BRVM : Une séance sous le signe de la sélection des investisseurs.
La séance de cotation du 16 février 2026 à la BRVM s’est distinguée par une configuration révélatrice d’un marché en phase d’ajustement. Loin d’un mouvement uniforme, les cours ont évolué de manière contrastée selon les titres, illustrant une activité dominée par des arbitrages ciblés plutôt que par une dynamique globale.
Les données officielles de la place boursière régionale montrent que certaines valeurs ont fortement progressé tandis que d’autres ont reculé, un schéma typique des périodes où les investisseurs rééquilibrent leurs portefeuilles en fonction des perspectives sectorielles et des anticipations de résultats.
Les valeurs en forte progression
Plusieurs titres ont enregistré des hausses significatives au cours de la séance, signe d’un intérêt marqué pour certains compartiments du marché :
- UNLC : +6,88 % à 86 000 FCFA
- CBIBF : +7,50 % à 12 900 FCFA
- SCRC : +7,34 % à 1 520 FCFA
- ETIT : +6,90 % à 31 FCFA
- STBC : +5,29 % à 21 000 FCFA
Ces performances suggèrent des achats stratégiques sur des valeurs jugées attractives, souvent liées à des perspectives financières jugées solides ou à des mouvements institutionnels.
Les replis marquants : ajustements et prises de bénéfices
À l’opposé, plusieurs titres ont connu des corrections notables :
- CABC : −7,45 % à 3 170 FCFA
- SEMC : −7,30 % à 2 160 FCFA
- ECOC : −5,33 % à 16 000 FCFA
- BNBC : −4,13 % à 1 510 FCFA
- STAC : −2,99 % à 1 600 FCFA
Ces baisses ne traduisent pas nécessairement une détérioration structurelle, mais peuvent refléter des ventes techniques après des hausses récentes ou des repositionnements d’investisseurs.
Une zone d’attentisme sur plusieurs titres
Certaines valeurs sont restées inchangées, révélant une prudence généralisée sur des segments du marché :
- BOAB : 6 900 FCFA
- SICC : 4 190 FCFA
- SOGC : 8 300 FCFA
- SPHC : 7 700 FCFA
La stabilité de ces cours traduit souvent un manque de catalyseurs immédiats, les opérateurs attendant de nouvelles informations économiques ou financières avant de se positionner.
Focus sur une valeur bancaire régionale
L’action de Bank of Africa Mali a clôturé autour de 4 345 FCFA, en progression d’environ 1,05 % lors de sa dernière séance disponible, avec plus de 5 300 titres échangés pour un volume proche de 23 millions FCFA. Cette évolution modérée mais positive illustre l’intérêt constant des investisseurs pour les valeurs bancaires, souvent perçues comme des piliers défensifs dans la région.
Décryptage : une séance typique de consolidation
L’analyse globale de la séance met en évidence trois tendances simultanées :
- des hausses ciblées sur certaines valeurs attractives,
- des corrections techniques sur d’autres titres,
- une stabilité sur plusieurs actions majeures.
Ce type de configuration correspond généralement à une phase de consolidation, lorsque le marché digère des variations précédentes et attend de nouveaux indicateurs macroéconomiques ou résultats d’entreprises.
Un marché régional qui gagne en maturité
La dispersion des performances observée lors de cette séance traduit une évolution structurelle du comportement des investisseurs. Plutôt que de suivre une tendance collective, ces derniers semblent désormais privilégier l’analyse fine des fondamentaux propres à chaque société cotée.
Cette sélectivité accrue est souvent interprétée comme le signe d’un marché financier qui se professionnalise et attire des profils d’investisseurs plus stratégiques.
La séance du 16 février 2026 confirme ainsi une transformation silencieuse mais profonde de la place boursière régionale : la BRVM n’est plus seulement un marché de tendance, elle devient un marché d’analyse. Et dans cet environnement où la précision prime sur l’instinct, les investisseurs les mieux informés seront, plus que jamais, ceux qui dicteront le tempo.
La Rédaction



