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Sécurité : Bamako et Pékin passent à la vitesse supérieure.

Face aux défis sécuritaires persistants au Sahel, le Mali et la Chine renforcent un partenariat discret mais de plus en plus structurant.


Le message est clair : la coopération sécuritaire entre le Mali et la Chine entre dans une nouvelle phase.
Début février 2026, le ministre malien de la Sécurité et de la Protection civile a reçu à Bamako le nouvel ambassadeur de Chine, Li Xiang. Officiellement, l’échange a porté sur la sécurité des ressortissants chinois. Officieusement, il marque une montée en gamme du dialogue sécuritaire bilatéral.

Cette rencontre n’est pas anodine. Elle intervient alors que les relations entre les deux pays célèbrent 65 ans de coopération diplomatique, mais surtout dans un contexte régional où la sécurité est devenue un préalable à tout projet économique durable.


Derrière la diplomatie, un enjeu très concret : sécuriser les intérêts chinois

La Chine est aujourd’hui l’un des partenaires économiques les plus présents au Mali : infrastructures, mines, énergie, BTP.
Avec cette présence accrue vient une préoccupation centrale pour Pékin : la protection de ses ressortissants et de ses investissements, dans un environnement sahélien toujours exposé aux risques sécuritaires.

Lors de l’audience, les autorités chinoises ont salué les efforts des forces maliennes et exprimé leur volonté de renforcer la coordination sécuritaire, notamment autour :

  • de la sécurisation des sites économiques stratégiques,
  • de la protection des travailleurs chinois,
  • du partage d’expertise et de bonnes pratiques en matière de sécurité.

Sans annonces chiffrées ni accords formels rendus publics à ce stade, le message politique est limpide : la sécurité devient un pilier assumé du partenariat sino-malien.


Un partenariat stratégique qui dépasse désormais l’économie

Depuis 2024, les relations entre Bamako et Pékin ont été élevées au rang de partenariat stratégique, notamment lors du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC).
Cette évolution marque un tournant : la coopération ne se limite plus aux infrastructures et au financement, elle englobe désormais les questions de souveraineté, de stabilité et de sécurité.

Historiquement, la Chine a déjà fourni au Mali :

  • du matériel,
  • une assistance technique,
  • des formations ciblées.

Mais aujourd’hui, l’approche devient plus globale, intégrant la sécurité comme condition de réussite des projets économiques et de la présence chinoise à long terme.


Le Sahel, catalyseur d’un rapprochement pragmatique

Ce resserrement sécuritaire s’inscrit dans un contexte régional tendu.
Le Sahel reste confronté à :

  • la persistance des groupes armés,
  • l’instabilité transfrontalière,
  • l’affaiblissement de certains cadres multilatéraux traditionnels.

Dans ce paysage mouvant, le Mali diversifie ses partenariats, tandis que la Chine adapte sa doctrine de non-ingérence à une réalité plus pragmatique : sécuriser sans s’exposer politiquement.

Pour Pékin, il ne s’agit pas de s’engager militairement, mais de soutenir des capacités locales, tout en protégeant ses intérêts. Une ligne fine, mais de plus en plus assumée.


Une coopération appelée à se structurer davantage

À court terme, aucun accord formel majeur n’a été annoncé.
Mais plusieurs signaux laissent penser que cette coopération pourrait évoluer vers :

  • des programmes de formation renforcés,
  • une assistance technique accrue,
  • une coordination plus régulière entre autorités sécuritaires.

Pour Bamako, l’enjeu est double : renforcer ses capacités tout en consolidant des partenariats alternatifs dans un environnement géopolitique recomposé.


Une relation qui change de nature

Longtemps perçue comme essentiellement économique, la relation entre le Mali et la Chine change de dimension.
La sécurité, longtemps en arrière-plan, devient désormais un levier central de la coopération bilatérale, au même titre que les infrastructures ou les investissements.

Quand l’économie appelle la stabilité, la diplomatie finit toujours par parler sécurité.
Et à Bamako comme à Pékin, ce langage-là est désormais assumé.

La Rédaction

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