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AES-CEDEAO : Souveraineté, unité et libre circulation au cœur des négociations de Dakar.

À la veille des premières négociations formelles entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Mali, le Burkina Faso et le Niger affichent une position commune. La souveraineté des États, la consolidation de leur confédération et la défense des intérêts des populations constituent leurs trois priorités. Au-delà des enjeux diplomatiques, l’avenir des échanges commerciaux et de la mobilité régionale est également en jeu.

Les discussions de Dakar s’annoncent comme une étape importante dans la redéfinition des relations entre l’AES et la CEDEAO. Réunis le 16 octobre 2026 à Ouagadougou, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont harmonisé leurs positions avant l’ouverture des négociations prévues les 17 et 18 octobre dans la capitale sénégalaise.

Selon l’Agence de presse africaine (APA), les trois pays entendent défendre une approche fondée sur le respect de leur souveraineté, la consolidation de leur organisation confédérale et la prise en compte des intérêts de leurs populations. La libre circulation des personnes et des biens figure également parmi les principaux sujets de discussion.

L’objectif est de définir les bases politiques, institutionnelles et juridiques des relations futures entre les deux organisations, dans un contexte marqué par le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en janvier 2025.

La souveraineté, premier principe défendu par les trois pays

Pour les autorités de l’AES, les futures relations avec la CEDEAO doivent tenir compte des choix politiques et institutionnels opérés par les trois États sahéliens.

Cette orientation vise à encadrer les discussions sans remettre en cause l’existence ni les ambitions de la Confédération. Les ministres des Affaires étrangères ont ainsi réaffirmé leur attachement au respect de la souveraineté de leurs pays et à une approche fondée sur le dialogue et le respect mutuel.

La question est déterminante pour la suite des négociations : il s’agit de préciser les modalités de coopération entre deux ensembles régionaux dont les cadres institutionnels ont évolué, tout en tenant compte de leurs intérêts communs.

Toutefois, les sources disponibles ne détaillent pas l’ensemble des clauses que les trois pays considèrent comme non négociables. Les priorités annoncées constituent donc des orientations politiques générales, dont la traduction juridique reste à préciser.

Consolider l’AES pour négocier d’une seule voix

La deuxième priorité concerne la cohésion de la Confédération. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger souhaitent défendre une position commune afin de peser collectivement dans les discussions avec la CEDEAO.

Cette stratégie a fait l’objet de travaux préparatoires le 14 octobre à Ouagadougou. Les experts des trois pays, réunis au sein d’une équipe confédérale de négociation, ont été chargés d’harmoniser leur lecture des enjeux, d’identifier les lignes rouges et les marges de flexibilité, puis de déterminer les sujets nécessitant un arbitrage politique.

D’après le quotidien burkinabè Sidwaya, ces travaux doivent également contribuer à définir une méthode commune et à structurer les thèmes de négociation.

Les conclusions des experts ont ensuite été soumises à l’examen des ministres des Affaires étrangères. Cette préparation traduit la volonté de l’AES de disposer d’un cadre coordonné pour aborder les questions institutionnelles et juridiques avec son ancien partenaire régional.

Libre circulation et commerce, l’enjeu économique des discussions

Au-delà des principes politiques, les négociations concernent directement les populations et les opérateurs économiques de l’Afrique de l’Ouest.

La libre circulation des personnes et des biens constitue l’un des principaux sujets identifiés lors des travaux préparatoires. Les deux organisations sont confrontées à un enjeu concret : clarifier les règles applicables aux déplacements, au transport des marchandises et aux échanges commerciaux entre leurs espaces.

Pour les entreprises, l’incertitude sur les formalités, les conditions de passage aux frontières ou les modalités de coopération peut compliquer la planification des activités et alourdir les coûts logistiques. Pour les populations, la mobilité régionale reste essentielle aux déplacements familiaux, professionnels et commerciaux.

La préservation des acquis de l’intégration régionale figure déjà dans les engagements évoqués lors des consultations tenues à Bamako le 22 mai 2025. Selon Sidwaya, ces échanges avaient débouché sur un mémorandum d’entente fixant notamment l’architecture et les thèmes des négociations, ainsi que sur un engagement à préserver les acquis de plusieurs décennies d’intégration.

Il reste désormais à déterminer comment ces principes pourront être traduits en arrangements concrets entre les deux organisations.

Dakar, une étape vers un nouveau cadre de relations

Les discussions des 17 et 18 octobre doivent ouvrir une nouvelle phase dans les rapports entre l’AES et la CEDEAO. Elles interviennent après plusieurs mois de préparation et de consultations, mais ne préjugent pas de la conclusion immédiate d’un accord définitif.

Le processus devra notamment préciser les mécanismes de dialogue, les questions institutionnelles à traiter et les modalités de préservation des échanges entre les populations.

L’enjeu dépasse donc la seule relation entre dirigeants. Pour les économies de la région, la qualité du futur cadre de coopération comptera aussi par ses effets sur les corridors commerciaux, les échanges transfrontaliers et la prévisibilité des règles.

À Dakar, la souveraineté constituera le principe politique affiché par l’AES ; la capacité à préserver des relations économiques et humaines fonctionnelles sera l’un des tests concrets des négociations.

La Rédaction

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