Burkina Faso : Une usine de transformation de piment à plus de 4,5 milliards FCFA en préparation à Banfora.
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’industrialisation agricole. Les autorités ont lancé les premières démarches concrètes pour la construction d’une usine de transformation de piment à Banfora, dans la région des Cascades. Une mission technique de l’Agence pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Communautaire s’est rendue sur place le 16 février 2026 afin d’identifier le site d’implantation et d’évaluer la faisabilité du projet.
L’investissement envisagé s’élève à au moins 4,5 milliards FCFA, un montant qui pourrait évoluer à l’issue des études techniques détaillées encore en cours.
Une implantation stratégique
Le terrain pressenti se situe dans la zone industrielle de Banfora et devrait couvrir environ 5 hectares. Le choix de cette ville n’est pas anodin. Située au cœur d’une importante zone agricole, elle bénéficie d’un accès direct aux bassins de production de piment et d’autres cultures maraîchères. Cette proximité doit réduire les coûts logistiques et améliorer la rentabilité du futur complexe industriel.
Créer de la valeur localement
L’objectif principal du projet est clair : transformer localement une production agricole encore majoritairement vendue à l’état brut. En développant la transformation industrielle — poudre de piment, épices conditionnées, produits dérivés — les autorités entendent :
- accroître la valeur ajoutée des filières agricoles
- stimuler l’emploi local
- réduire les importations de produits transformés
- renforcer la souveraineté alimentaire
Cette approche s’inscrit dans une politique plus large visant à faire émerger un tissu d’industries agroalimentaires capables d’absorber la production nationale.
Un marché régional en pleine expansion
Le pari industriel repose aussi sur la dynamique du marché. Le secteur africain du piment transformé est estimé entre 1,5 et 2,3 milliards USD en 2023 et pourrait atteindre jusqu’à 3,4 milliards USD d’ici 2028 selon des analyses sectorielles. La croissance démographique, l’urbanisation rapide et l’évolution des habitudes alimentaires soutiennent la demande pour des produits transformés prêts à l’emploi.
Dans ce contexte, le Burkina Faso ambitionne de se positionner non seulement comme producteur agricole, mais aussi comme acteur de la transformation régionale.
Un levier de transformation économique
Au-delà du secteur du piment, ce projet illustre une mutation plus profonde du modèle économique burkinabè : passer d’une économie d’exportation de matières premières à une économie de transformation. Cette orientation vise à stabiliser les revenus agricoles, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et renforcer la résilience économique nationale.
Si elle se concrétise comme prévu, l’usine de Banfora pourrait devenir bien plus qu’un simple site industriel : le symbole d’un changement de paradigme où la richesse agricole ne se mesure plus seulement à la récolte, mais à la valeur créée après la récolte.
La Rédaction



