Transport aérien : Le Sénégal franchit le cap des 3 millions de passagers et consolide son ambition de hub régional.
Le Sénégal confirme progressivement sa montée en puissance dans le transport aérien ouest-africain. En 2025, l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) de Diass a enregistré près de 2,94 millions de passagers, un niveau qui frôle le seuil symbolique des 3 millions de voyageurs annuels.
Selon les données publiées par les autorités aéroportuaires, ce volume représente une légère progression d’environ 0,46 % par rapport à l’année 2024, confirmant une dynamique de croissance relativement stable du trafic aérien dans le pays.
Dans un contexte où l’aviation mondiale continue de se réorganiser après plusieurs années de turbulences, cette performance confirme la place grandissante du Sénégal dans la connectivité aérienne de l’Afrique de l’Ouest.
Une progression modérée mais régulière du trafic
Les statistiques du trafic passagers montrent une évolution équilibrée entre les arrivées et les départs.
En 2025, l’aéroport Blaise-Diagne a enregistré environ 1,38 million de passagers à l’arrivée et plus de 1,41 million au départ, des volumes en légère hausse par rapport à l’année précédente.
Cette progression reste modérée, mais elle témoigne d’une stabilisation du trafic aérien sénégalais, après plusieurs années marquées par des ajustements dans l’industrie du transport aérien.
Le secteur a notamment été influencé par la réorganisation de certaines compagnies opérant dans la région ainsi que par l’évolution des flux touristiques et des déplacements professionnels.
Les liaisons internationales tirent la croissance
L’essentiel du trafic de l’aéroport Blaise-Diagne demeure lié aux liaisons internationales, qui constituent la principale source de flux de passagers.
Les destinations européennes continuent de représenter la part la plus importante du trafic aérien sénégalais, en raison notamment des liens économiques, touristiques et migratoires entre le Sénégal et plusieurs pays du continent européen.
Les liaisons avec l’Afrique du Nord et l’Amérique du Nord contribuent également à soutenir la fréquentation de l’aéroport.
En revanche, certains segments, notamment le trafic de transit, ont connu un recul relatif, ce qui explique la croissance limitée du nombre total de passagers.
L’AIBD, pilier de la stratégie aérienne du Sénégal
Inauguré en 2017 pour remplacer l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar, l’Aéroport international Blaise-Diagne s’est progressivement imposé comme la principale porte d’entrée aérienne du Sénégal.
Située à environ 45 kilomètres de Dakar, cette infrastructure moderne a été conçue pour accueillir près de 3 millions de passagers par an lors de sa phase initiale, avec des perspectives d’extension pour accompagner la croissance future du trafic.
Au fil des années, l’AIBD s’est imposé comme un point de connexion stratégique pour plusieurs compagnies aériennes internationales, mais aussi pour la compagnie nationale Air Sénégal, qui cherche à renforcer son réseau régional et intercontinental.
L’ambition d’un hub aérien en Afrique de l’Ouest
Au-delà des chiffres du trafic passagers, la stratégie sénégalaise vise à positionner le pays comme un hub aérien majeur en Afrique de l’Ouest.
Cette ambition repose sur plusieurs leviers :
- l’amélioration de la connectivité aérienne internationale
- le développement des infrastructures aéroportuaires
- le renforcement du fret aérien
- et la consolidation du réseau de la compagnie nationale.
Dans cette perspective, l’AIBD constitue l’un des piliers du programme de modernisation des infrastructures de transport du Sénégal.
Un seuil symbolique qui ouvre de nouvelles perspectives
Avec près de trois millions de passagers enregistrés en 2025, l’aéroport Blaise-Diagne confirme sa position parmi les plateformes aériennes les plus dynamiques de la sous-région.
Même si la progression du trafic reste mesurée, elle témoigne de la résilience du secteur aérien sénégalais et de la capacité du pays à renforcer progressivement sa connectivité internationale.
Car dans une économie de plus en plus mondialisée, la performance des infrastructures de transport aérien dépasse largement le simple volume de passagers. Elle conditionne aussi l’attractivité économique, le tourisme et l’intégration du pays dans les grandes routes commerciales internationales.
Et pour le Sénégal, le cap des trois millions de passagers ne constitue sans doute pas une limite, mais plutôt le point de départ d’une nouvelle phase d’expansion de son aviation civile.
La Rédaction



