Mali–Maroc : Le Complexe Mohammed VI de Sébénicoro ouvre une nouvelle voie pour la formation de 1 000 jeunes chaque année.
Remis officiellement aux autorités maliennes, le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle de Sébénicoro ambitionne de répondre aux besoins du marché de l’emploi dans des secteurs stratégiques comme le BTP, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration. Ce projet illustre le renforcement de la coopération entre Bamako et Rabat autour du développement du capital humain.
Le Mali franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de formation professionnelle. Le Royaume du Maroc a officiellement remis, le 24 juillet 2026, aux autorités maliennes le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle de Sébénicoro, à Bamako, un établissement moderne appelé à former près de 1 000 jeunes par an dans 21 filières répondant aux besoins des entreprises.
La cérémonie de remise officielle est intervenue à l’issue de la 4ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération Mali-Maroc, tenue du 21 au 24 juillet à Bamako, en présence notamment du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, de son homologue malien Abdoulaye Diop, ainsi que de la ministre malienne de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck.
Au-delà de l’inauguration d’un nouvel établissement, ce projet traduit la volonté des deux pays de faire de la formation professionnelle un levier de création d’emplois, de compétitivité économique et d’insertion durable des jeunes.
Un complexe moderne au service des métiers les plus recherchés
Implanté dans le quartier de Sébénicoro, à l’ouest de Bamako, le complexe s’étend sur une superficie bâtie d’environ 5 200 m².
L’établissement a été conçu selon les standards modernes de la formation professionnelle, avec des salles de cours, des ateliers techniques spécialisés et des équipements destinés à reproduire les conditions réelles de travail.
La capacité d’accueil annoncée est de près de 1 000 apprenants par an, ce qui en fait l’un des centres de formation professionnelle les plus importants du pays.
L’objectif est de permettre aux jeunes d’acquérir des compétences immédiatement mobilisables sur le marché du travail.
21 filières pour répondre aux besoins de l’économie
Le complexe proposera 21 filières de formation, réparties entre deux grands secteurs.
Le premier concerne les métiers du bâtiment et des travaux publics (BTP) avec 12 spécialités, couvrant des compétences indispensables au développement des infrastructures.
Le second regroupe 9 filières liées au tourisme, à l’hôtellerie et à la restauration, des secteurs appelés à jouer un rôle croissant dans la diversification de l’économie malienne.
Ces domaines ont été retenus en raison de leurs besoins importants en main-d’œuvre qualifiée et de leur potentiel de création d’emplois.
Les formations devraient associer enseignement théorique, travaux pratiques et périodes de stage en entreprise afin de rapprocher les apprentissages des réalités du terrain.
Réduire l’écart entre la formation et l’emploi
La mise en service du complexe intervient dans un contexte où le Mali fait face à un défi majeur : l’insertion professionnelle de sa jeunesse.
Selon les données rappelées par la Banque mondiale, plus des deux tiers de la population malienne ont moins de 25 ans et entre 250 000 et 300 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.
Dans le même temps, la grande majorité des jeunes actifs exerce dans le secteur informel, souvent sans qualification reconnue.
Ce décalage entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises constitue l’un des principaux freins au développement économique.
En misant sur des formations professionnalisantes dans des secteurs porteurs, les autorités espèrent améliorer l’employabilité des jeunes et faciliter leur accès à un emploi durable.
Un investissement dans le capital humain
Pour les économistes, les infrastructures de formation sont devenues des investissements stratégiques.
Former davantage de techniciens, d’ouvriers qualifiés, de professionnels de l’hôtellerie ou du tourisme permet non seulement de répondre aux besoins des entreprises, mais aussi d’améliorer la productivité de l’économie.
Dans un contexte marqué par la multiplication des projets d’infrastructures, le développement urbain et les ambitions de diversification économique, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée constitue un facteur essentiel de compétitivité.
Le Complexe Mohammed VI pourrait ainsi contribuer à réduire le recours à certaines compétences importées tout en offrant de nouvelles perspectives professionnelles aux jeunes Maliens.
Un symbole du renforcement de la coopération Mali–Maroc
Au-delà de sa dimension éducative, cette réalisation illustre le dynamisme retrouvé de la coopération entre Bamako et Rabat.
La remise officielle du complexe intervient quelques jours après la tenue de la Grande Commission mixte, qui a débouché sur plusieurs accords portant notamment sur :
- la formation professionnelle ;
- l’énergie ;
- l’électricité ;
- les investissements ;
- le développement du secteur privé.
Le complexe constitue ainsi l’un des projets les plus visibles de cette coopération bilatérale.
Il témoigne également de la volonté du Maroc de soutenir le développement du capital humain dans plusieurs pays africains à travers des infrastructures de formation et des programmes de renforcement des compétences.
Un impact attendu sur l’économie locale
L’ouverture prochaine du complexe devrait produire des effets au-delà du seul secteur de la formation.
À moyen terme, l’arrivée de jeunes qualifiés pourrait contribuer à améliorer la qualité des services dans les secteurs ciblés, à renforcer la compétitivité des entreprises et à soutenir la création d’activités économiques.
Le BTP, notamment, demeure un secteur stratégique dans un pays où les besoins en logements, infrastructures routières et équipements publics restent importants.
Le tourisme et l’hôtellerie, quant à eux, pourraient bénéficier d’une montée en compétences des ressources humaines, indispensable pour accompagner un éventuel redémarrage du secteur.
Des modalités de fonctionnement encore attendues
Si la capacité d’accueil et les grandes orientations pédagogiques sont désormais connues, plusieurs aspects pratiques restent à préciser.
Les autorités devraient prochainement communiquer sur les conditions d’admission, le calendrier des inscriptions, les diplômes délivrés ainsi que les partenariats prévus avec les entreprises pour les stages et l’insertion professionnelle.
Ces informations seront déterminantes pour les futurs candidats et pour les entreprises susceptibles d’accueillir les stagiaires.
Former aujourd’hui pour construire l’économie de demain
La remise du Complexe Mohammed VI de Sébénicoro dépasse le cadre d’une simple inauguration d’infrastructure.
Elle traduit une conviction de plus en plus partagée : le développement économique repose autant sur les investissements matériels que sur la qualité des compétences humaines.
En offrant chaque année à près d’un millier de jeunes une formation adaptée aux besoins du marché, ce centre pourrait devenir un maillon essentiel de la stratégie de développement du Mali. Car dans une économie en mutation, la richesse d’un pays ne se mesure pas uniquement à ses ressources naturelles, mais aussi à sa capacité à former une jeunesse qualifiée, innovante et prête à relever les défis de demain.
La Rédaction



