BRVM : Les vendeurs reprennent la main, les indices décrochent de plus de 1 %.
La Bourse régionale des valeurs mobilières a débuté la semaine dans le rouge. Le lundi 5 octobre 2026, les trois principaux indices ont reculé de plus de 1 %, dans un marché dominé par les baisses. Malgré cette correction, la performance annuelle de la BRVM reste positive.
La BRVM a commencé la semaine sous pression. À la clôture de la séance du lundi 5 octobre 2026, le BRVM Composite a cédé 1,39 % à 539,17 points, tandis que le BRVM 30 a reculé de 1,31 % à 261,11 points. L’indice BRVM Prestige a, lui, abandonné 1,25 %, à 200,30 points.
La baisse a été largement répandue sur la cote. Sur les valeurs effectivement négociées, 27 ont terminé en baisse contre seulement 12 en hausse, tandis que les autres sont restées stables. Le mouvement traduit une nette domination des vendeurs pour cette première séance de la semaine.
Une correction qui efface une partie des gains récents
Le recul du 5 octobre intervient après une séance déjà négative vendredi. Le Composite avait alors limité sa baisse à 0,41 %. La correction s’est donc accentuée en début de semaine, avec une perte trois fois plus importante lundi.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que la tendance annuelle est renversée.
Depuis le début de l’année, le BRVM Composite affiche encore une progression de 1,70 %, contre +1,97 % pour le BRVM 30 et +1,47 % pour le BRVM Prestige. Le BRVM Principal reste également positif, à +0,78 %.
La séance ressemble ainsi davantage à une phase de correction et de réallocation des portefeuilles qu’à un changement structurel de tendance.
Sonatel reste le poids lourd des échanges
Dans un marché sous pression, Sonatel conserve son statut de locomotive des transactions.
L’action du groupe sénégalais a terminé quasiment stable, à 44 980 FCFA, soit une baisse marginale de 0,04 %. Mais son poids dans les échanges est considérable : 41 818 titres ont été négociés, pour une valeur d’environ 1,88 milliard FCFA.
À elle seule, la valeur représente environ 53 % du montant total échangé sur le marché au cours de la séance.
Cette concentration montre une nouvelle fois le rôle central des grandes capitalisations dans la liquidité de la BRVM. Elle illustre aussi l’intérêt persistant des investisseurs pour Sonatel, dont le cours reste à un niveau historiquement élevé après une forte progression depuis le début de l’année.
Derrière le géant sénégalais, Bridge Bank Group Côte d’Ivoire a enregistré environ 246,4 millions FCFA de transactions.
Nestlé CI mène le mouvement des hausses
La séance n’a toutefois pas été entièrement dominée par les vendeurs.
Quelques titres ont réussi à évoluer à contre-courant. Nestlé Côte d’Ivoire signe la meilleure performance de la journée avec une progression de 3,89 % à 15 490 FCFA.
Le titre est suivi par Africa Global Logistics Côte d’Ivoire, en hausse de 3,73 % à 3 060 FCFA, puis par SMB Côte d’Ivoire, qui progresse de 3,31 % à 16 995 FCFA.
Bridge Bank Group Côte d’Ivoire gagne également 2,22 %, tandis que la Loterie nationale du Bénin avance de 1,70 %.
Cette résistance de certaines valeurs industrielles et commerciales permet d’entrevoir une forme de rotation au sein du marché, alors même que les indices globaux reculent.
Les bancaires et certaines industrielles sous pression
À l’autre extrémité du classement, BICICI affiche la plus forte baisse de la séance, avec un recul de 7,38 % à 31 305 FCFA.
Bernabé Côte d’Ivoire abandonne 7,18 %, à 1 810 FCFA, tandis que Filtisac Côte d’Ivoire perd 6,57 %, à 1 850 FCFA.
Unilever Côte d’Ivoire recule également de 6,29 % et Servair Abidjan de 5,71 %.
Le mouvement est particulièrement visible dans le secteur financier. L’indice BRVM Services financiers a chuté de 1,81 %, soit la plus forte baisse sectorielle de la séance.
Les télécommunications suivent avec -1,36 %, tandis que la consommation de base recule de 0,79 %, les services publics de 0,66 % et l’énergie de 0,64 %.
Les industriels jouent les résistants
Dans ce tableau largement baissier, un secteur se distingue : celui des industriels.
L’indice BRVM-Industriels a progressé de 1,41 %, alors que tous les autres grands indices sectoriels suivis par la BRVM étaient dans le rouge, à l’exception de la consommation discrétionnaire qui a pratiquement stagné (-0,08 %).
Cette divergence mérite d’être surveillée. Elle montre que la correction n’affecte pas uniformément les différentes composantes de la cote et que les investisseurs continuent de sélectionner certaines valeurs malgré la pression générale.
Plus de 3,5 milliards FCFA échangés
La baisse des indices ne s’est pas accompagnée d’un effondrement de l’activité.
La valeur totale des transactions s’est élevée à 3,56 milliards FCFA, pour une capitalisation du marché des actions de 21 143,4 milliards FCFA.
Le marché obligataire affichait de son côté une capitalisation de 13 581,5 milliards FCFA.
Le niveau des échanges reste donc significatif. Le problème de la séance n’est pas l’absence de capitaux, mais plutôt leur orientation : une partie importante des investisseurs a privilégié la vente ou la réduction de certaines positions.
Une BRVM encore dans le vert en 2026
Malgré la correction du 5 octobre, la photographie annuelle reste relativement favorable.
Le Composite conserve un gain de 1,70 % depuis le début de l’année, alors que le BRVM 30 progresse de 1,97 %. Le secteur des télécommunications affiche même une hausse de 3,44 % depuis le début de l’année, tandis que les services publics gagnent 3,30 %.
Ces performances rappellent que la séance du 5 octobre doit être replacée dans une perspective plus large.
La BRVM sort d’une période marquée par de fortes progressions de certaines grandes capitalisations, notamment Sonatel. Dans ce contexte, les phases de prise de bénéfices et de réallocation sont inhérentes au fonctionnement d’un marché où les investisseurs arbitrent en permanence entre rendement, valorisation et risque.
Octobre commence dans la prudence
Le signal envoyé par la séance du 5 octobre est donc davantage celui d’une prudence retrouvée que celui d’un désengagement massif.
Les investisseurs restent actifs, comme le montre le volume des transactions, mais deviennent plus sélectifs. Les écarts importants entre les valeurs gagnantes et perdantes illustrent cette dispersion croissante des performances.
Pour les prochaines séances, l’évolution des grandes capitalisations sera déterminante. Sonatel conserve une influence majeure sur les volumes, tandis que les valeurs financières, qui pèsent lourd dans la cote, restent sous pression.
La BRVM commence ainsi octobre avec un avertissement plutôt qu’un véritable coup de tonnerre : le marché peut encore afficher une performance annuelle positive tout en devenant beaucoup plus exigeant envers les titres qui ont fortement progressé.
Après plusieurs mois où la hausse semblait presque aller de soi, octobre rappelle une règle simple de la Bourse : les investisseurs peuvent rester optimistes sur le marché tout en devenant beaucoup moins patients avec certaines valorisations.
La Rédaction



