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Niger : Global Atomic relance le pari de l’uranium avec une levée de 30 millions d’euros.

Le retour en grâce du nucléaire sur la scène énergétique mondiale redonne de la valeur aux projets longtemps restés dans l’ombre. Au Niger, l’un des pays historiquement liés à l’uranium, Global Atomic Corporation entend bien profiter de cette nouvelle donne. La société minière canadienne a annoncé son intention de lever près de 30 millions d’euros afin de relancer le développement du projet d’uranium Dasa, situé dans la région d’Agadez.

Cette opération financière marque une étape clé pour un projet stratégique, à la fois pour l’entreprise et pour l’économie nigérienne.


Une levée de fonds ciblée pour remettre Dasa sur les rails

Global Atomic prévoit de mobiliser ces fonds à travers un placement privé d’actions accompagné de bons de souscription, destiné principalement à des investisseurs institutionnels.
Objectif : sécuriser la poursuite des travaux préliminaires, financer les infrastructures essentielles et maintenir le calendrier du projet, dont l’entrée en production est désormais attendue autour de 2027.

Le besoin de liquidités n’est pas anodin. Le développement de Dasa a subi plusieurs retards, liés à la conjoncture financière internationale, aux contraintes logistiques locales et à un environnement sécuritaire complexe. Cette levée vise donc à éviter l’enlisement d’un projet pourtant considéré comme l’un des plus prometteurs du pays.


Dasa, un projet minier à fort potentiel

Selon les études de faisabilité disponibles, le projet Dasa figure parmi les gisements d’uranium les plus riches d’Afrique, avec des coûts d’exploitation compétitifs à l’échelle mondiale.
Global Atomic détient environ 80 % du projet, l’État nigérien conservant une participation de 20 %, conformément aux accords miniers en vigueur.

À pleine capacité, la mine pourrait devenir un contributeur majeur aux exportations minières du Niger, renforçant un secteur déjà stratégique mais confronté à la baisse de production sur certains sites historiques.


Un financement pensé sur plusieurs étages

La levée de 30 millions d’euros ne constitue qu’un maillon d’un montage financier plus large.
Global Atomic poursuit en parallèle des discussions avec des institutions financières internationales, notamment autour de financements structurés à long terme, susceptibles de couvrir une part significative du coût total du projet, estimé à plus de 400 millions de dollars.

Cette stratégie hybride fonds propres, dette et partenariats reflète une réalité bien connue du secteur minier : les projets avancent rarement avec un seul levier financier.


Le Niger face à l’équation de l’uranium

Pour Niamey, la relance de Dasa représente bien plus qu’un simple projet minier.
Dans un contexte de recomposition des partenariats économiques et de recherche accrue de souveraineté sur les ressources naturelles, l’uranium reste un actif stratégique, à la fois économique et géopolitique.

La réussite de Dasa pourrait ainsi redonner de la visibilité au secteur minier nigérien, attirer de nouveaux investissements et renforcer les recettes publiques à moyen terme — à condition que la stabilité et la gouvernance suivent.


Un pari sur l’avenir énergétique mondial

En toile de fond, le projet Dasa s’inscrit dans une tendance lourde : le retour du nucléaire comme solution de transition énergétique face aux limites des énergies fossiles et à l’intermittence des renouvelables.

Pour Global Atomic, lever 30 millions d’euros aujourd’hui, c’est parier sur un futur où l’uranium redevient une matière première stratégique.
Pour le Niger, c’est l’espoir que ses ressources continuent de peser dans les équilibres énergétiques mondiaux, au-delà des cycles politiques et financiers.

Reste à transformer l’intention en production. Et le sous-sol en croissance durable.

La Rédaction

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