Sénégal : La production d’or bondit de 56 % en décembre 2025 et confirme le rôle stratégique du secteur minier.
Le secteur aurifère sénégalais a terminé l’année 2025 sur une note particulièrement dynamique. Au mois de décembre, la production d’or du pays a enregistré une progression spectaculaire de 56 %, illustrant la montée en puissance progressive de l’industrie minière nationale.
Cette performance intervient dans un contexte où le Sénégal renforce progressivement sa place parmi les producteurs d’or d’Afrique de l’Ouest. Portée par l’exploitation de grands gisements industriels et par l’amélioration des capacités de traitement du minerai, l’activité aurifère s’impose désormais comme l’un des piliers des exportations et de la diversification économique du pays.
Une forte progression de la production aurifère en fin d’année
Les statistiques économiques publiées par la Direction de la Prévision et des Études Économiques (DPEE) indiquent qu’en décembre 2025, la production d’or du Sénégal a progressé de 56 % par rapport au mois précédent.
Cette hausse s’inscrit dans un contexte de reprise progressive de l’activité minière après plusieurs phases d’ajustement technique dans certaines installations. Elle reflète également la montée en régime de certaines infrastructures de traitement du minerai.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la production aurifère a ainsi poursuivi sa progression. À fin novembre 2025, le Sénégal avait déjà produit plus de 10,4 tonnes d’or, soit une augmentation d’environ 514,8 kilogrammes par rapport à la même période de l’année précédente.
Cette évolution confirme la trajectoire ascendante du secteur aurifère sénégalais au cours des dernières années.
Sabodala-Massawa, moteur de la production d’or
Le dynamisme de l’industrie aurifère sénégalaise repose en grande partie sur la mine de Sabodala-Massawa, située dans la région de Kédougou, à l’est du pays.
Exploitée par le groupe minier international Endeavour Mining, cette mine constitue aujourd’hui le principal pôle de production d’or du Sénégal.
En 2025, le complexe minier a produit plus de 8,5 tonnes d’or, confirmant son rôle central dans l’économie minière nationale.
Plusieurs facteurs expliquent cette performance :
- l’exploitation progressive de nouveaux gisements
- l’optimisation des procédés industriels de traitement du minerai
- la mise en service d’unités technologiques plus performantes pour traiter les minerais réfractaires
Ces investissements ont permis d’augmenter les rendements et d’améliorer la capacité globale de production du site.
L’or, un pilier croissant des exportations sénégalaises
La progression de la production aurifère se reflète également dans les statistiques du commerce extérieur du Sénégal.
En décembre 2025, les exportations d’or non monétaire ont atteint plus de 206 milliards de FCFA, contre environ 96 milliards de FCFA en novembre, soit une progression particulièrement marquée d’un mois à l’autre.
Dans le même temps, les exportations totales du pays ont fortement augmenté, atteignant plus de 825 milliards de FCFA, tirées notamment par les ventes d’or, mais aussi par celles de produits pétroliers et d’autres matières premières.
Cette dynamique confirme la place croissante du secteur extractif dans l’économie sénégalaise.
Une diversification stratégique de l’économie
Depuis plusieurs années, les autorités sénégalaises encouragent le développement du secteur minier afin de diversifier l’économie nationale, historiquement dominée par les services, l’agriculture et la pêche.
L’or occupe désormais une place stratégique dans cette transformation.
La région de Kédougou, riche en ressources minières, concentre l’essentiel de l’activité aurifère du pays et attire d’importants investissements étrangers dans l’exploration et l’exploitation minière.
Parallèlement, plusieurs projets d’exploration continuent d’être développés, laissant entrevoir un potentiel aurifère encore largement sous-exploité.
Le défi de la transformation de la richesse minière
Si la hausse de la production constitue une avancée importante pour l’économie sénégalaise, elle pose également la question de la gestion et de la valorisation de ces ressources naturelles.
Dans de nombreux pays producteurs, l’exploitation minière ne se traduit pas automatiquement par une amélioration durable du développement économique.
Pour le Sénégal, l’enjeu consiste désormais à transformer cette croissance du secteur extractif en levier de développement à long terme : création d’emplois, renforcement des recettes publiques, développement des infrastructures et soutien aux économies locales.
Car derrière les performances impressionnantes de la production aurifère se joue une question essentielle : celle de la capacité du pays à convertir sa richesse minière en prospérité durable.
Et dans cette équation, l’or pourrait bien devenir l’un des métaux les plus stratégiques de l’avenir économique du Sénégal.
La Rédaction


