Macky Sall : Le Sénégal frappe à la porte de l’ONU.
L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a franchi un pas décisif sur la scène diplomatique mondiale en officialisant sa candidature au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Ce dépôt, formalisé à New York début mars 2026, place l’Afrique au cœur du débat sur la prochaine direction de l’institution et suscite un intérêt international considérable.
Une candidature officielle déposée à New York
Le 2 mars 2026, Macky Sall a vu sa candidature officiellement enregistrée au siège des Nations unies à New York, portée par le Burundi et soutenue dans une perspective continentale par l’Union africaine. Cette étape marque l’entrée officielle de l’ancien chef d’État sénégalais dans la course pour succéder à Antonio Guterres, dont le mandat se termine le 31 décembre 2026. Le prochain Secrétaire général prendra ses fonctions dès le 1ᵉʳ janvier 2027.
Ce dépôt formel n’est que le premier acte d’un processus complexe comprenant consultations à l’Assemblée générale, recommandations du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, et nomination finale par l’Assemblée générale.
Une ambition africaine et internationale
La candidature de Macky Sall ne se limite pas à un intérêt personnel : elle est présentée comme une démarche continentale, visant à placer un Africain à la tête de l’ONU, comme ce fut le cas pour Boutros Boutros-Ghali (1992‑1996) et Kofi Annan (1997‑2006).
Avec une expérience de plus de dix ans à la tête du Sénégal et un mandat tournant à la présidence de l’Union africaine (2022‑2023), Macky Sall s’est fait connaître sur la scène internationale pour son engagement sur des sujets globaux : sécurité alimentaire, dette africaine et réforme des institutions financières multilatérales. Ces acquis renforcent son profil de leader diplomatique compétent et expérimenté, apte à représenter le continent sur la scène mondiale.
Un contexte national et régional complexe
Si la candidature a été saluée par de nombreux observateurs africains comme un symbole de rayonnement pour le Sénégal et pour l’Afrique, elle se situe également dans un contexte politique national sensible. Les controverses internes et certaines procédures judiciaires entourant Macky Sall nourrissent le débat sur la pertinence de son engagement international à ce moment précis.
Malgré ces critiques, ses partisans insistent : c’est une opportunité historique pour placer l’Afrique au cœur de l’ONU, et un moyen de valoriser le rôle diplomatique du continent dans les affaires mondiales.
Les enjeux d’une course exigeante
Le parcours vers le Secrétariat général est exigeant. Macky Sall devra convaincre l’ensemble des États membres de l’ONU et naviguer dans un équilibre délicat :
- Soutien africain consolidé mais non unanime ;
- Appuis internationaux à négocier avec les grandes puissances ;
- Concurrentes déclarées comme l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et l’Argentin Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Chaque étape est cruciale, et la candidature de Macky Sall illustre à la fois le potentiel et les défis du leadership africain sur la scène multilatérale.
Un signal fort pour l’Afrique
Si la candidature aboutit, Macky Sall deviendra le troisième Africain à diriger l’ONU, un symbole fort pour la représentation continentale et la diplomatie panafricaine.
Mais au-delà du symbole, cette démarche pose une question essentielle : l’Afrique est-elle prête à traduire sa visibilité sur la scène internationale en influence stratégique durable ? La réponse dépendra du soutien continental, de la diplomatie du candidat et de la dynamique globale au sein de l’ONU.
En attendant, le dépôt officiel marque déjà un tournant : le Sénégal et l’Afrique font désormais partie des acteurs majeurs de la course au Secrétariat général, et le monde observe.
La Rédaction



