BOA Côte d’Ivoire : Le bénéfice franchit 29 milliards FCFA, porté par le rebond des revenus au troisième trimestre.
Après un premier semestre marqué par une progression limitée de ses revenus et un allègement du coût du risque, Bank of Africa Côte d’Ivoire retrouve une dynamique commerciale plus soutenue au troisième trimestre 2026. À fin septembre, la banque affiche un bénéfice net de 29,66 milliards FCFA, en hausse de 11,35 % sur un an. Une performance qui repose notamment sur l’accélération du produit net bancaire, malgré une remontée sensible des charges liées au risque.
Bank of Africa Côte d’Ivoire (BOA CI) confirme la solidité de ses résultats sur les neuf premiers mois de 2026. Selon son rapport d’activité arrêté au 30 septembre et publié le 2 novembre par la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), l’établissement bancaire a réalisé un résultat net de 29,66 milliards FCFA, contre environ 26,64 milliards FCFA à la même période en 2025.
Cette progression de 11,35 % intervient dans un contexte où la banque doit composer avec deux mouvements : une accélération de ses revenus au troisième trimestre et une remontée du coût du risque, c’est-à-dire des charges liées aux crédits susceptibles de ne pas être remboursés.
Le troisième trimestre redonne du souffle aux revenus
Le principal signal positif vient de l’évolution du produit net bancaire (PNB), qui représente les revenus générés par l’activité bancaire après prise en compte des charges directement liées à cette activité.
À fin septembre, il s’établit à 57,77 milliards FCFA, en hausse de 7,99 % sur un an. Cette progression marque une accélération notable par rapport au premier semestre, où le PNB n’avait augmenté que de 1,5 %.
Les données cumulées permettent de mesurer ce changement de rythme. Le PNB du troisième trimestre 2026 ressort autour de 21,06 milliards FCFA, contre environ 17,33 milliards FCFA un an auparavant. Cette estimation, obtenue par différence entre les données cumulées à fin septembre et celles du premier semestre, traduit une progression d’environ 21,5 % sur le trimestre.
Autrement dit, la banque a nettement renforcé sa capacité à générer des revenus au cours de la dernière période observée. Cette évolution constitue l’un des moteurs de l’amélioration de ses performances.
Des charges mieux contenues, malgré la pression du risque
Autre élément favorable : les frais généraux progressent moins rapidement que les revenus. Ils atteignent 20,63 milliards FCFA, en hausse de 6,71 % sur un an. Cette maîtrise relative des dépenses contribue à améliorer le coefficient d’exploitation, qui ressort à 35,7 %, contre 36,1 % un an plus tôt.
Cet indicateur mesure la part des revenus absorbée par les charges de fonctionnement. Plus il est faible, plus la banque transforme efficacement ses revenus en résultat opérationnel.
Le résultat brut d’exploitation progresse ainsi de 8,71 %, à 37,14 milliards FCFA.
Mais cette amélioration intervient alors que le coût net du risque remonte. Il atteint 3,44 milliards FCFA à fin septembre, contre 3,38 milliards sur la même période de 2025. Le contraste est particulièrement marqué avec le premier semestre 2026, où cette charge n’était que de 263 millions FCFA.
Cette évolution suggère une concentration importante des charges liées au risque au troisième trimestre. Elle rappelle que la progression des revenus ne suffit pas, à elle seule, à neutraliser les effets d’une éventuelle dégradation de la qualité du portefeuille de crédits.
Crédits et dépôts, une activité en expansion
Sur le plan commercial, BOA CI affiche également une progression à deux chiffres de ses principaux volumes d’activité.
Les crédits nets à la clientèle atteignent 495,10 milliards FCFA, en hausse de 19,94 % sur un an. Les dépôts collectés auprès des clients progressent, pour leur part, de 17,71 %, à 942,18 milliards FCFA, contre 800,40 milliards FCFA à fin septembre 2025.
La banque développe donc simultanément ses financements et sa collecte de ressources. Cette dynamique traduit une activité commerciale soutenue, même si les dépôts enregistrent un recul par rapport à leur niveau de fin juin 2026, où ils s’élevaient à 970,59 milliards FCFA.
Le résultat avant impôts atteint 34,49 milliards FCFA, en hausse de 12,04 %. Il progresse ainsi plus rapidement que le résultat brut d’exploitation. Une différence de 791 millions FCFA entre ce dernier, diminué du coût du risque, et le résultat avant impôts est relevée par l’analyse de Waramina, sans que les lignes publiées permettent d’en identifier précisément l’origine. Ce point mérite donc une clarification dans la lecture détaillée des comptes.
Une performance à confirmer dans la durée
Les résultats de BOA Côte d’Ivoire montrent un changement de rythme au troisième trimestre. Après un premier semestre où la croissance des revenus était restée modeste, la banque a bénéficié d’une accélération de son activité, tout en maintenant ses charges générales sous contrôle.
La progression du bénéfice net à 29,66 milliards FCFA est donc un signal positif. Mais la remontée du coût du risque invite à ne pas lire cette performance sous le seul angle de la croissance commerciale. La capacité de la banque à préserver la qualité de ses crédits sera déterminante pour consolider ses résultats.
À la BRVM, où les investisseurs scrutent autant la croissance que la qualité des bénéfices, le prochain rendez-vous de BOA CI sera moins celui de la performance affichée que celui de sa capacité à la maintenir. Car dans le métier bancaire, les revenus font grandir les résultats ; la maîtrise du risque leur permet de durer.
La Rédaction



