Marché financier régional : La BRVM cote le premier FCTC du Burkina Faso et inscrit une nouvelle page d’innovation.
L’histoire financière de l’espace UEMOA a été enrichie d’un chapitre majeur ce jeudi lors de la première cotation à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) des obligations du Fonds Commun de Titrisation de Créances (FCTC) « SONABHY 8,1 % 2025‑2031 ». Il s’agit du tout premier FCTC du Burkina Faso admis à la cote du marché financier régional, une opération qui traduit la montée en puissance des mécanismes innovants de mobilisation de ressources au service du développement économique.
Sous le symbole FSNBBF.O1, ce nouveau titre marque une étape décisive dans l’intégration financière régionale et la diversification des instruments disponibles pour les émetteurs publics et parapublics de l’UEMOA.
Un succès de souscription qui dépasse les objectifs
L’opération avait pour objectif initial de mobiliser 30 milliards de FCFA via ce FCTC émis par la Société Nationale Burkinabè d’Hydrocarbures (SONABHY). La réponse du marché a été bien au‑delà des attentes : les investisseurs ont proposé 34,344 milliards de FCFA, soit 114 % du montant visé. Cette forte souscription témoigne d’une confiance marquée des investisseurs dans la signature souveraine du Burkina Faso et dans la solidité de SONABHY.
Le taux d’intérêt brut annuel de 8,1 %, associé à une échéance en 2031, a offert aux souscripteurs un rendement attractif, dans un environnement où les titres régionaux continuent de jouer un rôle central pour le financement à long terme.
FCTC : un instrument innovant au service de projets structurants
Les fonds levés dans le cadre de cette émission sont spécifiquement destinés au financement d’infrastructures stratégiques de stockage d’hydrocarbures. Dans un pays dépendant des importations d’énergie fossile, la disponibilité de capacités de stockage modernes constitue un levier essentiel de sécurité énergétique.
Pour le Burkina Faso, ce projet s’inscrit dans une volonté de renforcer les chaînes de valeur dans le secteur énergétique, de réduire les vulnérabilités logistiques, et de soutenir une croissance industrielle durable.
La titrisation de créances — qui consiste à transformer des créances futures ou présentes en titres négociables — permet ainsi aux acteurs publics et parapublics d’accéder à des financements longs auprès d’investisseurs variés, tout en diversifiant leurs sources de levée de capitaux.
Une étape majeure pour le Burkina Faso sur le marché régional
Lors de la cérémonie à Ouagadougou, Moussa Davou, Directeur de Département, Opérations & Systèmes d’Information à la BRVM, représentant le Directeur général, a salué le rôle de la SONABHY et l’engagement de l’État burkinabè dans le développement du marché obligataire régional. Il a rappelé que le pays avait déjà mobilisé à ce jour 2 198,24 milliards de FCFA sur le marché financier régional, faisant de lui un des émetteurs les plus actifs de l’espace UEMOA.
Cette réussite s’inscrit dans une dynamique où le Burkina Faso multiplie les opérations de marché de capitaux, renforçant sa crédibilité auprès des investisseurs régionaux et internationaux.
La titrisation, levier de maturité du marché financier de l’UEMOA
Le FCTC SONABHY 8,1 % 2025‑2031 vient aussi consolider la montée en puissance de la titrisation des créances au sein de l’espace UEMOA. Introduits dès 2010, ces instruments se sont progressivement imposés comme un outil de financement alternatif et innovant.
À ce jour, le marché financier régional compte une dizaine d’emprunts de FCTC cotés, pour une capitalisation globale de près de 295 milliards de FCFA, une illustration claire de l’intérêt des investisseurs pour ces produits.
Plus qu’un simple ajout de titres à la cote, cette progression témoigne de la diversification des instruments financiers disponibles sur la BRVM et de la capacité de la place à s’adapter aux besoins de financement des économies émergentes de la zone.
Vers une intégration financière plus profonde
L’admission de ce FCTC à la cote de la BRVM n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans une stratégie régionale de renforcement des marchés des capitaux, visant à offrir des solutions de financement plus sophistiquées à long terme pour les États, les sociétés publiques et, plus tard, les entreprises privées, avec des retombées sur l’emploi et la croissance.
La forte mobilisation enregistrée pour cette première titrisation burkinabè illustre aussi l’engouement des investisseurs pour des produits bien structurés, transparents et répondant à des finalités économiques claires.
L’admission à la cote du FCTC SONABHY 8,1 % 2025‑2031 est bien plus qu’une simple cotation : c’est une affirmation de la maturité croissante du marché financier régional, une preuve que les économies de l’UEMOA peuvent mobiliser des ressources longues pour financer des projets stratégiques. Pour le Burkina Faso, c’est la confirmation que l’innovation financière, lorsqu’elle est bien structurée et soutenue par des fondamentaux économiques solides, peut devenir un levier décisif de développement. Hier expérimental, aujourd’hui prouvé, l’usage de la titrisation ouvre une nouvelle ère pour les acteurs économiques ouest‑africains, prêts à transformer les ambitions en réalités tangibles.
La Rédaction

