BRVM : Près de 122 milliards FCFA de capitalisation effacés, les marchés terminent dans le rouge.
La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a clôturé la séance du lundi 19 octobre 2026 sur une note négative. Le BRVM Composite a reculé de 0,58 %, dans un marché où les baisses ont largement dominé les hausses. Les secteurs des services publics et de l’énergie ont particulièrement souffert, tandis que les échanges sur les actions ont atteint près de 1,94 milliard de FCFA. Malgré cette correction, la place financière régionale conserve une progression de plus de 53 % depuis le début de l’année.
La semaine boursière a débuté dans le rouge à la Bourse régionale des valeurs mobilières. À la clôture du lundi 19 octobre 2026, les trois principaux indices du marché ont enregistré des replis, traduisant une séance globalement défavorable aux actions cotées.
Selon le Bulletin officiel de la cote publié par la BRVM, l’indice BRVM Composite, qui mesure l’évolution générale du marché des actions, s’est établi à 529,51 points, en baisse de 0,58 % par rapport à la séance précédente.
Le BRVM 30, qui regroupe trente valeurs importantes de la place régionale, a cédé 0,53 % à 256,17 points. De son côté, le BRVM Prestige a perdu 0,37 %, terminant à 196,22 points.
Cette évolution s’est accompagnée d’une diminution de la valeur globale des sociétés cotées. La capitalisation du marché des actions s’est établie à 20 764,67 milliards de FCFA, soit une contraction estimée à près de 122 milliards de FCFA par rapport à la séance précédente.
Cette baisse correspond à une perte de valorisation boursière et non à une sortie effective de capitaux du marché.
Une séance dominée par les valeurs en baisse
La tendance négative s’est reflétée dans le comportement des sociétés cotées.
Sur les 48 entreprises présentes à la BRVM, 27 ont enregistré une baisse de leur cours, contre seulement 13 progressions. Six valeurs négociées sont restées stables, tandis que deux autres n’ont pas fait l’objet de transactions.
Cette répartition illustre l’ampleur du mouvement de repli. Les baisses n’ont pas été limitées à quelques entreprises, mais ont concerné une majorité des titres du marché.
Les échanges sur les actions ont atteint 1,936 milliard de FCFA, pour un volume de 1 363 225 titres négociés. Par rapport à la séance précédente, la valeur des transactions a légèrement diminué de 0,28 %, alors que le nombre d’actions échangées a progressé de 4,14 %.
Autrement dit, davantage de titres ont changé de mains, mais pour une valeur globale légèrement inférieure. Cette évolution peut notamment résulter d’une activité plus importante sur des actions dont les cours unitaires sont moins élevés.
TotalEnergies CI, Sucrivoire et CIE parmi les plus fortes baisses
Le repli a particulièrement touché certaines valeurs ivoiriennes.
TotalEnergies Marketing Côte d’Ivoire a enregistré la plus forte baisse de la séance, avec un recul de 7,26 %. Son action est passée de 3 100 à 2 875 FCFA.
Le titre Sucrivoire a également subi une correction importante, abandonnant 5,29 % pour clôturer à 2 150 FCFA.
La Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) a perdu 4,31 %, terminant à 5 550 FCFA. Elle est suivie par Bank of Africa Niger, en baisse de 4,26 % à 4 500 FCFA, et Onatel Burkina Faso, dont le cours a reculé de 3,17 % à 2 900 FCFA.
Ces évolutions montrent que les pressions vendeuses ont touché des entreprises de plusieurs secteurs, notamment l’énergie, l’agro-industrie, les services publics, la banque et les télécommunications.
Il serait toutefois prématuré d’attribuer ces baisses à une cause unique. Les données de cotation permettent de mesurer les mouvements des cours, mais ne suffisent pas à établir les motivations précises des investisseurs.
Bernabé CI et les valeurs bancaires résistent
Malgré la tendance générale, certaines entreprises sont parvenues à terminer la séance en territoire positif.
Bernabé Côte d’Ivoire s’est distinguée avec une progression de 2,49 %, portant son cours à 1 850 FCFA. Elle occupe ainsi la première place du classement des hausses.
Bank of Africa Bénin a gagné 2,22 %, clôturant à 9 200 FCFA. Ecobank Côte d’Ivoire a progressé de 1,89 % à 16 200 FCFA.
La banque NSIA Banque Côte d’Ivoire a enregistré une hausse de 1,41 %, à 20 800 FCFA, tandis que Palmci a gagné 1,38 %, terminant à 7 705 FCFA.
La présence de plusieurs établissements bancaires parmi les meilleures performances témoigne d’une certaine résistance de ces titres. Elle ne signifie cependant pas que l’ensemble du secteur financier a progressé.
Énergie et services publics : les secteurs les plus pénalisés
L’analyse sectorielle confirme le caractère généralisé du repli.
Les sept indices sectoriels de la BRVM ont terminé dans le rouge, avec des pertes particulièrement prononcées pour les services publics et l’énergie.
Le secteur des services publics a enregistré la plus forte contraction, avec une baisse de 3,21 %. L’énergie suit avec un recul de 2,91 %.
La consommation discrétionnaire, qui regroupe notamment des activités liées aux achats non essentiels, a perdu 1,03 %, tandis que les télécommunications ont cédé 0,70 %.
Les services financiers ont reculé de 0,32 %, contre 0,15 % pour l’industrie et 0,08 % pour la consommation de base.
Ces différences montrent que certains compartiments ont mieux résisté que d’autres. Toutefois, aucun des secteurs suivis par les indices officiels n’a échappé à la baisse.
Bank of Africa Mali termine sans variation
Du côté des valeurs maliennes, Bank of Africa Mali (BOAM) a clôturé la séance à 5 700 FCFA, un niveau identique à celui de la séance précédente.
Le titre a enregistré 2 848 actions échangées, pour une valeur de transactions d’environ 16,27 millions de FCFA.
Cette stabilité contraste avec les replis observés sur plusieurs autres valeurs bancaires de la place régionale.
Sur le marché obligataire, la ligne État du Mali 6,50 % 2020-2028 a enregistré 148 obligations négociées, pour une valeur de 592 000 FCFA.
L’activité sur ce titre demeure limitée à l’échelle du marché. Elle ne permet pas, à elle seule, de tirer des conclusions sur l’appétit global des investisseurs pour les titres de dette souveraine malienne.
Une correction à relativiser après une forte progression annuelle
Si la séance du 19 octobre s’est soldée par une baisse généralisée, elle intervient dans un contexte de forte progression du marché depuis le début de l’année.
À la clôture, le BRVM Composite affichait encore une hausse cumulée de 53,15 % depuis janvier 2026.
Ce niveau de performance invite à relativiser le recul enregistré en une seule séance. Une correction quotidienne peut survenir après une période de hausse importante, sans nécessairement annoncer un changement durable de tendance.
Pour les investisseurs, les prochaines séances permettront de déterminer si ce mouvement reste ponctuel ou s’inscrit dans une phase plus prolongée de consolidation.
Au-delà des variations quotidiennes, l’enjeu pour la BRVM reste de préserver la confiance des investisseurs, d’améliorer la liquidité des titres et de renforcer sa capacité à mobiliser l’épargne au profit du financement des entreprises de l’UEMOA.
La séance du 19 octobre rappelle ainsi une réalité fondamentale des marchés financiers : une Bourse peut afficher des performances annuelles remarquables tout en traversant des journées difficiles. Pour la place régionale, le véritable indicateur de solidité ne sera pas l’absence de corrections, mais sa capacité à transformer durablement la confiance des investisseurs en capitaux pour l’économie.
La Rédaction



