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Capital humain : La BAD et la Corée du Sud scellent une alliance stratégique pour l’avenir de l’Afrique.

Quand l’expérience asiatique rencontre les ambitions africaines.

Dans un monde où la compétitivité économique se joue de plus en plus sur la qualité des compétences, la Banque africaine de développement (BAD) resserre ses alliances là où le savoir a fait ses preuves. En novembre 2025, l’institution panafricaine a renforcé son partenariat stratégique avec la Corée du Sud, autour d’un axe central : le développement du capital humain africain.

Au cœur de ce rapprochement, un constat simple mais décisif : sans compétences solides, il n’y a ni industrialisation durable, ni transformation structurelle des économies africaines. Et en la matière, la Corée du Sud fait figure de modèle.


Un partenariat renouvelé à forte valeur stratégique

La coopération entre la BAD et la Corée du Sud ne date pas d’hier. Membre non régional de la Banque depuis plusieurs décennies, Séoul s’est imposée comme un partenaire clé du développement africain, notamment via le Korea-Africa Economic Cooperation Trust Fund (KOAFEC).

Mais la visite officielle d’une délégation de la BAD à Séoul, conduite par Jacques Edjangue, vice-président chargé de la gestion des personnes et des talents, marque un changement d’échelle.

À cette occasion, la BAD a renouvelé et élargi son protocole d’accord avec la KDI School of Public Policy and Management, une institution académique de référence en matière de politiques publiques et de gouvernance économique.

L’objectif est clair : structurer un cadre durable d’échange de compétences, de formation et de transfert de savoir-faire entre l’Afrique et l’un des pays ayant connu la transformation économique la plus rapide du XXᵉ siècle.


Pourquoi le capital humain est devenu prioritaire

Pour la BAD, le capital humain n’est plus un sujet périphérique : il est désormais au cœur de sa stratégie de développement. Éducation, formation professionnelle, gestion publique, innovation technologique… autant de leviers indispensables pour accompagner la croissance démographique africaine et transformer cette dynamique en dividende économique.

La Corée du Sud offre, à cet égard, un exemple particulièrement instructif. En quelques décennies, le pays est passé d’une économie dépendante de l’aide internationale à une puissance industrielle et technologique, grâce à des investissements massifs dans l’éducation, la formation et la qualité des institutions publiques.

C’est précisément cette trajectoire que la BAD souhaite analyser, adapter et, lorsque cela est pertinent, transposer aux réalités africaines.


Des échanges concrets, au-delà des discours

Contrairement aux partenariats purement institutionnels, l’accord renouvelé avec la KDI School repose sur des mécanismes opérationnels :

  • Programmes de formation et d’immersion pour les cadres et experts de la BAD, afin de s’inspirer des politiques publiques coréennes ;
  • Opportunités de stages et d’échanges pour les étudiants et jeunes professionnels coréens au sein de la Banque ;
  • Travaux de recherche conjoints sur les politiques de développement, la gouvernance et la transformation économique.

La délégation de la BAD a également échangé avec plusieurs institutions de premier plan, dont le Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST) et le Korea Institute for International Economic Policy (KIEP), afin d’explorer des coopérations élargies dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation.


Une coopération alignée sur les priorités africaines

Ce partenariat s’inscrit dans une vision plus large portée par la BAD : faire du capital humain le moteur de l’industrialisation, de l’emploi et de la compétitivité du continent.

Pour les pays africains, l’enjeu est double :

  • renforcer les capacités des administrations publiques pour concevoir et piloter des politiques économiques efficaces ;
  • former une main-d’œuvre qualifiée capable de répondre aux besoins des secteurs productifs, notamment l’industrie, le numérique et les infrastructures.

La coopération avec la Corée vise ainsi à outiller l’Afrique pour produire ses propres solutions, plutôt que de dépendre durablement de modèles importés sans adaptation.


En misant sur le capital humain comme socle de la transformation économique, la BAD et la Corée du Sud rappellent une vérité souvent négligée : les infrastructures et les financements ne valent rien sans les compétences pour les concevoir, les gérer et les faire évoluer.
À l’heure où l’Afrique cherche à franchir un cap décisif de son développement, cette alliance stratégique suggère une voie claire : investir d’abord dans les femmes et les hommes qui bâtiront l’économie de demain.

La Rédaction

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