Skip links

Sénégal : 1 575 milliards FCFA d’exportations au deuxième trimestre, le pétrole change la donne.

Les exportations de biens du Sénégal ont généré environ 1 575 milliards FCFA au deuxième trimestre 2026. Si le montant marque un léger recul par rapport au premier trimestre, il progresse nettement sur un an. Derrière cette performance, le pétrole et l’or prennent une place croissante, dessinant une nouvelle carte des exportations sénégalaises.

Le commerce extérieur sénégalais poursuit sa transformation. Au deuxième trimestre 2026, les exportations de biens ont atteint 1 575,2 milliards FCFA, contre 1 579,2 milliards FCFA au premier trimestre, soit un léger repli trimestriel. Sur un an, en revanche, la progression atteint 8,3 %, confirmant la dynamique engagée depuis le début de l’année.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la montée en puissance des hydrocarbures dans les exportations du pays. Le pétrole brut, l’or, les produits pétroliers raffinés et le gaz naturel liquéfié occupent désormais une place importante dans les ventes sénégalaises à l’étranger.

Le pétrole en tête des produits exportés

Au deuxième trimestre, les huiles brutes de pétrole ont représenté environ 27,6 % de la valeur totale des exportations sénégalaises.

L’or non monétaire arrive derrière, avec 21 %, suivi des autres produits pétroliers, à 9,9 %, et des produits halieutiques, à 7,1 %.

Cette composition illustre un changement important dans la structure du commerce extérieur sénégalais. Le pays conserve ses filières historiques, notamment les produits de la pêche, les phosphates et les produits agricoles, mais les hydrocarbures et l’or occupent désormais une place déterminante dans les recettes d’exportation.

Le pétrole apporte toutefois une contribution particulièrement visible à la progression récente. Au deuxième trimestre, le recul des ventes de pétrole brut a pesé sur les performances trimestrielles : les exportations de brut ont diminué de 69,8 milliards FCFA par rapport au trimestre précédent.

Cette baisse a été partiellement compensée par les produits pétroliers raffinés, dont les exportations ont progressé de 47 milliards FCFA, ainsi que par le gaz naturel liquéfié, en hausse de 18,1 milliards FCFA.

L’or confirme son poids dans les recettes extérieures

L’autre pilier de cette nouvelle configuration est l’or.

Au deuxième trimestre, les exportations d’or non monétaire ont augmenté de 136 milliards FCFA sur un an, contribuant fortement à la progression globale des ventes sénégalaises à l’étranger.

Cette performance montre que la dynamique exportatrice ne repose pas exclusivement sur les hydrocarbures. Les ressources minières continuent également de fournir une part importante des recettes extérieures du pays.

À l’inverse, plusieurs produits traditionnels ont enregistré des replis. Les exportations d’acide phosphorique ont diminué de 15,3 milliards FCFA et celles de zircon de 11,3 milliards FCFA au deuxième trimestre.

Le tableau est donc contrasté : les nouvelles filières extractives prennent de l’ampleur tandis que certaines activités industrielles et minières historiques évoluent à un rythme moins favorable.

Le Mali, premier débouché sénégalais dans l’UEMOA

La dimension régionale reste particulièrement intéressante.

Au deuxième trimestre 2026, les exportations sénégalaises à destination des autres pays de l’UEMOA se sont établies à environ 260,8 milliards FCFA.

Et parmi ces marchés, le Mali occupe une position dominante. Le pays absorbe environ 71,2 % des exportations sénégalaises destinées à l’espace UEMOA.

Cette position confirme l’importance du corridor commercial sénégalo-malien dans les échanges régionaux. Malgré les contraintes qui peuvent affecter le commerce régional, le Mali reste un débouché majeur pour les produits sénégalais.

La relation commerciale entre Dakar et Bamako ne se limite donc pas aux statistiques douanières : elle constitue un axe structurant des échanges à l’intérieur de l’UEMOA.

Juillet confirme l’accélération

Les données disponibles après le deuxième trimestre renforcent le constat.

Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations sénégalaises ont atteint 668,2 milliards FCFA en juillet 2026, contre 524,7 milliards FCFA en juin, soit une progression mensuelle de 27,3 %.

Sur un an, la hausse atteint 54,7 %.

Le pétrole brut explique une grande partie de cette accélération. Les exportations de brut sont passées de 87,7 milliards FCFA en juin à 273,4 milliards FCFA en juillet. Les produits pétroliers raffinés ont également progressé, à 73 milliards FCFA, contre 57,2 milliards un mois auparavant.

L’or non monétaire demeure également un produit majeur, avec 124,7 milliards FCFA d’exportations en juillet.

Sur les sept premiers mois de 2026, les exportations atteignent ainsi 3 822,5 milliards FCFA, contre 3 272,2 milliards à la même période de 2025. Cela représente une progression de 16,8 %.

Une balance commerciale qui se rapproche de l’équilibre

La progression des exportations s’accompagne d’une amélioration de la balance commerciale.

En juillet, les importations se sont établies à 606 milliards FCFA, contre 653,6 milliards en juin, soit un recul de 7,3 %.

Avec 668,2 milliards FCFA d’exportations face à 606 milliards d’importations, le Sénégal a dégagé un excédent commercial mensuel de 62,1 milliards FCFA, alors qu’il affichait encore un déficit de 128,9 milliards le mois précédent.

Sur les sept premiers mois de l’année, le déficit cumulé s’est réduit à 67 milliards FCFA, contre 932,3 milliards FCFA à la même période de 2025.

L’amélioration est donc spectaculaire, mais elle doit être interprétée avec prudence. Une partie importante de cette évolution est liée à la montée des exportations d’hydrocarbures et au recul des importations.

Le nouveau défi, transformer les recettes d’exportation

La progression des exportations constitue une source importante de devises et peut contribuer à renforcer la position extérieure du Sénégal. Mais elle soulève également une question stratégique : que fera le pays de cette nouvelle capacité d’exportation ?

Le poids croissant du pétrole, du gaz et de l’or modifie rapidement la structure des recettes extérieures. Cette transformation peut soutenir les finances publiques, les investissements et les infrastructures. Elle expose cependant davantage le commerce extérieur aux fluctuations des volumes de production, des cours internationaux et du calendrier des cargaisons.

Les données de juillet illustrent d’ailleurs cette volatilité. Alors que les exportations de pétrole brut ont bondi, celles de gaz naturel liquéfié ont reculé à 29,3 milliards FCFA, contre 45 milliards en juin. Les exportations de ciment hydraulique et de poissons frais de mer ont également diminué.

Le véritable enjeu sera donc de convertir la nouvelle manne extractive en capacités productives plus diversifiées : industrie, transformation locale, agriculture, pêche, services et développement des entreprises exportatrices.

Le Sénégal vend désormais davantage à l’étranger. La prochaine bataille économique sera de faire en sorte qu’une part croissante de cette valeur soit créée avant que les produits ne quittent le territoire.

Car une cargaison de pétrole améliore les statistiques commerciales d’un trimestre. Une industrie capable de transformer localement les ressources et d’exporter durablement peut, elle, changer la structure d’une économie.

La Rédaction

Accueil
Recherche
Top
Découvrir
Drag