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Afrique : L’Union africaine mise sur un mécanisme inédit pour accélérer le financement des infrastructures.

Pour combler le déficit chronique d’infrastructures sur le continent, l’Union africaine a franchi une étape majeure. Le lancement de l’Africa Infrastructure Financing Facility (AIFF) marque le début d’une stratégie panafricaine ambitieuse, visant à mobiliser les ressources financières nécessaires à la réalisation des projets structurants de transport, d’énergie, d’eau et de télécommunications. L’enjeu est de taille : sans infrastructures modernes, l’intégration économique et la croissance du continent resteront freinées.


Une initiative pour renforcer la souveraineté financière

Le lancement de l’AIFF s’est tenu lors du 39ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis‑Abeba. L’événement a réuni des chefs d’État, des responsables d’institutions financières africaines et des représentants du secteur privé. Le Ghana, via son président H.E. John Dramani Mahama, champion des institutions financières africaines, a joué un rôle central dans cette initiative.

L’objectif principal de l’AIFF est de regrouper les capacités financières et techniques des institutions africaines, afin de réduire la dépendance aux financements extérieurs et d’accélérer la mise en œuvre de projets transfrontaliers prioritaires. Selon les estimations, le continent a besoin de 130 à 170 milliards USD par an pour combler son déficit infrastructurel, mais moins de la moitié de cette somme est actuellement mobilisée.


Des projets « bankables » pour attirer les investisseurs

L’une des principales difficultés rencontrées par le financement africain est la préparation insuffisante des projets, jugés trop risqués ou mal structurés pour séduire les investisseurs internationaux. L’AIFF entend résoudre ce problème en :

  • Préparant techniquement et financièrement les projets pour les rendre attractifs,
  • Mutualisant les instruments de financement et la gestion des risques,
  • Attirant capitaux privés et publics à grande échelle, tout en garantissant la transparence et la rentabilité.

Cette approche innovante permet d’éviter la dispersion des efforts et de créer un point unique de coordination pour les projets transfrontaliers, qu’il s’agisse de routes, d’énergies renouvelables ou de réseaux de télécommunications.


L’AIFF au service de l’Agenda 2063

Le mécanisme s’inscrit dans la logique de l’Agenda 2063, le plan stratégique de l’Union africaine pour une Afrique intégrée et prospère. Les infrastructures modernes sont au cœur de cette vision : elles permettent le commerce intra-africain, la mobilité, la croissance industrielle et la compétitivité globale.

En rassemblant les capacités des banques africaines, des fonds souverains et des institutions régionales, l’AIFF ambitionne de devenir un catalyseur concret pour la transformation économique du continent. Les projets identifiés bénéficieront ainsi d’une structure de financement et de gouvernance solide, capable de rassurer les investisseurs.


Les défis restent réels

Si la vision est ambitieuse, les obstacles sont nombreux. Le succès de l’AIFF dépendra de :

  • La mobilisation de capitaux suffisants sur le long terme,
  • La sélection rigoureuse et transparente des projets,
  • L’équilibre entre intérêts publics et privés,
  • La capacité à générer rapidement des bénéfices tangibles pour stimuler l’économie réelle.

Ces défis sont amplifiés par les besoins massifs du continent et la pression pour livrer des résultats concrets rapidement, afin de justifier la confiance des investisseurs et des citoyens.


Une première pierre pour un continent en mouvement

Le lancement de l’AIFF représente un signal fort : l’Afrique entend prendre en main sa stratégie de financement des infrastructures. C’est un pas décisif vers une souveraineté financière continentale et une meilleure coordination des projets à grande échelle.

Pour le continent, il s’agit de transformer une ambition de longue date en résultats tangibles : des routes plus sûres, des réseaux électriques fiables, des ports et télécommunications modernisés, capables de soutenir la croissance et l’intégration régionale.

La route est encore longue, mais pour la première fois, l’Afrique dispose d’un outil collectif et structurant pour rapprocher vision et action concrète.

La Rédaction

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