Visa américain : Plusieurs pays africains désormais soumis à une caution pouvant aller jusqu’à 15 000 USD.
Dans le cadre d’un programme pilote de caution de visa lancé par le gouvernement des États‑Unis, les citoyens de nombreux pays, dont plusieurs en Afrique, sont désormais tenus de déposer une garantie financière remboursable allant de 5 000 à 15 000 USD lorsqu’ils demandent un visa américain de type B‑1 (affaires) ou B‑2 (tourisme). Cette mesure, mise en œuvre progressivement depuis 2025 et étendue au cours des derniers mois, reflète un durcissement des conditions d’entrée aux États-Unis motivé par la volonté de réduire les dépassements de séjour et les violations des conditions de visa.
Un programme pilote qui s’élargit depuis 2025
Le Visa Bond Pilot Program a été introduit par le Département d’État américain en août 2025 dans le cadre d’un renforcement global des contrôles d’immigration et des conditions d’octroi des visas temporaires. Au départ, seuls quelques pays étaient concernés, mais la liste s’est accroît régulièrement à mesure que le programme évoluait.
Selon la liste officielle publiée par le Département d’État, 38 pays sont désormais soumis à cette exigence, dont une majorité de nations africaines à partir du 21 janvier 2026. La caution demandée est déterminée au moment de l’entretien consulaire, en fonction de l’évaluation du dossier du demandeur un agent consulaire pouvant exiger 5 000 USD, 10 000 USD ou jusqu’à 15 000 USD.
Des pays africains particulièrement concernés
Parmi les pays africains concernés par le programme figure une large majorité du continent, ce qui marque une nouvelle réalité pour les voyageurs qui sollicitent un visa américain depuis l’Afrique. Sur la base de la liste publiée par le Département d’État, les nations africaines inscrites à ce jour incluent :
- Bénin
- Côte d’Ivoire
- Gabon
- Guinée
- Guinée‑Bissau
- Sénégal
- Nigeria
- Burundi
- Djibouti
- Cap‑Vert
- Gambie
- Malawi
- Mauritanie
- Namibie
- Sao Tomé‑et‑Principe
- Tanzanie
- Togo
- Ouganda
- Zambie
- Zimbabwe
D’autres pays en Afrique figurent également sur la liste, qui comporte en tout 38 nations réparties sur plusieurs continents. Cette extension massive du programme rend l’accès au visa potentiellement plus coûteux et complexe pour de nombreux candidats africains.
Comment fonctionne cette caution — et ce qu’elle implique
Le principe de ce visa bond est d’obliger certains demandeurs de visa à immobiliser une somme d’argent avant qu’un visa ne soit délivré, à condition qu’ils remplissent ensuite toutes les obligations du visa, notamment quitter les États-Unis avant l’expiration du séjour autorisé. Si le voyageur respecte toutes les conditions, la caution est remboursée à la fin du séjour ou si le visa est refusé.
Il est important de noter que :
- Le dépôt de la caution ne garantit pas l’obtention du visa.
- La somme exacte est fixée par le consulaire au moment de l’entretien, sur une base au cas par cas.
- Si le titulaire du visa ne respecte pas les conditions du séjour, la caution peut être partiellement ou totalement retenue.
Objectifs affichés et critiques
Les autorités américaines affirment que cette mesure vise à réduire les dépassements de séjour non autorisés, à encourager le respect des conditions des visas et à renforcer la sécurité aux frontières. Le programme s’inscrit dans une politique plus large de durcissement des règles d’entrée et des contrôles migratoires, qui inclut aussi des entretiens obligatoires et des vérifications étendues des antécédents.
Pour de nombreux observateurs et associations de voyageurs, cette politique risque, au contraire, de freiner les échanges personnels et professionnels, surtout lorsque les montants exigés apparaissent très élevés par rapport aux revenus moyens des populations concernées.
L’élargissement du Visa Bond Pilot Program à des dizaines de pays, particulièrement en Afrique, révèle une réalité nouvelle du voyage international au XXIᵉ siècle : la mobilité n’est plus seulement une question de formalités administratives, mais aussi de moyens financiers. Entre des exigences perçues comme des gardes‑fous contre les abus et les critiques qui dénoncent des obstacles disproportionnés pour les voyageurs ordinaires, le débat continue d’alimenter les discussions sur l’équilibre entre sécurité et liberté de mouvement. Dans tous les cas, pour de nombreux candidats africains, demander un visa américain en 2026 requiert désormais non seulement des documents bien préparés, mais aussi une capacité à immobiliser des sommes pouvant atteindre 15 000 USD avant d’espérer franchir la porte de l’ambassade.
La Rédaction


