Skip links

SEIM 2026 : Le Mali à la conquête de son épargne, entre urgence économique et promesse d’investissement.

Bamako accueille la première édition du Salon de l’Épargne et de l’Investissement du Mali (SEIM), une initiative qui ambitionne de transformer une épargne encore largement informelle en véritable levier de croissance économique. Entre pédagogie financière, appels à la confiance et plaidoyer pour l’investissement productif, l’événement pose une question centrale : les Maliens sont-ils prêts à devenir des investisseurs ?


Un salon pour combler un vide stratégique

Dans la salle du CICB, le ton est donné dès l’ouverture. Pour le président de la commission d’organisation, le SEIM n’est pas un événement de plus dans l’agenda économique, mais une réponse à une fragilité structurelle.

« Dans un monde en constante transformation, gérer ses finances et assurer sa sécurité financière sont devenus des priorités essentielles », souligne-t-il.

Dans un contexte marqué par l’inflation, l’instabilité économique et les incertitudes sociales, l’épargne ne suffit plus. Elle doit être protégée, mais surtout valorisée. Le constat est sans détour : une grande partie de l’épargne nationale reste dormante, sans impact réel sur la création de richesse.

D’où l’ambition du salon : créer un pont entre cette épargne inactive et les opportunités d’investissement capables de transformer l’économie malienne.


Éducation financière, le chaînon manquant

Au cœur de cette première édition, un thème central : éducation et inclusion financière.

Le représentant du ministère de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat, Bakary Togo, insiste sur l’urgence :

« L’inclusion financière constitue aujourd’hui un défi essentiel de développement. Elle permet de stimuler l’entrepreneuriat, de soutenir les investissements productifs et de favoriser la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. »

Mais le diagnostic est clair :

  • manque d’accès à l’information
  • faible maîtrise des outils financiers
  • déficit de confiance envers les institutions

Dans ce contexte, l’éducation financière devient un levier stratégique. Elle doit permettre aux citoyens de :

  • mieux gérer leurs ressources
  • développer une culture de l’épargne
  • accéder à des produits financiers adaptés

En filigrane, un enjeu de souveraineté économique : mobiliser l’épargne nationale pour financer le développement local.


Épargner ne suffit plus, investir devient une nécessité

C’est sans doute l’un des messages les plus directs du salon.

Pour Cheick Oumar Sanou, ingénieur financier et panéliste, le problème est presque culturel :

« L’inflation, c’est la destruction du pouvoir d’achat. Quand on épargne sans investir, on perd de l’argent. »

Autrement dit, garder son argent sans le faire fructifier revient à s’appauvrir lentement.

Son appel est clair :
Épargner doit être une étape, pas une finalité.

Il insiste également sur un angle souvent négligé au Mali : la méconnaissance des marchés financiers, notamment la BRVM.

« La BRVM est encore un grand inconnu ici, et c’est malheureux. Pourtant, elle offre des opportunités d’investissement rentables. »

Une déclaration qui résume à elle seule le défi du SEIM : faire passer les Maliens d’une logique de conservation à une logique de croissance patrimoniale.


Un écosystème à reconstruire autour de la confiance

Au-delà des discours, le salon se veut un espace de solutions concrètes :

  • panels d’experts
  • masterclass
  • présentations de produits financiers
  • rencontres entre institutions et usagers

L’objectif est double :
démystifier la finance
réconcilier les populations avec les institutions financières

Le président de la commission d’organisation insiste sur cet aspect :

« Renforcer la confiance des populations dans les institutions financières est indispensable pour favoriser une inclusion financière durable. »

Un enjeu clé dans un pays où la bancarisation reste encore limitée.


Vers une nouvelle culture économique ?

Derrière les échanges techniques, le SEIM porte une ambition plus large : changer les mentalités.

Encourager l’épargne formelle.
Orienter les ressources vers des investissements productifs.
Créer une dynamique entre l’État, le secteur privé et les citoyens.

Le gouvernement, par la voix de son représentant, réaffirme d’ailleurs son engagement à :

  • améliorer l’accès au financement
  • soutenir l’entrepreneuriat
  • promouvoir l’emploi durable

Une première édition aux allures de test

Pour une première, le SEIM pose les bases d’un chantier de long terme.

Car au fond, la question dépasse largement les deux jours de salon :
Le Mali peut-il transformer son potentiel d’épargne en moteur de croissance ?

La réponse dépendra moins des discours que de la capacité à créer des passerelles durables entre :

  • épargnants
  • investisseurs
  • institutions financières

Une chose est sûre : le signal est lancé.

Et dans un contexte économique sous tension, apprendre à faire travailler son argent n’est plus un luxe.
C’est devenu une nécessité.

La Rédaction

Accueil
Recherche
Top
Découvrir
Drag