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Burkina-Russie : Un accord-cadre en préparation qui pourrait redessiner les équilibres économiques et stratégiques.

Le Burkina Faso et la Russie accélèrent leur rapprochement. Des discussions officielles tenues en janvier 2026 entre le chef de la diplomatie burkinabè et l’ambassadeur russe ont confirmé la volonté des deux pays de formaliser leurs relations à travers un accord structurant appelé à poser les bases juridiques de leur coopération bilatérale.

Au cœur des échanges figure la préparation de deux instruments majeurs : un texte définissant l’architecture globale du partenariat et la création d’une commission intergouvernementale chargée de coordonner les projets économiques, commerciaux et techniques. Cette instance doit servir de plateforme permanente pour piloter les initiatives communes et accélérer la mise en œuvre des engagements.

Une coopération déjà active sur plusieurs fronts

Si l’accord global reste en négociation, la collaboration entre Ouagadougou et Moscou ne part pas de zéro. Les relations se sont densifiées ces derniers mois dans plusieurs domaines : industrie, logistique, formation technique et transport. Des discussions portent notamment sur l’ouverture de liaisons aériennes directes avec la Russie afin de fluidifier les échanges commerciaux et humains.

Moscou a également affiché son soutien politique au Burkina Faso dans son rôle au sein de la Confédération des États du Sahel, notamment sur les questions sécuritaires. Cette dimension confère au partenariat une portée stratégique dépassant le simple cadre économique.

L’énergie nucléaire, symbole d’un partenariat ambitieux

Le secteur énergétique constitue aujourd’hui la vitrine la plus tangible de la coopération. En juin 2025, les deux États ont signé un accord intergouvernemental sur l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. Le document prévoit un appui technique russe pour le développement d’infrastructures, la formation de spécialistes et la mise en place de cadres réglementaires adaptés.

Un autre protocole signé lors du forum économique international de Saint-Pétersbourg ouvre la voie à la construction d’une centrale nucléaire au Burkina Faso. Selon les estimations évoquées par les partenaires techniques, une installation pourrait être réalisée en environ cinq ans si les conditions techniques, financières et institutionnelles sont réunies.

Pour Ouagadougou, l’enjeu est majeur : moins d’un quart de la population dispose aujourd’hui d’un accès stable à l’électricité. Diversifier les sources d’énergie devient donc une priorité nationale pour soutenir l’industrialisation et réduire les coûts de production.

Un repositionnement géopolitique assumé

Au-delà des projets sectoriels, le rapprochement traduit une orientation stratégique. Les autorités burkinabè ont exprimé à plusieurs reprises leur volonté de bâtir avec Moscou un partenariat global couvrant les domaines militaire, économique et culturel. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie de diversification des alliances internationales, dans un contexte de recomposition des relations entre l’Afrique de l’Ouest et les puissances extérieures.

Une architecture diplomatique encore en construction

Malgré l’intensification des échanges, il est important de distinguer la réalité diplomatique des perceptions médiatiques. Aucun traité-cadre définitif n’a encore été officiellement signé à ce stade. Les discussions sont avancées, les bases techniques existent et plusieurs accords sectoriels sont déjà en vigueur, mais le document structurant censé consolider l’ensemble reste en préparation.

Ce que cela signifie pour l’économie burkinabè

Si l’accord aboutit, ses effets pourraient être multiples :

  • accélération des investissements étrangers
  • transfert de technologies dans l’énergie et l’industrie
  • diversification des partenaires commerciaux
  • renforcement des capacités techniques nationales

Autrement dit, l’enjeu dépasse la diplomatie : il s’agit d’un levier potentiel de transformation économique.

Perspective

L’histoire récente montre que les partenariats internationaux ne se jouent pas seulement à la signature des accords, mais dans leur capacité à produire des résultats concrets. Le dialogue entre Ouagadougou et Moscou avance pas à pas, porté par des intérêts convergents et une volonté politique affichée.

Si le futur accord-cadre voit le jour, il pourrait marquer un tournant durable dans la stratégie de développement du Burkina Faso et illustrer l’émergence d’un nouvel axe de coopération Sud-Nord fondé sur la diversification des alliances.

Car en diplomatie comme en économie, les grandes bascules commencent souvent par des projets encore au stade de négociation.

La Rédaction

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