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Finances publiques : Le Mali dépasse son objectif et mobilise 41 milliards FCFA sur le marché régional.

Le Trésor public du Mali vient de marquer un point sur le marché régional des capitaux.
Le mercredi 26 novembre 2025, le pays a levé près de 41 milliards FCFA via une émission de titres publics organisée avec le concours d’UMOA-Titres, dépassant ainsi son objectif initial fixé à 40 milliards FCFA.

L’opération s’est déroulée dans le cadre habituel des adjudications de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), par appel d’offres auprès des investisseurs de la zone : banques, sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI), compagnies d’assurance et autres institutionnels.

Ce succès, dans un contexte politique et sécuritaire toujours tendu au Mali, confirme une réalité que les chiffres ne démentent pas : la signature malienne continue de trouver preneur sur le marché régional, à condition d’offrir les bons rendements.


UMOA-Titres, la plateforme régionale des emprunts d’État

Pour comprendre cette opération, il faut rappeler le rôle d’UMOA-Titres.

Créée pour accompagner les États membres de l’UEMOA dans la gestion et la mobilisation de leurs financements sur le marché intérieur, cette structure :

  • prépare et publie les calendriers d’émissions des États,
  • organise les adjudications des Bons et Obligations du Trésor,
  • centralise les résultats et assure la visibilité régionale de ces opérations.

Dans le cas du Mali :

  • le Trésor a fixé un montant indicatif de 40 milliards FCFA,
  • les investisseurs régionaux ont répondu au-delà de cette cible,
  • l’État a finalement retenu près de 41 milliards FCFA, profitant de l’intérêt exprimé pour ses titres.

Techniquement, ce type d’opération peut porter à la fois sur des Bons assimilables du Trésor (BAT) et des Obligations assimilables du Trésor (OAT), avec des maturités variées (court, moyen ou long terme), même si tous les détails de structure ne sont pas rendus publics dans les extraits consultés.


Un objectif dépassé : ce que disent les 41 milliards mobilisés

Sur le papier, dépasser un objectif de levée de fonds peut sembler anecdotique. En réalité, cela en dit long sur le rapport entre le Mali et les investisseurs régionaux.

Trois messages forts se dégagent :

  1. Un appétit réel pour les titres maliens
    Le fait que la demande ait permis de dépasser la cible de 40 milliards FCFA montre que les investisseurs demeurent intéressés par la dette malienne.
    Dans un environnement où les États de l’UEMOA sollicitent très régulièrement le marché, réussir à surperformer son objectif est loin d’être garanti.
  2. Des rendements jugés attractifs
    Les investisseurs n’achètent pas par charité : s’ils se positionnent massivement, c’est que les taux proposés compensent le risque perçu sur le Mali.
    Autrement dit, le Trésor malien parvient encore à trouver le bon point d’équilibre entre coût du financement et attractivité pour le marché.
  3. Une respiration pour la trésorerie de l’État
    Avec près de 41 milliards FCFA mobilisés, l’État se donne de l’oxygène pour :
    • honorer des échéances arrivant à maturité,
    • couvrir des besoins de trésorerie courante,
    • ou soutenir, à la marge, certains projets d’investissement prioritaires.

Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, chaque adjudication réussie est une pièce importante du puzzle de financement de l’année.


Le Mali, un emprunteur régulier qui doit rester crédible

Le Mali n’en est pas à sa première opération sur le marché régional.
Quelques jours plus tôt, le pays figurait déjà au calendrier des émissions, notamment à travers une adjudication du 12 novembre 2025 portant sur des BAT 364 jours et des OAT à 3, 5 et 7 ans, pour un montant cible de 25 milliards FCFA.

Cette régularité a deux implications majeures :

  • le Mali est devenu un emprunteur structurel sur le marché de l’UMOA,
  • sa capacité à se financer à des conditions soutenables dépend de la confiance continue des investisseurs régionaux.

Une adjudication “réussie” comme celle du 26 novembre 2025 est donc plus qu’un simple chiffre : c’est un signal au marché.
Elle indique que, malgré les risques, les créanciers régionaux jugent encore la trajectoire du pays gérable, à condition de rester vigilants sur :

  • le niveau global de l’endettement,
  • la capacité de remboursement,
  • et la trajectoire budgétaire à moyen terme.

Un marché régional sous tension, mais incontournable

Au-delà du cas malien, cette opération illustre le rôle central du marché financier régional dans le financement des États de l’UEMOA.

Face :

  • au resserrement des financements internationaux,
  • à la cherté des eurobonds et des marchés extérieurs,
  • et aux besoins croissants liés à la sécurité, aux infrastructures et aux services sociaux,

les Trésors de la zone se tournent de plus en plus vers les investisseurs régionaux.

Les succès comme celui du Mali montrent que le marché a encore de la capacité d’absorption, mais ils rappellent aussi que cette dépendance accrue aux financements intérieurs suppose une gestion plus fine de la dette et une transparence renforcée.


Une victoire technique, mais un défi de fond

En mobilisant 41 milliards FCFA au lieu des 40 milliards visés, le Mali signe une victoire technique sur le marché de l’UMOA.

Mais derrière la satisfaction de l’opération bien menée, deux défis persistent :

  • tenir la trajectoire budgétaire pour que ces emprunts ne se transforment pas, demain, en fardeau insoutenable ;
  • convaincre que chaque franc mobilisé sert à stabiliser l’économie et préparer la reprise, plutôt qu’à repousser indéfiniment les ajustements nécessaires.

Pour les investisseurs, la confiance se mesure dans la durée.
Pour le Mali, chaque adjudication réussie est une étape, pas une fin en soi.

La Rédaction

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