Mali : La Banque mondiale intensifie son soutien pour une éducation plus forte et plus inclusive.
Dans un pays confronté à des défis multiples : sécurité, pauvreté et fragilités sociales, le renforcement du système éducatif est à la fois une nécessité humaine et une priorité économique stratégique. En ce début d’année 2026, la Banque mondiale (BM) a réaffirmé son engagement auprès du gouvernement malien pour accompagner de manière accrue le secteur éducatif, rejoignant les ambitions nationales inscrites dans les orientations 2026-2027 déclarées « années dédiées à l’éducation et à la culture » par les autorités de la transition.
Un geste politique fort, dans un contexte éducatif fragile
Le 9 février 2026 à Bamako, le chargé des opérations de la Banque mondiale a rencontré le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savane, pour réaffirmer l’appui de l’institution multilatérale dans le domaine éducatif. Cette rencontre marque un renforcement de la coopération entre Bamako et la BM après plusieurs rendez-vous institutionnels visant à aligner l’aide internationale sur les priorités nationales.
Si aucun nouveau montant global n’a été officiellement annoncé lors de cette visite, le geste diplomatique est significatif. Il confirme la volonté de la Banque mondiale de développer un partenariat stratégique durable avec le Mali, notamment à travers des projets déjà en cours et bien ancrés dans la stratégie nationale d’éducation.
Des programmes concrets déjà en place
La Banque mondiale a déjà investi des fonds importants dans le secteur éducatif malien par le passé. Citons par exemple le projet MIQRA (Mali Inclusive and Quality Results for All), financé à hauteur de 80 millions de dollars (environ 43 milliards FCFA), qui répond à des objectifs de qualité, d’équité et d’accès à l’éducation à différents niveaux. Ce programme cible notamment :
- le renforcement de l’accès et de la qualité de l’éducation de base,
- la promotion de l’accès à l’éducation pour les filles,
- l’amélioration de la gouvernance du secteur éducatif.
MIQRA est conçu pour s’inscrire dans le Programme décennal de développement de l’éducation (PRODEC II), cadre stratégique adopté par l’État malien pour améliorer durablement les indicateurs éducatifs nationaux, même face aux défis démographiques et sécuritaires persistants.
Le défi éducatif malien : un enjeu social, économique et humain
Le Mali fait face à des défis structurels dans son système éducatif. Les taux de scolarisation restent relativement bas comparés à la moyenne régionale, et les disparités d’accès sont particulièrement marquées entre zones urbaines et zones rurales, et entre filles et garçons.
Les difficultés sont exacerbées par la fermeture de nombreux établissements dans les zones affectées par l’insécurité, les déplacements de populations et l’insuffisance des infrastructures scolaires. Dans ce contexte, des millions d’enfants risquent d’être exclus du système éducatif ou de bénéficier d’une formation de faible qualité.
Renforcer l’éducation au Mali ne se limite donc pas à construire des salles de classe : il s’agit aussi d’améliorer la qualité des apprentissages, d’assurer la pérennité des systèmes éducatifs et de préserver l’espoir d’une génération entière.
Une coopération multilatérale qui gagne en cohérence
La Banque mondiale n’est pas le seul partenaire engagé, mais elle demeure l’un des acteurs multilatéraux les plus structurants dans le financement éducatif. Son appui s’inscrit dans une dynamique politique et technique globale, qui prend en compte :
- les besoins d’infrastructures scolaires,
- l’amélioration de la qualité pédagogique,
- l’inclusion des populations vulnérables,
- la réduction des disparités territoriales.
Cette coopération trouve également un écho dans d’autres initiatives internationales présentes au Mali, qu’il s’agisse de fonds dédiés à l’éducation en situation d’urgence ou de projets régionaux plus larges visant l’accès à l’éducation pour tous.
L’éducation au Mali est plus qu’un secteur public : c’est un investissement dans l’avenir collectif du pays. Dans un contexte où l’inclusion, la stabilité et la croissance économique sont étroitement liées, la Banque mondiale joue un rôle stratégique non seulement comme bailleur de fonds, mais aussi comme catalyseur de réformes durables. Le vrai test, cependant, ne se mesurera pas dans les communiqués de rencontre ou les promesses diplomatiques, mais dans les résultats concrets au niveau des salles de classe, des apprentissages améliorés et des parcours transformés d’enfants qui avaient jusque-là été laissés pour compte.
La Rédaction



