Skip links

Mali : La levée de pénalités portuaires libère 30 milliards FCFA et soulage les chargeurs.

Après des mois d’asphyxie logistique et financière, les chargeurs maliens respirent. La levée exceptionnelle de pénalités portuaires sur des conteneurs bloqués au port de Dakar a permis de libérer près de 30 milliards FCFA de valeur marchande. Une décision aux effets immédiats sur le commerce extérieur malien.


Au Mali, la suppression de pénalités portuaires appliquées à des marchandises immobilisées à l’étranger a produit un effet tangible : près de 30 milliards FCFA ont été libérés au profit des chargeurs maliens. L’annonce a été faite par le Conseil malien des chargeurs (CMC) à l’issue de ses récentes assises institutionnelles.

Concrètement, cette mesure concerne des conteneurs maliens longtemps bloqués au port autonome de Dakar, du fait de frais de stationnement et de pénalités cumulées, devenues insoutenables pour les opérateurs économiques.


Près de 3 000 conteneurs débloqués

Selon les chiffres communiqués par le CMC, la levée des pénalités a permis de désengorger près de 3 000 conteneurs restés en souffrance sur le corridor Dakar–Bamako. Ces marchandises, jusque-là immobilisées, représentaient une valeur estimée à 30 milliards FCFA, désormais réinjectée dans le circuit économique.

Pour de nombreuses entreprises, notamment importatrices de biens de consommation et d’intrants industriels, cette décision a évité des pertes sèches et des ruptures prolongées de stocks.


Un soutien décisif des autorités maliennes

Cette opération n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de négociations soutenues entre les autorités maliennes, les gestionnaires portuaires et les partenaires logistiques, avec l’appui du ministère des Transports et des Infrastructures.

L’implication des autorités de la Transition a été déterminante pour obtenir la levée de pénalités qui s’étaient accumulées dans un contexte déjà marqué par :

  • les tensions sur les corridors d’approvisionnement,
  • la hausse des coûts logistiques,
  • et les perturbations régionales du commerce.

Un impact direct sur les secteurs stratégiques

Au-delà du commerce général, la mesure a également bénéficié à des entreprises industrielles et minières. Environ 200 conteneurs appartenant à une société minière, par exemple, ont vu leurs pénalités annulées, pour un montant estimé à 1,5 milliard FCFA.

Dans un pays enclavé comme le Mali, où l’accès aux ports conditionne l’essentiel des échanges extérieurs, ce type d’allègement logistique représente un gain de compétitivité immédiat.


Le corridor Dakar–Bamako au cœur des enjeux

Le port de Dakar demeure l’un des principaux points d’entrée et de sortie des marchandises maliennes. Toute congestion ou accumulation de pénalités sur ce corridor a donc un effet démultiplié sur :

  • les coûts à l’importation,
  • les délais de livraison,
  • et les prix finaux sur le marché intérieur.

La levée des pénalités apparaît ainsi comme une mesure de régulation ponctuelle, mais aux effets macroéconomiques non négligeables.


Vers une meilleure organisation logistique

Dans la foulée, les autorités ont également acté des réformes visant à renforcer la traçabilité et la gestion des cargaisons, notamment à travers l’encadrement du bordereau électronique de suivi des cargaisons (BESC) confié au CMC.

L’objectif affiché est clair : éviter la reconstitution de goulots d’étranglement logistiques et limiter, à l’avenir, l’accumulation de pénalités coûteuses pour les opérateurs.


La libération de 30 milliards FCFA grâce à la levée de pénalités portuaires n’est pas qu’un soulagement ponctuel pour les chargeurs maliens. Elle rappelle surtout une évidence économique : dans un pays enclavé, chaque dysfonctionnement logistique coûte cher, très cher. Reste désormais à transformer cet épisode en leçon durable, pour que les ports cessent d’être des goulets d’étranglement et deviennent, enfin, des accélérateurs de compétitivité.

La Rédaction

Accueil
Recherche
Top
Découvrir
Drag