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Hydrocarbures : Le Sénégal reprend la main et retire un permis offshore au milliardaire Arthur Eze.

Le Sénégal a franchi un cap important dans la gestion de ses ressources naturelles. Les autorités ont officiellement retiré le permis d’exploration offshore détenu par Atlas Oranto Petroleum, société contrôlée par le milliardaire nigérian Arthur Eze, mettant fin à près de deux décennies de détention d’un bloc resté largement inexploité.

La décision, actée par le ministère sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la discipline contractuelle dans le secteur pétrolier et gazier, à l’heure où Dakar entre progressivement dans la phase de production de ses grands projets offshore.


Un permis ancien, une exploration restée au point mort

Le permis concerné, connu sous l’appellation Cayar Offshore Shallow, avait été attribué à Atlas Oranto Petroleum en 2008. Situé au large de la côte sénégalaise, à proximité de la péninsule de Dakar, ce bloc offshore est considéré comme géologiquement prometteur.

Pourtant, selon les autorités sénégalaises, les travaux d’exploration sont restés très limités au fil des années. Aucun forage significatif n’a été réalisé, malgré les engagements contractuels et plusieurs prorogations accordées à l’opérateur.

Ce constat d’inactivité prolongée a fini par peser lourd dans la balance.


Les raisons officielles du retrait

Le retrait du permis repose sur plusieurs manquements relevés par l’administration sénégalaise :

  • Absence de garanties financières conformes, pourtant exigées pour sécuriser les engagements d’exploration ;
  • Non-respect des obligations de travaux, prévues dans le contrat initial ;
  • Faible avancement des activités techniques, jugé incompatible avec la durée de détention du permis.

La révocation a été formalisée en septembre 2025, sous l’autorité du ministre de l’Énergie et du Pétrole, Birame Souleye Diop, dans le cadre d’une revue plus large des titres miniers et pétroliers.


Un message clair envoyé aux opérateurs

Au-delà du cas Atlas Oranto, la décision marque un changement de posture de l’État sénégalais. Dakar entend désormais mettre fin à la rétention spéculative de blocs pétroliers, qui empêche la valorisation effective des ressources nationales.

Le message est limpide :

Les permis ne sont plus des actifs dormants, mais des engagements à exécuter.

Cette ligne s’inscrit dans un contexte où le Sénégal dispose désormais de références opérationnelles solides, avec des projets majeurs comme Sangomar (pétrole) et Greater Tortue Ahmeyim (gaz), entrés ou entrant en production.


Atlas Oranto, un acteur africain sous pression

Fondée par Arthur Eze, Atlas Oranto Petroleum s’est positionnée depuis les années 1990 comme un acteur panafricain de l’exploration, avec des permis dans plusieurs pays du continent.

L’entreprise affirme avoir investi plusieurs dizaines de millions de dollars au Sénégal sur différents blocs, mais reconnaît des divergences avec les autorités sur l’interprétation des obligations financières et techniques.

À ce stade, aucune déclaration officielle détaillée n’a été publiée par la société à la suite du retrait du permis offshore.


Quelles conséquences pour le Sénégal ?

La reprise du contrôle du bloc Cayar Offshore Shallow ouvre plusieurs options pour l’État sénégalais :

  • relancer un appel d’offres international,
  • réattribuer le permis à un opérateur jugé plus actif,
  • ou réintégrer le bloc dans une stratégie nationale plus large de gestion des ressources.

Dans tous les cas, la décision renforce la crédibilité du Sénégal auprès des investisseurs sérieux, en démontrant que les règles s’appliquent à tous, indépendamment du poids financier ou politique des acteurs concernés.


En retirant un permis détenu depuis près de vingt ans par un opérateur de premier plan, le Sénégal acte une réalité nouvelle : l’ère des licences dormantes touche à sa fin.
À l’heure où le pays entre dans le cercle des producteurs d’hydrocarbures, Dakar rappelle que la souveraineté énergétique ne se proclame pas, elle se fait respecter, contrat par contrat.

La Rédaction

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