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Burkina Faso : 740 milliards FCFA engloutis par le service de la dette au premier semestre 2025.

Le chiffre est massif, presque vertigineux. Entre janvier et juin 2025, l’État burkinabè a consacré 740 milliards de francs CFA au service de sa dette publique. Autrement dit, en six mois à peine, le pays a mobilisé une somme colossale pour honorer des engagements contractés par le passé, dans un contexte économique déjà sous forte tension.

Cette donnée, issue des statistiques officielles du ministère de l’Économie et des Finances, remet au centre du débat une question cruciale : jusqu’où l’endettement peut-il rester soutenable sans freiner le développement ?


De quoi parle-t-on exactement ?

Le service de la dette correspond aux montants payés par l’État pour rembourser le capital emprunté et les intérêts dus aux créanciers. Il concerne à la fois la dette intérieure (titres publics émis sur le marché régional de l’UEMOA) et la dette extérieure (créanciers multilatéraux et bilatéraux).

Sur les six premiers mois de 2025, ces paiements ont atteint 740 milliards FCFA, en hausse d’environ 9 % par rapport à la même période en 2024. Une progression qui traduit mécaniquement l’augmentation de l’encours de la dette et le poids croissant des charges financières.


Une dette publique qui continue de gonfler

À la fin juin 2025, l’encours total de la dette publique du Burkina Faso s’élevait à environ 8 300 milliards FCFA, soit près de 15 milliards de dollars.
Près de 60 % de cette dette est désormais intérieure, contractée principalement via les bons et obligations du Trésor émis sur le marché financier régional.

Ce choix de financement, s’il permet à l’État de mobiliser rapidement des ressources, a un revers : des taux parfois élevés et des échéances relativement courtes, qui alourdissent le service de la dette à court terme.


Une pression directe sur le budget de l’État

Consacrer 740 milliards FCFA au service de la dette, c’est autant de ressources qui ne vont ni à l’investissement public, ni aux dépenses sociales, ni aux infrastructures.

Dans un pays confronté à :

  • des besoins sécuritaires importants,
  • une demande sociale croissante,
  • et des défis énergétiques et alimentaires persistants,

le poids de la dette réduit la marge de manœuvre budgétaire. L’État doit arbitrer, parfois douloureusement, entre payer ses créanciers et financer son développement.


Dette intérieure vs dette extérieure : un équilibre fragile

Si la dette extérieure reste encadrée par des partenaires multilatéraux à conditions relativement concessionnelles, la dette intérieure est plus sensible aux conditions du marché régional.

La montée en puissance des emprunts domestiques expose le Burkina Faso à :

  • une hausse des coûts de financement,
  • une dépendance accrue au marché financier de l’UEMOA,
  • et une pression constante sur la trésorerie de l’État.

Un signal à surveiller de près

Les institutions financières internationales soulignent que le Burkina Faso n’est pas encore en situation de surendettement critique, mais que la trajectoire actuelle appelle à la prudence.
La dynamique du service de la dette devra être étroitement surveillée pour éviter qu’elle ne devienne un frein durable à la croissance.


Payer ses dettes est une obligation. Mais quand le remboursement commence à coûter plus cher que l’avenir qu’il est censé financer, la question n’est plus seulement comptable : elle devient politique et stratégique.
Avec 740 milliards FCFA engloutis en six mois, le Burkina Faso marche sur une ligne étroite. Celle où chaque franc consacré à hier doit encore laisser de la place pour construire demain.

La Rédaction

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