Côte d’Ivoire – UNICEF : 89 milliards FCFA pour investir dans l’humain d’ici 2030.
La Côte d’Ivoire a décidé de placer le capital humain au cœur de sa trajectoire de développement. Le gouvernement ivoirien et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) ont lancé un Programme de coopération 2026-2030, doté d’une enveloppe de près de 89 milliards FCFA, destiné à accélérer les progrès en matière de santé, d’éducation, de protection de l’enfant et d’inclusion sociale.
Ce programme s’inscrit dans une logique claire : transformer les investissements sociaux en leviers durables de croissance économique et de stabilité sociale à l’horizon 2030.
Un partenariat stratégique aligné sur le nouveau cycle de développement
Le Programme de coopération Côte d’Ivoire-UNICEF pour la période 2026-2030 a été officiellement lancé à Abidjan en février 2026. D’un coût global estimé à 88,8 milliards FCFA, il est pleinement aligné sur le Plan national de développement (PND 2026-2030).
L’ambition affichée est de consolider les acquis des cycles précédents tout en répondant aux nouveaux défis démographiques, sociaux et économiques d’un pays où plus de 40 % de la population a moins de 15 ans. Dans ce contexte, l’investissement dans l’enfance et la jeunesse n’est plus seulement social : il devient économiquement stratégique.
Santé, éducation, protection : les piliers du programme
Le programme repose sur plusieurs axes prioritaires clairement identifiés :
Santé et nutrition
L’objectif est de renforcer la survie maternelle et infantile, d’améliorer la couverture vaccinale et de lutter contre la malnutrition chronique, encore présente dans certaines régions.
Éducation et apprentissage
Le partenariat vise à améliorer l’accès à l’école, réduire les abandons scolaires et renforcer les compétences fondamentales, en particulier chez les enfants et adolescents les plus vulnérables.
Eau, hygiène et assainissement
L’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux infrastructures sanitaires reste un levier clé pour réduire les maladies évitables et améliorer durablement les conditions de vie.
Protection de l’enfant et inclusion sociale
Le programme met l’accent sur la protection contre les violences, l’enregistrement à l’état civil et l’inclusion des enfants marginalisés, notamment dans les zones rurales et périurbaines.
Des résultats concrets qui ont pesé dans la décision
Le renouvellement et le renforcement du partenariat avec l’UNICEF reposent sur des résultats mesurables obtenus lors du cycle précédent (2021-2025) :
- Environ 3 millions d’enfants enregistrés à l’état civil,
- 4,5 millions d’enfants bénéficiant chaque année de la supplémentation en vitamine A,
- Plus de 4 000 nouveau-nés prématurés sauvés grâce à des soins adaptés,
- Des milliers d’enfants déscolarisés réintégrés dans le système éducatif,
- Près de 500 000 jeunes accompagnés dans le développement de compétences utiles à l’emploi.
Ces résultats ont démontré qu’un investissement social bien ciblé peut produire des retombées durables, à la fois humaines et économiques.
Un enjeu économique à long terme
Au-delà de sa dimension sociale, ce programme pose une question centrale : quel modèle de croissance pour la Côte d’Ivoire à l’horizon 2030 ?
En renforçant la santé, l’éducation et la protection des enfants aujourd’hui, le pays prépare une main-d’œuvre plus productive, mieux formée et plus résiliente demain. Dans un contexte régional marqué par des pressions démographiques et budgétaires, ce type d’investissement est de plus en plus perçu comme un choix rationnel de politique économique, et non comme une simple dépense sociale.
Avec ce programme de près de 89 milliards FCFA, la Côte d’Ivoire et l’UNICEF font un pari assumé : celui de miser sur l’humain comme principal moteur de développement. Reste désormais l’essentiel : transformer les engagements financiers en résultats visibles sur le terrain, réduire les inégalités territoriales et assurer la continuité des politiques publiques. Car d’ici 2030, la vraie mesure du succès ne sera pas le montant engagé, mais la capacité du pays à avoir converti cet investissement en capital humain solide, productif et inclusif, condition indispensable d’une croissance durable.
La Rédaction



