Commerce mondial : La Chine ouvre grand son marché à l’Afrique et redistribue les cartes du commerce international.
La Chine vient d’annoncer l’extension d’un dispositif commercial majeur : l’accès à zéro droit de douane pour les exportations en provenance de 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Cette mesure couvre la quasi-totalité du continent, à l’exception notable de Eswatini, seul État africain reconnaissant officiellement Taïwan.
Cette initiative marque une étape supplémentaire dans la stratégie économique de la Chine visant à consolider son rôle de partenaire commercial dominant de l’Afrique, dans un contexte mondial caractérisé par des tensions commerciales et des tendances protectionnistes ailleurs.
Une mesure annoncée en amont, désormais concrétisée
Contrairement à ce que certaines interprétations rapides ont laissé entendre, la décision n’est pas un geste improvisé. Elle s’inscrit dans la continuité d’engagements pris en 2025 lors d’une rencontre économique sino-africaine à Changsha.
L’annonce actuelle correspond donc à la mise en œuvre progressive d’une politique commerciale planifiée, destinée à approfondir les échanges économiques entre Pékin et les capitales africaines.
Objectif officiel : stimuler les exportations africaines
Le mécanisme vise explicitement à faciliter l’entrée des produits africains sur le marché chinois en supprimant les barrières tarifaires. Pour les pays concernés, les effets attendus sont multiples :
- réduction du coût d’accès au marché chinois
- amélioration de la compétitivité des produits africains
- augmentation potentielle des volumes exportés
Dans certains États, les analyses économiques nationales estiment déjà que cette mesure pourrait renforcer la présence de leurs produits sur le marché asiatique et diversifier leurs débouchés commerciaux.
Une stratégie d’influence économique assumée
Au-delà de l’aspect commercial, cette décision s’inscrit dans une logique stratégique globale. En accordant un accès préférentiel à son immense marché intérieur, Pékin renforce sa position comme partenaire incontournable pour de nombreuses économies africaines.
Ce geste s’apparente à un instrument de diplomatie économique :
- il consolide les alliances politiques ;
- il renforce l’interdépendance commerciale ;
- il améliore l’image de la Chine comme acteur favorable au libre-échange dans le monde en développement.
Les bénéfices potentiels pour les économies africaines
Pour de nombreux pays africains, cette ouverture tarifaire représente une opportunité significative. Elle pourrait notamment :
- stimuler les exportations agricoles et minières ;
- encourager la transformation locale des matières premières ;
- attirer davantage d’investissements dans les filières exportatrices.
Si ces perspectives se concrétisent, l’initiative pourrait contribuer à accélérer l’industrialisation du continent en favorisant l’intégration dans les chaînes de valeur internationales.
Des risques structurels à ne pas sous-estimer
Cependant, les économistes mettent en garde contre certains effets secondaires possibles. L’accès facilité au marché chinois pourrait accentuer la dépendance commerciale vis-à-vis d’un seul partenaire.
De plus, si les importations de produits manufacturés chinois continuent d’augmenter plus vite que les exportations africaines, les déséquilibres commerciaux pourraient se creuser. L’enjeu pour les États africains sera donc d’exploiter cette ouverture tout en renforçant leur capacité productive locale.
Une décision révélatrice d’un nouvel ordre commercial
Dans un monde où les blocs économiques se recomposent, cette initiative illustre un basculement progressif des centres de gravité du commerce international. La Chine ne se contente plus d’acheter des ressources africaines : elle propose désormais un accès préférentiel à son marché, transformant la relation commerciale en partenariat stratégique structuré.
En supprimant les droits de douane pour la majorité des exportations africaines, Pékin ne fait pas seulement un geste commercial, il redessine les routes de l’influence économique mondiale. Et dans cette nouvelle géographie du commerce, l’Afrique pourrait bien devenir l’un des terrains décisifs où se joue l’équilibre économique du XXIᵉ siècle.
La Rédaction



