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Mali–FMI : Un nouveau programme financier en préparation, Bamako entre dans la phase des négociations.

Après l’achèvement de son programme de référence, le Mali prépare une nouvelle étape de sa coopération avec le Fonds monétaire international. Une mission du FMI, achevée le 9 octobre à Bamako, a ouvert la voie à des négociations autour d’un éventuel programme soutenu par une Facilité élargie de crédit. Le montant du financement et les engagements associés restent à définir.

Le Mali et le Fonds monétaire international (FMI) préparent l’ouverture de négociations en vue d’un nouveau programme économique et financier. Du 5 au 9 octobre 2026, une mission de l’institution financière internationale a échangé avec les autorités maliennes sur la situation macroéconomique du pays et les perspectives d’un accompagnement financier pluriannuel.

Dans son communiqué publié le 9 octobre, le ministère malien de l’Économie et des Finances précise que ces discussions doivent être suivies par la transmission d’informations complémentaires et l’organisation de visioconférences. Ces travaux préparatoires doivent permettre d’engager formellement les négociations autour d’un programme soutenu par une Facilité élargie de crédit (FEC).

À ce stade, aucun accord définitif n’a été annoncé. Mais cette démarche marque une nouvelle étape dans le dialogue entre Bamako et le Fonds, après la clôture du programme de référence qui encadrait les réformes économiques du pays depuis mars 2025.

Cinq jours d’échanges sur les équilibres économiques du Mali

La mission du FMI s’est achevée le vendredi 9 octobre lors d’une réunion présidée par Alousséni Sanou, ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances. Elle poursuivait quatre objectifs : présenter le nouveau chef de mission du Fonds aux autorités maliennes, examiner l’évolution de la situation macroéconomique, étudier les perspectives d’un nouveau programme économique et financier et échanger avec les partenaires techniques et financiers.

La délégation a notamment rencontré les responsables des départements chargés des Finances, des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, ainsi que de l’Industrie et du Commerce.

Les échanges ont porté sur plusieurs indicateurs essentiels : la croissance économique, l’inflation, les finances publiques, la situation monétaire et bancaire et les comptes extérieurs. Ces données permettent d’apprécier la capacité de l’économie à produire de la richesse, la stabilité des prix, les ressources et les dépenses de l’État, ainsi que les flux financiers avec le reste du monde.

Pour les autorités maliennes comme pour le FMI, ce diagnostic constitue une étape importante avant la définition des objectifs et des mesures qui pourraient figurer dans un futur programme.

Après le programme de référence, un possible retour au financement pluriannuel

La démarche actuelle intervient après l’achèvement du programme de référence suivi par le FMI depuis mars 2025. Ce dispositif, destiné à encadrer les politiques économiques et à suivre les réformes, ne prévoyait pas de décaissements directs au titre de ce programme.

Le 18 mars 2026, la direction du FMI avait approuvé la deuxième et dernière revue de ce dispositif. Selon l’institution, les objectifs quantitatifs et les repères structurels examinés avaient été atteints. Les progrès relevés concernaient notamment la numérisation des recettes fiscales et l’amélioration de la gestion des comptes publics.

Le Fonds avait également souligné les difficultés rencontrées par l’économie malienne en 2025, notamment le recul de la production aurifère et les perturbations de l’approvisionnement en carburant. Pour soutenir la stabilité économique, il avait recommandé de renforcer la mobilisation des recettes publiques, de maîtriser les dépenses courantes et de préserver les investissements ainsi que les dépenses sociales prioritaires.

L’éventuelle mise en place d’un nouveau programme soutenu par une FEC représenterait une évolution par rapport à ce dispositif de suivi. Elle pourrait ouvrir l’accès à des ressources financières concessionnelles sur plusieurs années, sous réserve d’un accord sur les politiques économiques et les réformes à mettre en œuvre.

La Facilité élargie de crédit, un instrument assorti d’engagements

La Facilité élargie de crédit est un mécanisme du FMI destiné aux pays à faible revenu confrontés à des difficultés prolongées de balance des paiements. Elle permet d’accéder à des financements à des conditions concessionnelles, généralement dans le cadre d’un programme économique à moyen terme.

En contrepartie, le pays bénéficiaire s’engage sur un ensemble de politiques et de réformes. Leur mise en œuvre fait l’objet d’évaluations périodiques par le Fonds, selon les modalités convenues dans le programme.

Pour le Mali, les négociations devront donc préciser les objectifs économiques, les mesures envisagées et les modalités d’un éventuel soutien financier. Le montant, la durée et le calendrier des décaissements ne sont pas encore connus. Ils ne peuvent être considérés comme acquis tant que les discussions n’ont pas abouti et que les procédures d’approbation nécessaires n’ont pas été menées.

Les finances publiques et les dépenses prioritaires au cœur des enjeux

La suite des discussions sera particulièrement importante pour la gestion des finances publiques. La capacité de l’État à mobiliser des recettes, à financer ses missions et à maintenir les investissements constitue un enjeu central de la stabilité macroéconomique.

Le secteur minier, les recettes fiscales, les dépenses de fonctionnement et le financement des services publics figurent parmi les sujets qui méritent une attention particulière dans le suivi économique du pays. Toutefois, les informations publiées à l’issue de la mission d’octobre ne permettent pas d’affirmer que des conditions précises ont déjà été arrêtées sur ces différents points.

La question sera également de savoir comment un éventuel programme pourrait contribuer à consolider les équilibres économiques sans compromettre les dépenses sociales et les investissements nécessaires au développement. C’est dans la définition de ces arbitrages que se mesurera la portée concrète des négociations.

Un accord encore à construire

La mission achevée le 9 octobre ne constitue donc pas la conclusion d’un accord, mais une étape préparatoire. Les autorités maliennes doivent encore fournir des informations complémentaires et poursuivre les échanges techniques avec les équipes du FMI avant l’ouverture formelle des négociations.

Pour Bamako, l’enjeu est de définir un cadre économique et financier compatible avec les besoins du pays. Pour le Fonds, il s’agira d’évaluer les perspectives macroéconomiques et les politiques susceptibles de soutenir la stabilité à moyen terme.

Le prochain rendez-vous déterminant sera celui des négociations elles-mêmes : au-delà de l’éventualité d’un financement, leur contenu dira quelles priorités économiques le Mali entend défendre et quels engagements il sera prêt à prendre pour les concrétiser.

La Rédaction

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