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Côte d’Ivoire : Avec la BNI, Abidjan veut transformer l’épargne de sa diaspora en moteur d’investissement.

La Côte d’Ivoire poursuit sa stratégie de mobilisation de sa diaspora pour soutenir le financement de son développement économique. Dans cette perspective, les autorités ivoiriennes ont choisi de s’appuyer sur la Banque Nationale d’Investissement (BNI) afin de faciliter et structurer les investissements des Ivoiriens vivant à l’étranger.

Un partenariat a ainsi été conclu entre le ministère délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur et la BNI pour encourager les membres de la diaspora à investir davantage dans des projets économiques en Côte d’Ivoire. L’objectif est clair : transformer une partie des transferts d’argent envoyés par les expatriés, souvent destinés à la consommation familiale, en capital productif capable de soutenir la croissance et la création d’emplois.


Un partenariat pour accompagner les projets de la diaspora

La convention signée entre le gouvernement ivoirien et la BNI vise à créer un cadre financier plus favorable aux investissements de la diaspora. Elle prévoit notamment la mise en place de produits bancaires et de mécanismes d’accompagnement dédiés aux Ivoiriens vivant à l’étranger.

Dans le détail, la banque publique ivoirienne devra proposer des solutions adaptées permettant aux membres de la diaspora de financer ou de cofinancer des projets économiques dans leur pays d’origine. Ces initiatives pourront concerner plusieurs secteurs, notamment l’entrepreneuriat, l’immobilier, l’agriculture ou encore les petites et moyennes entreprises.

La BNI devra également participer à des initiatives de sensibilisation et de promotion auprès des communautés ivoiriennes à l’étranger afin de mieux faire connaître les opportunités d’investissement disponibles en Côte d’Ivoire.


Une diaspora devenue un acteur économique majeur

La diaspora ivoirienne représente aujourd’hui un levier financier important pour l’économie nationale. Selon les estimations officielles, plus de 1,2 million d’Ivoiriens vivent à l’étranger, soit un peu plus de 5 % de la population du pays.

Les transferts de fonds envoyés par ces expatriés constituent une source de financement significative pour de nombreux ménages. D’après les données de la Banque mondiale, ces envois d’argent ont dépassé 1 milliard de dollars en 2024, marquant une progression rapide au cours des dernières années.

Pour les autorités ivoiriennes, cette dynamique démontre que la diaspora dispose d’un potentiel financier considérable qui pourrait être davantage orienté vers des investissements productifs.


Transformer les transferts d’argent en capital productif

Aujourd’hui encore, la majorité des fonds envoyés par la diaspora sert essentiellement à soutenir les familles restées au pays. S’ils jouent un rôle social important, ces flux ne contribuent pas toujours directement à la création de richesse ou d’emplois.

La stratégie du gouvernement ivoirien consiste donc à canaliser une partie de ces ressources vers des projets économiques structurants, capables de stimuler l’activité entrepreneuriale et de renforcer le tissu productif du pays.

Dans cette perspective, la BNI est appelée à jouer un rôle d’intermédiaire financier en facilitant l’accès au crédit, en sécurisant les investissements et en accompagnant les porteurs de projets.


La BNI, instrument clé de la stratégie économique ivoirienne

Institution financière publique majeure, la Banque Nationale d’Investissement occupe déjà une place centrale dans le financement des projets structurants en Côte d’Ivoire.

Son implication dans la mobilisation de la diaspora s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier les sources de financement de l’économie ivoirienne, tout en renforçant l’investissement privé.

Pour la banque, il s’agit également d’élargir son rôle en devenant un partenaire privilégié des entrepreneurs issus de la diaspora, souvent porteurs de compétences, de capitaux et d’expériences acquises à l’international.


Une stratégie alignée sur les ambitions économiques du pays

Cette initiative intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire affiche depuis plusieurs années une croissance économique parmi les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest.

Pour soutenir cette trajectoire et financer ses ambitions de transformation économique, le pays cherche à mobiliser de nouvelles ressources financières en complément des investissements publics, du secteur privé local et des partenaires internationaux.

Dans ce dispositif, la diaspora apparaît comme un acteur stratégique encore sous-exploité, capable d’apporter non seulement des capitaux, mais aussi des compétences et des réseaux internationaux.


Vers une nouvelle génération d’investisseurs ivoiriens

Au-delà des montants financiers en jeu, l’enjeu pour Abidjan est aussi de renforcer les liens économiques entre le pays et ses ressortissants établis à l’étranger.

En facilitant l’investissement de la diaspora, les autorités espèrent encourager l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de contribuer à la modernisation de l’économie ivoirienne.

Car si les transferts d’argent constituent déjà un soutien précieux pour de nombreuses familles, leur transformation en investissements productifs pourrait demain jouer un rôle bien plus déterminant.

Dans cette équation, la diaspora ne serait plus seulement un soutien financier à distance, mais un véritable partenaire du développement économique de la Côte d’Ivoire.

La Rédaction

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