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Mali-Maroc : Le Conseil d’affaires veut passer des ambitions aux investissements concrets.

Trois mois après sa relance officielle, le Conseil d’affaires Mali-Maroc précise ses priorités auprès des autorités maliennes. Reçu le 13 octobre 2026 par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, l’organisme entend faciliter les partenariats entre entreprises, dynamiser les échanges commerciaux et encourager les investissements. Plusieurs secteurs sont ciblés, dont les services bancaires, la formation, le logement et la filière mangue.

Une relance à traduire en résultats économiques

Le rapprochement économique entre Bamako et Rabat entre dans une nouvelle phase. Le mardi 13 octobre, une délégation du Conseil d’affaires Mali-Maroc, conduite par son coprésident malien Sory Ibrahima Maïga, a été reçue par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo.

Cette rencontre avait pour objectif de présenter les membres du Conseil, d’exposer les activités envisagées et de recueillir les orientations des autorités maliennes. Elle intervient près de trois mois après la réactivation officielle de cette plateforme, destinée à renforcer les relations entre les milieux d’affaires des deux pays.

Selon le ministère malien de l’Industrie et du Commerce, les missions envisagées comprennent le partage d’informations sur les opportunités économiques, la facilitation des échanges commerciaux, l’organisation de rencontres professionnelles et le transfert de compétences.

Le Conseil entend ainsi jouer un rôle d’intermédiaire entre les entreprises maliennes et marocaines, en facilitant la recherche de partenaires et l’identification de projets communs. Son efficacité dépendra toutefois de sa capacité à transformer ces missions en investissements effectifs et en débouchés commerciaux.

Quatre secteurs au cœur des perspectives de coopération

Les échanges avec le ministre ont permis d’identifier plusieurs domaines présentant des possibilités de collaboration : les services bancaires, la formation, le logement et la filière mangue.

Dans le secteur bancaire, le rapprochement des acteurs peut favoriser les relations entre entreprises, l’accès aux services financiers et l’accompagnement des projets d’investissement. La formation constitue, pour sa part, un levier de transfert de compétences et de renforcement des qualifications professionnelles.

Le logement représente également une piste de coopération, notamment à travers le partage d’expériences et le développement éventuel de projets adaptés aux besoins du marché malien.

La filière mangue offre un enjeu particulier pour l’économie nationale. Au-delà de la commercialisation du fruit, le développement de la transformation locale, du conditionnement et de la conservation pourrait contribuer à accroître la valeur ajoutée créée au Mali. La concrétisation de cette perspective nécessitera néanmoins des partenariats industriels, des débouchés commerciaux et des capacités de financement adaptés.

Ces secteurs sont présentés comme des pistes de coopération, et non comme des projets déjà financés ou des contrats conclus.

Bamako mise sur l’industrialisation et la transformation locale

Au cours de la rencontre, Moussa Alassane Diallo a appelé les opérateurs économiques à faire de cette coopération un instrument de développement industriel. Il a notamment insisté sur la transformation des matières premières au Mali et sur le renforcement des capacités nationales de production.

Cette orientation répond à un enjeu économique majeur : accroître la valeur ajoutée générée sur le territoire, développer une offre compétitive et permettre aux entreprises locales de mieux se positionner sur les marchés.

Pour le Mali, l’intérêt d’un partenariat avec le Maroc ne se limite donc pas à l’augmentation des échanges. Il réside également dans la possibilité de mobiliser des compétences, des financements, des technologies et des réseaux commerciaux susceptibles d’accompagner le développement productif.

Le ministre a par ailleurs demandé au Conseil de placer la défense des intérêts économiques du Mali au cœur de ses actions. Cette exigence souligne la nécessité de rechercher des partenariats équilibrés, capables de bénéficier aux entreprises des deux pays tout en soutenant les objectifs d’industrialisation maliens.

Une plateforme réactivée en juillet 2026

Le Conseil d’affaires Mali-Maroc a été officiellement relancé le 23 juillet 2026, à Bamako, à l’occasion du Forum d’affaires organisé en marge de la quatrième session de la Grande Commission mixte de coopération entre les deux pays.

La relance a été formalisée par une convention d’activation entre le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Le dispositif a vocation à offrir un cadre permanent de concertation, à faciliter les mises en relation entre entreprises et à promouvoir les investissements croisés.

Le forum de juillet avait réuni plus de 300 opérateurs économiques maliens et marocains, selon la CGEM. Il avait également permis des échanges sur les opportunités d’investissement, le cadre réglementaire des affaires et les possibilités de coopération sectorielle.

Cette mobilisation témoigne de l’intérêt des milieux économiques pour le partenariat bilatéral. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, une mesure des investissements réalisés ou des résultats commerciaux obtenus depuis la relance.

Le défi du suivi et de la concrétisation

La réunion du 13 octobre marque une étape dans la définition des priorités du Conseil d’affaires Mali-Maroc. Mais les informations publiées à son issue ne font état ni de contrats signés, ni de montants d’investissement annoncés, ni d’un calendrier détaillé de réalisation des projets.

La prochaine phase devra donc permettre de préciser les initiatives prioritaires, d’identifier les entreprises concernées et de mettre en place un suivi des partenariats. Le nombre de projets engagés, les financements mobilisés, les échanges commerciaux générés et les retombées pour les entreprises locales constitueront des indicateurs utiles pour évaluer les progrès accomplis.

Pour Bamako et Rabat, l’enjeu est désormais de donner une portée opérationnelle à une coopération soutenue par des relations économiques anciennes. Car la réussite du Conseil ne se mesurera pas au nombre de rencontres organisées, mais à sa capacité à faire émerger des investissements productifs, des emplois et davantage de valeur ajoutée au Mali.

La Rédaction

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