faibles signifient des revenus sous tension, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste déjà fragilisé par l’inflation et la hausse des intrants.

Une dépendance structurelle toujours d’actualité

Cet épisode rappelle une réalité bien connue mais toujours d’actualité : les économies de l’UEMOA demeurent fortement dépendantes de quelques produits de base, très sensibles aux fluctuations des marchés internationaux. Tant que la transformation locale restera limitée et que la diversification des exportations progressera lentement, chaque variation des cours mondiaux continuera de se répercuter directement sur les performances économiques de la région.

Une alerte plus qu’un accident

Le recul des prix à l’export au troisième trimestre 2025 n’est pas un simple accident conjoncturel. Il agit comme un signal d’alerte. Derrière la volatilité du cacao et du café se pose une question de fond : comment sécuriser durablement les recettes extérieures de l’UEMOA dans un monde où les matières premières ne pardonnent ni l’impréparation ni la dépendance excessive ?

La réponse, elle, ne se trouve pas sur les marchés internationaux, mais dans la capacité de la région à transformer davantage, diversifier mieux et anticiper plus vite.

La Rédaction

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