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Investissements : Le Mali mise sur sa diaspora au Canada pour bâtir un nouveau partenariat économique.

Reçu par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, le Conseil d’affaires Mali-Canada dévoile une feuille de route ambitieuse pour attirer les investissements et renforcer les échanges économiques entre les deux pays.

La diaspora malienne n’est plus seulement perçue comme une source de transferts financiers vers les familles. Elle est désormais appelée à devenir un véritable moteur d’investissements, de création d’entreprises et de transfert de compétences. C’est dans cette perspective que le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a reçu une délégation du Conseil d’affaires Mali-Canada (CAMC), venue présenter sa stratégie de développement des relations économiques entre Bamako et Ottawa.

Cette rencontre intervient dans un contexte où les autorités maliennes multiplient les initiatives visant à diversifier les partenaires économiques du pays tout en mobilisant le potentiel de plusieurs millions de Maliens vivant à l’étranger. Le Canada, qui dispose d’une communauté malienne dynamique composée d’entrepreneurs, d’investisseurs et de professionnels hautement qualifiés, apparaît comme un partenaire stratégique pour cette nouvelle orientation.

Transformer la diaspora en levier de développement

Créé pour structurer les relations d’affaires entre le Mali et le Canada, le Conseil d’affaires Mali-Canada ambitionne de devenir une plateforme de référence reliant les entreprises, les investisseurs et les institutions publiques des deux pays.

L’organisation regroupe des hommes et femmes d’affaires, des experts et des investisseurs installés aussi bien au Mali qu’au Canada. Son objectif est simple : faire passer les opportunités économiques du stade des intentions à celui des investissements concrets.

Au-delà de la mise en relation des acteurs économiques, le CAMC souhaite faciliter les partenariats, accompagner les projets d’investissement et contribuer à améliorer la visibilité du Mali auprès des investisseurs canadiens.

Une stratégie bâtie autour de cinq axes

Le plan stratégique 2026-2029 présenté au Premier ministre repose sur plusieurs priorités destinées à renforcer durablement les relations économiques bilatérales.

Le Conseil prévoit notamment d’intensifier les échanges commerciaux entre les deux pays, d’accompagner les investissements croisés, d’organiser des missions économiques ainsi que des rencontres d’affaires entre entreprises maliennes et canadiennes.

L’organisation entend également mettre en place des groupes sectoriels spécialisés afin de développer les partenariats dans les domaines jugés prioritaires pour le développement du Mali. Les secteurs des mines, de l’agriculture, de l’agro-industrie, de l’énergie, des infrastructures, des technologies de l’information et du numérique figurent parmi les principaux domaines ciblés.

Parallèlement, le CAMC souhaite instaurer un dialogue permanent entre les investisseurs privés et les pouvoirs publics afin d’identifier les obstacles aux investissements et proposer des solutions adaptées.

Des objectifs mesurables d’ici 2029

Contrairement à de nombreuses organisations économiques, le Conseil d’affaires Mali-Canada s’est fixé des objectifs chiffrés.

À l’horizon 2029, il ambitionne de réunir 150 membres actifs, de réaliser huit missions économiques entre les deux pays, d’organiser trois forums économiques Mali-Canada et d’accompagner une dizaine de projets d’investissement structurants.

Le Conseil prévoit également de former près de 500 entrepreneurs et investisseurs tout en atteignant une autonomie financière couvrant 60 % de son budget grâce à ses ressources propres.

Cette approche traduit une volonté de privilégier des résultats concrets plutôt que de simples déclarations d’intention.

Une vision en phase avec les priorités du gouvernement

La stratégie du CAMC rejoint pleinement les orientations défendues par les autorités maliennes lors de la deuxième édition du Forum international de la Diaspora, organisée à Bamako en juillet 2026 sous le thème : « Diaspora malienne et investissements productifs : bâtir un Mali économiquement fort pour un développement durable ».

À cette occasion, le Premier ministre Abdoulaye Maïga avait invité les Maliens établis à l’extérieur à dépasser la logique des transferts financiers familiaux pour investir davantage dans des projets créateurs de richesse, d’emplois et de valeur ajoutée.

Le Chef du Gouvernement avait insisté sur la nécessité de mobiliser les compétences, les réseaux professionnels et les expériences acquises à l’international afin d’accélérer la transformation économique du pays.

Il avait également réaffirmé la volonté de l’État de poursuivre les réformes destinées à améliorer le climat des affaires, simplifier les procédures administratives et renforcer la confiance des investisseurs.

Pourquoi le Canada représente une opportunité

Le choix du Canada n’est pas anodin.

Le pays figure parmi les économies les plus développées du G7 et dispose d’un savoir-faire reconnu dans plusieurs secteurs qui intéressent particulièrement le Mali, notamment l’exploitation minière, les technologies, les énergies, l’agriculture et les services financiers.

Pour le CAMC, la présence d’une diaspora malienne qualifiée constitue un avantage compétitif majeur. Ces entrepreneurs et professionnels connaissent les réalités des deux marchés et peuvent jouer un rôle d’intermédiaires pour faciliter les investissements, sécuriser les partenariats et accélérer les échanges commerciaux.

Dans un contexte où le Mali cherche à diversifier ses partenaires économiques et à attirer davantage de capitaux privés, cette passerelle entre Bamako et Ottawa pourrait contribuer à l’émergence de nouveaux projets structurants.

Une nouvelle étape dans la diplomatie économique malienne

Au-delà de la portée symbolique de cette audience à la Primature, la démarche du Conseil d’affaires Mali-Canada illustre une évolution de la stratégie économique malienne. L’enjeu n’est plus seulement de maintenir les liens avec la diaspora, mais de transformer cette communauté en véritable acteur du financement du développement national.

Si les ambitions affichées se traduisent par des investissements effectifs dans les secteurs prioritaires, le partenariat Mali-Canada pourrait devenir un modèle de coopération économique fondé sur l’entrepreneuriat, l’innovation et la mobilisation des compétences. Pour le Mali, la diaspora apparaît ainsi de plus en plus comme un partenaire économique à part entière, capable de contribuer durablement à la création de richesses et à la transformation de l’économie nationale.

La Rédaction

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