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Niger : Une usine high-tech à près de 3 milliards FCFA pour amorcer le virage industriel numérique.

Le Niger avance à pas mesurés mais déterminés vers l’industrialisation technologique. À Hamdallaye, dans la périphérie de Niamey, un projet inédit est en gestation : la construction d’une usine d’assemblage d’équipements électroniques portée par DHY Technologie SA, pour un investissement évalué à environ 2,94 milliards de francs CFA. L’initiative, validée par les autorités nigériennes dans le cadre du Code des investissements, vise à produire localement des smartphones, tablettes et ordinateurs, aujourd’hui largement importés.


Un investissement stratégique dans un pays en quête de diversification

Longtemps dominée par les secteurs extractifs et agro-pastoraux, l’économie nigérienne cherche à diversifier ses moteurs de croissance. Le projet de DHY Technologie s’inscrit dans cette dynamique, en ciblant un secteur à fort potentiel : les technologies de l’information et de la communication (TIC).

Estimé à près de 3 milliards FCFA, le projet sera déployé sur une durée de 36 mois. Il ambitionne de poser les bases d’une industrie électronique locale, encore quasi inexistante dans le pays, mais devenue indispensable dans un contexte de numérisation croissante des services publics, de l’éducation et des activités économiques.


Réduire la dépendance aux importations technologiques

L’un des enjeux majeurs du projet est la réduction de la facture d’importation des équipements électroniques. Smartphones, ordinateurs et tablettes représentent une part significative des importations du Niger, avec des coûts élevés liés au transport, aux droits de douane et aux fluctuations monétaires.

En assemblant localement ces équipements, DHY Technologie entend raccourcir la chaîne d’approvisionnement, améliorer la disponibilité des produits sur le marché national et, à terme, proposer des équipements plus accessibles en termes de prix pour les ménages, les entreprises et les administrations publiques.


Création d’emplois et transfert de compétences

Au-delà des équipements, le projet se veut également créateur de valeur humaine. L’usine devrait générer environ 275 emplois permanents, auxquels s’ajouteront de nombreux emplois indirects dans la logistique, la maintenance, la distribution et les services connexes.

Un centre de formation intégré est également prévu afin de former des techniciens nigériens aux métiers de l’assemblage électronique et du numérique. Cette composante est stratégique : elle vise à réduire la dépendance aux compétences étrangères et à constituer, progressivement, un vivier local de main-d’œuvre qualifiée dans un secteur d’avenir.


Un projet ambitieux face à des défis structurels

Comme tout projet industriel de cette envergure, l’usine d’assemblage high-tech devra composer avec plusieurs défis :

  • la stabilité de l’approvisionnement en électricité, cruciale pour une activité industrielle technologique ;
  • la qualité de la connectivité numérique, indispensable pour une production moderne ;
  • et la logistique, dans un pays enclavé où les chaînes d’approvisionnement restent coûteuses.

Les autorités nigériennes voient néanmoins dans ce projet un levier structurant pour accompagner la stratégie nationale de transformation numérique et renforcer la souveraineté technologique du pays.


Dans un monde où la technologie façonne désormais la compétitivité des nations, le Niger tente une sortie du simple rôle de consommateur pour devenir, modestement mais résolument, acteur de sa propre transition numérique. L’usine d’assemblage high-tech de Hamdallaye n’est pas qu’un investissement industriel : elle symbolise une ambition plus large, celle de fabriquer localement les outils du développement. Reste désormais à transformer cette promesse en production durable, car dans l’industrie comme dans le numérique, l’avenir appartient à ceux qui savent assembler vision, compétences et constance.

La Rédaction

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