Intelligence artificielle et eau : Quand le numérique fait pression sur l’or bleu.
L’intelligence artificielle (IA) est désormais omniprésente : des assistants virtuels aux voitures autonomes, en passant par les centres de données qui alimentent nos services cloud. Mais derrière cette révolution silencieuse se cache une réalité souvent méconnue : le numérique consomme énormément d’eau, au point d’exercer une pression croissante sur l’“or bleu”, cette ressource vitale déjà menacée dans de nombreuses régions du monde.
Les chiffres les plus récents sur l’empreinte hydrique de l’IA sont éloquents et permettent de mesurer l’ampleur de ce défi.
L’IA pourrait consommer jusqu’à 764 milliards de litres d’eau en 2025.
Selon une étude récente, les centres de données et l’infrastructure liée à l’IA pourraient consommer entre 312 et 764 milliards de litres d’eau par an d’ici 2025. Cette quantité est comparable à la consommation annuelle d’eau potable de plusieurs millions de personnes.
Une pression qui pourrait dépasser le trillion de litres d’ici 2030
Si la croissance du numérique se poursuit au rythme actuel, la consommation d’eau des data centers pourrait atteindre plus de 1 000 milliards de litres par an d’ici 2028, selon des projections de Morgan Stanley. Ce bond reflète l’augmentation rapide de la demande en calcul intensif pour les modèles d’IA.
560 milliards de litres consommés chaque année aujourd’hui
Actuellement, les centres de données mondiaux utilisent déjà environ 560 milliards de litres d’eau par an, principalement pour le refroidissement des serveurs. Une proportion importante de cette consommation est imputable aux opérations d’IA, en raison de leur puissance de calcul élevée.
Un seul data center peut consommer l’eau d’une ville entière
Un centre de données de grande taille, nécessaire au fonctionnement de services IA intensifs, peut utiliser jusqu’à 5 millions de gallons d’eau par jour, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 50 000 habitants. Ce chiffre illustre l’ampleur de la consommation hydrique invisible derrière nos services numériques quotidiens.
Les géants du numérique augmentent leur consommation d’eau
Les rapports annuels des grandes entreprises confirment la tendance :
- Microsoft : +34 % de consommation d’eau en 2022, soit 6,4 millions de m³.
- Google : +20 % sur la même période, atteignant 19,5 millions de m³.
L’essor des applications IA et du cloud computing explique cette augmentation significative.
Entraîner un modèle d’IA peut “boire” des millions de litres
L’entraînement d’un modèle IA massif, comme GPT‑3, peut nécessiter jusqu’à 700 000 litres d’eau dans les centres de données. Derrière chaque avancée technologique se cache donc une empreinte hydrique considérable, souvent méconnue du grand public.
Quand innovation rime avec responsabilité
Ces chiffres montrent que le numérique n’est pas seulement énergivore, il est aussi hydrovore. Avec la croissance rapide de l’IA, la question de la gestion durable de l’eau devient centrale : comment continuer à développer ces technologies tout en préservant une ressource déjà sous pression ?
L’IA est une révolution incontournable, mais elle oblige à repenser l’efficacité énergétique et hydrique des data centers, et à encourager les investissements dans des technologies plus responsables pour éviter que le numérique ne vienne accentuer les crises de l’or bleu.
L’IA transforme notre monde, mais elle “boit” plus qu’on ne le pense. Alors que les modèles deviennent plus puissants et les data centers plus nombreux, l’innovation numérique impose désormais de regarder derrière l’écran : l’or bleu, lui, ne peut pas être recréé avec des lignes de code.
La Rédaction



