Mali : L’AES lance son Année II, cap sur l’action concrète au Sahel.
Après une première année consacrée à la structuration institutionnelle, l’Alliance des États du Sahel (AES) entre dans sa deuxième année (Année II). Le gouvernement malien a officiellement engagé cette phase lors d’une réunion stratégique tenue à Bamako le 17 février 2026, marquant le passage des intentions aux actions concrètes.
Cette étape intervient peu après la ratification de plusieurs protocoles structurants par Bamako, destinés à doter l’organisation de cadres juridiques et institutionnels solides pour l’exécution des projets communs entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, les trois pays fondateurs de la confédération.
Trois axes pour renforcer la coopération régionale
La feuille de route de l’Année II repose sur trois piliers stratégiques :
- Sécurité et défense : mise en place de mécanismes conjoints pour lutter contre les groupes armés et sécuriser les frontières.
- Diplomatie coordonnée : intensification de la coopération diplomatique pour défendre les intérêts communs de la région sur la scène internationale.
- Développement socio‑économique : élaboration de projets concertés pour améliorer les infrastructures, la libre circulation des biens et des personnes, et la résilience économique des populations.
Ces orientations traduisent la volonté des dirigeants de transformer l’AES en une organisation opérationnelle, capable d’apporter des solutions concrètes aux défis du Sahel.
Une gouvernance renforcée et structurée
L’Année II s’accompagne de la ratification de quatre protocoles additionnels couvrant la sécurité, la diplomatie, le développement et les sessions parlementaires confédérales. Ces textes institutionnels visent à assurer une prise de décision commune efficace et une mise en œuvre coordonnée des initiatives.
De plus, la présidence tournante de l’AES est passée au Burkina Faso, symbolisant le partage des responsabilités et la volonté d’ancrer l’intégration régionale dans la durée. Le Mali, qui assurait la présidence lors de la première année, continue de jouer un rôle central dans l’exécution de la feuille de route.
Des actions concrètes déjà engagées
Depuis la première année, plusieurs initiatives emblématiques ont été lancées :
- Création d’une télévision confédérale à Bamako pour renforcer la communication institutionnelle et contrer la désinformation.
- Mise en place de la Force unifiée de l’AES pour coordonner les opérations de sécurité contre les groupes armés.
- Établissement de la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID‑AES) pour financer des projets d’infrastructure et de développement.
Ces actions montrent que la confédération ne se limite plus à des annonces diplomatiques, mais s’efforce de traduire ses engagements en projets tangibles.
Les défis à relever
L’AES intervient dans un contexte sahélien complexe : insécurité persistante, fragilité institutionnelle et pressions économiques sur les populations. La réussite de l’Année II dépendra de la capacité des États membres à transformer leur feuille de route en résultats concrets, mesurables et durables.
L’Année II de l’AES n’est pas une formalité administrative : elle constitue le véritable test de crédibilité de la confédération. Si les promesses se traduisent en actions concrètes, l’AES pourrait devenir un modèle d’intégration régionale autonome et une réponse durable aux crises du Sahel.
La Rédaction



