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UEMOA : Le coût du crédit commence à respirer, mais tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne.

La détente monétaire est réelle, mais les entreprises et ménages en ressentent les effets de façon très inégale !

Après plusieurs années marquées par le resserrement monétaire et la flambée du coût de l’argent, le crédit bancaire commence enfin à se détendre dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Sous l’impulsion de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les conditions de financement s’assouplissent progressivement.

Mais derrière cette tendance régionale encourageante se cache une réalité plus nuancée : la baisse du coût du crédit ne suit pas la même trajectoire dans tous les pays de l’Union.


Une inflexion monétaire qui change la donne

En 2025, la BCEAO a opéré un tournant prudent mais significatif dans sa politique monétaire. Le taux directeur a été abaissé, tout comme le taux de la facilité de prêt marginal, afin de soutenir la reprise économique et encourager le financement de l’économie réelle.

Résultat immédiat :

  • le coût du refinancement des banques s’est réduit,
  • les taux du marché monétaire ont reculé,
  • et, par effet de transmission, les taux d’intérêt appliqués aux crédits bancaires ont commencé à baisser.

Pour les ménages et les entreprises, cela signifie – du moins en théorie – des conditions d’emprunt un peu moins contraignantes.


Des taux débiteurs en baisse… en moyenne

À l’échelle de l’UEMOA, les statistiques montrent une légère diminution des taux d’intérêt débiteurs moyens appliqués par les banques au cours de l’année. Cette détente, encore modeste, marque toutefois une rupture avec la tendance haussière observée précédemment.

Dans plusieurs économies majeures de la zone notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin ou le Burkina Faso les taux ont reculé, soutenus par :

  • une meilleure liquidité bancaire,
  • une concurrence plus active entre établissements financiers,
  • et une perception du risque relativement plus maîtrisée.

Ces pays apparaissent aujourd’hui comme les principaux bénéficiaires de l’assouplissement monétaire.


Des trajectoires nationales profondément contrastées

Mais l’UEMOA n’avance pas à une seule vitesse.
Dans d’autres États membres, la détente est plus lente, voire absente.

Au Niger, au Mali ou en Guinée-Bissau, les taux d’intérêt bancaires restent élevés et ont parfois même enregistré de légères hausses. En cause :

  • des primes de risque plus importantes,
  • un environnement économique ou sécuritaire plus incertain,
  • et une structure bancaire souvent moins concurrentielle.

Conséquence directe : une entreprise ne se finance pas au même coût selon qu’elle opère à Dakar, Abidjan ou Niamey, malgré une monnaie et une politique monétaire communes.


Un crédit en reprise, mais encore sélectif

L’assouplissement monétaire a néanmoins produit un effet tangible : le crédit au secteur privé repart progressivement à la hausse dans la zone. Les banques prêtent davantage, portées par un refinancement moins cher et une amélioration relative de la demande.

Cependant, cette reprise reste très sélective. Les grandes entreprises et les clients les mieux notés en profitent en priorité, tandis que :

  • les PME,
  • les acteurs informels,
  • et les économies jugées plus risquées

Continuent de faire face à des conditions de financement contraignantes.


Un signal encourageant, mais encore fragile

La détente du coût du crédit dans l’UEMOA est un signal positif pour l’investissement, la consommation et la croissance. Elle confirme que la BCEAO dispose encore de marges de manœuvre pour soutenir l’économie régionale.

Mais tant que les disparités nationales resteront aussi marquées, l’accès au crédit demeurera un facteur d’inégalités économiques au sein de l’Union.

La monnaie est commune. Le prix de l’argent, lui, ne l’est toujours pas.
Et c’est là que se joue, silencieusement, une partie de la compétitivité future des économies ouest-africaines.

La Rédaction

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