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Bénin : L’économie circulaire érigée en pilier de croissance, cap sur 2035.

Le Bénin a officiellement lancé, le 4 février 2026 à Cotonou, son Plan d’action national pour l’économie circulaire (PAEC) 2025-2035, un programme structurant destiné à transformer le modèle productif du pays et à faire de la valorisation des ressources un moteur de développement.

Porté par le ministère du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, ce plan marque une rupture avec l’économie linéaire traditionnelle fondée sur le schéma « produire, consommer, jeter », au profit d’un système privilégiant recyclage, réemploi et optimisation des matières premières.


Une feuille de route structurée et mesurable

Le programme repose sur une architecture stratégique détaillée comprenant :

  • 34 objectifs stratégiques
  • 134 actions prioritaires
  • un calendrier de mise en œuvre sur dix ans
  • un dispositif de suivi-évaluation destiné à mesurer les résultats.

L’ambition officielle est de positionner le pays comme une référence régionale en matière d’économie circulaire d’ici 2035, en combinant croissance économique, protection environnementale et création d’emplois.


Des secteurs clés pour générer de la valeur

Le plan cible plusieurs domaines considérés comme à fort potentiel de transformation économique :

  • agriculture et foresterie
  • gestion des déchets et plastiques
  • transport et mobilité
  • construction
  • industries locales.

Des travaux préparatoires avaient déjà identifié un champ encore plus large incluant les filières de l’eau, du textile, de l’électronique et des produits chimiques liés aux plastiques, preuve de l’ampleur de la transition envisagée.


Des objectifs chiffrés pour structurer une filière émergente

Le gouvernement ne s’est pas limité à des orientations générales. Il fixe des cibles quantitatives destinées à structurer un secteur encore embryonnaire :

  • 25 % de taux de recyclage d’ici 2035
  • collecte totale des déchets en zones urbaines et 60 % en zones rurales
  • formation de 15 000 professionnels spécialisés
  • création de 300 entreprises du secteur, contre moins de vingt aujourd’hui.

Ces objectifs traduisent une volonté d’industrialiser progressivement les chaînes de valorisation des déchets et de développer un tissu d’entreprises spécialisées.


Un levier économique autant qu’écologique

Au-delà de l’environnement, la stratégie vise à renforcer l’autonomie productive du pays en réduisant la dépendance aux ressources importées et aux matières premières brutes exportées sans transformation.

Le financement du programme reposera sur un modèle hybride combinant ressources publiques, investissements privés, appui des partenaires techniques et mécanismes de financement vert.
Le projet bénéficie déjà du soutien technique du Fonds africain pour l’économie circulaire de la Banque africaine de développement.


Une réponse à un défi environnemental pressant

L’initiative s’inscrit aussi dans un contexte d’urgence écologique. La gestion des déchets, notamment plastiques, constitue un enjeu majeur pour les villes béninoises, confrontées à la pollution des sols et à l’obstruction des réseaux d’assainissement.

L’économie circulaire apparaît ainsi comme une solution intégrée capable de réduire l’impact environnemental tout en générant de nouvelles activités économiques.


Une pièce maîtresse de la transformation structurelle

À travers ce plan décennal, les autorités béninoises cherchent à inscrire leur économie dans une trajectoire de modernisation reposant sur l’innovation, la transformation locale et la montée en valeur ajoutée.

La démarche s’inscrit dans une tendance mondiale où la circularité des ressources devient un facteur de compétitivité économique autant qu’un impératif climatique.


En choisissant de transformer ses déchets en ressources et ses contraintes environnementales en opportunités industrielles, le Bénin tente un pari stratégique rare : faire de l’écologie non pas un coût, mais un moteur de croissance. Si l’exécution suit l’ambition, le pays pourrait bien démontrer qu’au XXIᵉ siècle, la richesse ne se mesure plus seulement à ce qu’une nation produit, mais à ce qu’elle sait réutiliser.

La Rédaction

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