UEMOA : Une croissance solide de 6,6 % au 3ᵉ trimestre 2025, signe d’une économie régionale dynamique.
L’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a continué sa trajectoire ascendante au troisième trimestre de l’année 2025, enregistrant une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 6,6 % en glissement annuel. Ce niveau élevé, confirmé par les projections de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), traduit une vigueur économique durable dans l’ensemble de la zone.
Cette performance s’inscrit dans la lignée de résultats déjà solides observés plus tôt dans l’année, et positionne l’UEMOA parmi les régions africaines les plus dynamiques sur le plan de la croissance en 2025.
Des moteurs de croissance bien identifiés
Selon les analyses de la BCEAO, cette croissance robuste s’explique par plusieurs facteurs structurels, à commencer par une demande intérieure soutenue. La consommation des ménages, tirée par une amélioration graduelle du pouvoir d’achat, constitue un pilier central de l’expansion.
Les investissements publics, notamment dans les infrastructures routières, énergétiques et sociales, ont également contribué à stimuler l’activité économique. Dans de nombreux États membres, ces investissements renforcent la connectivité, favorisent l’industrialisation et créent des emplois, ce qui nourrit à son tour l’activité dans d’autres secteurs.
Des secteurs clés à l’origine de l’expansion
L’analyse sectorielle fait ressortir que plusieurs branches économiques ont joué un rôle moteur dans cette performance :
- Le secteur tertiaire, incluant le commerce, les services financiers, le transport et les télécommunications, demeure l’un des moteurs les plus puissants de la croissance régionale.
- L’agriculture vivrière et les activités extractives ont conservé un rôle favorable, soutenues par de bonnes campagnes agricoles et une demande internationale soutenue pour certaines matières premières.
- Les investissements industriels et les services non marchands ont également apporté des contributions notables, favorables à une croissance plus large et moins cyclique.
Cette combinaison de moteurs d’activités traduit une économie régionale rééquilibrée, où l’agriculture, les services et l’investissement public créent une dynamique d’ensemble.
Inflation maîtrisée et perspectives 2025
La vigueur de l’activité économique ne s’est pas faite au prix d’une forte inflation. Au contraire, la BCEAO note une tendance désinflationniste, avec une baisse significative du niveau des prix, notamment des produits alimentaires et énergétiques importés, ce qui soutient le pouvoir d’achat et la stabilité macroéconomique.
Sur l’ensemble de l’année 2025, l’UEMOA devrait enregistrer une croissance moyenne de 6,7 %, confirmant ainsi la robustesse structurelle de son économie.
Des défis persistants malgré la performance
Cette performance n’occulte toutefois pas l’existence de défis. Certains États membres continuent de faire face à des contraintes structurelles, telles que la dépendance à l’agriculture pluviale, des déséquilibres sectoriels ou encore une intégration régionale souvent limitée par des barrières non tarifaires.
De plus, les différences de croissance entre pays, de revenus par tête et de niveaux de développement économique restent des questions centrales, appelant à des politiques coordonnées et des réformes institutionnelles au niveau de l’Union.
Un message fort pour l’Afrique de l’Ouest
La croissance de 6,6 % au troisième trimestre 2025 est plus qu’un simple chiffre. Elle incarne un moment de consolidation pour une zone qui, malgré les vents contraires du contexte mondial inflation, tensions géopolitiques ou incertitudes financières, maintient une dynamique interne solide.
Cette performance est aussi un signal fort pour les investisseurs, qui y voient une région capable de maintenir des niveaux de croissance supérieurs à la moyenne mondiale, tout en renforçant progressivement son intégration économique et sa résilience aux chocs externes.
Quand une économie progresse à un rythme soutenu malgré un environnement mondial instable, ce n’est pas le fruit du hasard : c’est la résultante d’une dynamique interne bien ancrée, d’investissements ciblés et d’une demande résiliente. Avec un taux de croissance de 6,6 % au troisième trimestre 2025, l’UEMOA ne se contente pas de résister aux turbulences économiques mondiales, elle montre qu’elle peut aussi tracer sa propre trajectoire vers une prospérité partagée. Mais pour transformer cette poussée en croissance durable, la région devra conjuguer performance économique et cohésion sociale dans les années à venir.
La Rédaction



