Burkina Faso – Algérie : L’alliance énergétique qui pourrait rebattre les cartes régionales.
Une nouvelle phase de coopération économique s’ouvre entre Ouagadougou et Alger. Une délégation algérienne de haut niveau conduite par le ministre chargé de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures s’est rendue récemment au Burkina Faso afin d’approfondir les discussions sur des partenariats dans des secteurs stratégiques. Les échanges ont porté sur l’énergie, l’exploration minière et les hydrocarbures, avec l’ambition affichée de bâtir une collaboration durable à forte valeur ajoutée.
Selon des sources officielles et médiatiques concordantes, cette initiative traduit la volonté des deux capitales de hisser leurs relations économiques à un niveau supérieur, notamment à travers des projets conjoints et des transferts d’expertise technique.
Des ressources et des besoins complémentaires
Le Burkina Faso possède un potentiel minier important — notamment aurifère — mais demeure fortement dépendant de l’extérieur pour l’énergie et les technologies d’extraction. À l’inverse, l’Algérie dispose d’une longue expérience dans l’exploitation pétrolière et gazière, ainsi que d’infrastructures énergétiques développées.
Ce rapprochement répond donc à une logique économique claire :
- Pour Ouagadougou : attirer des investissements, renforcer ses capacités techniques et sécuriser son approvisionnement énergétique.
- Pour Alger : étendre son influence économique vers l’Afrique de l’Ouest et diversifier ses partenariats continentaux.
Les discussions incluent également la formation de cadres, la coopération technique et l’éventuelle participation d’entreprises algériennes à des projets industriels burkinabè.
Une coopération ancienne relancée
Les deux États entretiennent depuis longtemps des relations diplomatiques qualifiées d’amicales. Toutefois, plusieurs responsables ont reconnu que le potentiel de coopération restait largement sous-exploité, notamment dans les secteurs productifs.
La récente intensification des échanges marque donc un changement de rythme : les relations sortent du cadre protocolaire pour entrer dans une logique d’intégration économique concrète.
Une dynamique régionale en toile de fond
Ce rapprochement intervient dans un contexte géopolitique sensible au Sahel. En 2025, une crise diplomatique avait opposé Alger à certains pays sahéliens après un incident militaire impliquant un drone, entraînant des rappels d’ambassadeurs. La reprise du dialogue diplomatique observée récemment suggère une volonté partagée de désamorcer les tensions et de privilégier la coopération économique.
Dans cette optique, les accords en discussion ne relèvent pas seulement de l’économie : ils participent aussi à la recomposition des alliances régionales et à la sécurisation des approvisionnements énergétiques.
Un partenariat à fort effet multiplicateur
Si les projets se concrétisent, plusieurs retombées sont envisageables :
- montée en compétence technique locale
- création d’emplois spécialisés
- diversification des sources d’énergie
- valorisation des ressources minières
À moyen terme, cette coopération pourrait positionner le Burkina Faso comme un pôle extractif plus compétitif, tout en permettant à l’Algérie de consolider sa présence économique sur un marché ouest-africain en pleine mutation.
Dans une région où les alliances se redessinent aussi vite que les pipelines se tracent, le rapprochement entre Ouagadougou et Alger ressemble moins à une simple signature d’accords qu’à l’amorce d’un corridor stratégique. Si les promesses se traduisent en projets concrets, cette entente pourrait bien devenir l’un des axes énergétiques les plus influents du Sahel dans les années à venir.
La Rédaction



