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AES : Le Burkina Faso, le Mali et le Niger accélèrent leur coopération policière pour bâtir un espace sécuritaire intégré.

Réunis à Ouagadougou pour leur deuxième rencontre de concertation, les directeurs généraux des polices nationales des trois pays de la Confédération des États du Sahel veulent renforcer le partage de renseignements, harmoniser les contrôles aux frontières et rapprocher davantage leurs méthodes d’intervention.

Une coopération sécuritaire qui vise aussi à créer les conditions d’une meilleure stabilité économique dans l’espace sahélien.La coopération sécuritaire entre les pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) franchit une nouvelle étape.

Les directeurs généraux des polices nationales du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont ouvert jeudi 16 juillet 2026 à Ouagadougou leur deuxième réunion de concertation consacrée au renforcement de l’intégration sécuritaire entre les trois États.

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée par les pays membres de l’AES de construire progressivement une architecture commune de sécurité capable de répondre aux menaces transfrontalières qui affectent la région.

Au centre des discussions : l’amélioration de la coopération opérationnelle, le partage des renseignements, l’harmonisation des contrôles aux frontières et la coordination des actions des forces de police.

Une réponse commune face à des menaces sans frontières

Les défis sécuritaires auxquels font face le Burkina Faso, le Mali et le Niger dépassent largement les limites administratives de chaque État.

La circulation des groupes armés, les trafics transfrontaliers, la criminalité organisée et les réseaux clandestins exploitant les zones frontalières nécessitent une coordination plus étroite entre les services de sécurité.

Pour les responsables policiers réunis à Ouagadougou, l’objectif est donc de renforcer la capacité des trois pays à agir ensemble, notamment grâce à une meilleure circulation de l’information.

Le renseignement apparaît comme un élément central de cette nouvelle stratégie. En partageant davantage les données opérationnelles, les services de sécurité espèrent améliorer l’anticipation des menaces et accélérer les réponses sur le terrain.

Vers une meilleure coordination des forces de police

L’un des principaux axes de travail concerne l’harmonisation des pratiques policières entre les trois pays.

Les échanges portent notamment sur :

  • la coordination des opérations de sécurité ;
  • le partage des informations entre services ;
  • l’interconnexion progressive des systèmes de données ;
  • la coopération dans les enquêtes transfrontalières ;
  • l’amélioration des contrôles aux frontières.

Cette approche vise à réduire les zones d’ombre exploitées par les réseaux criminels et à renforcer la capacité des administrations à suivre les mouvements suspects dans un espace géographique vaste.

Les frontières au cœur du dispositif

Avec plusieurs milliers de kilomètres de frontières communes, les pays de l’AES font face à un défi majeur : sécuriser les espaces de circulation tout en facilitant les échanges entre populations.

La région du Liptako-Gourma, à cheval entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, reste particulièrement stratégique en raison de son importance sécuritaire et économique.

L’harmonisation des procédures de contrôle pourrait permettre une meilleure coopération entre les postes frontaliers et une réponse plus rapide aux situations à risque.

Pour les autorités, une frontière mieux coordonnée constitue un outil essentiel dans la lutte contre les trafics et les mouvements criminels.

Une coopération qui s’inscrit dans la construction de l’AES

Cette deuxième rencontre des chefs de police de l’AES intervient dans la continuité d’une première réunion organisée à Bamako.

Elle traduit la volonté des trois États de donner un contenu concret au volet sécuritaire de leur coopération.

Depuis la création de la Confédération des États du Sahel, la défense et la sécurité occupent une place centrale dans les priorités communes des trois pays.

Cette dynamique concerne plusieurs niveaux : coopération militaire, coordination diplomatique et désormais rapprochement des forces de police.

L’objectif est de construire progressivement des mécanismes communs permettant aux États membres de répondre collectivement aux défis sécuritaires.

La stabilité sécuritaire, un enjeu économique majeur

Derrière les enjeux de sécurité se trouve également une question économique.

L’insécurité affecte directement les activités économiques, la circulation des marchandises, les investissements privés et le développement des infrastructures.

Pour les entreprises, un environnement plus sécurisé représente une condition essentielle pour investir, produire et créer des emplois.

La sécurisation des corridors commerciaux entre les pays de l’AES constitue notamment un enjeu stratégique pour favoriser les échanges régionaux.

Dans cette perspective, la coopération policière ne concerne pas uniquement la lutte contre la criminalité. Elle participe aussi à la création d’un environnement plus favorable au développement économique.

Le défi de la mise en œuvre

Si la volonté politique semble affirmée, la réussite de cette intégration sécuritaire dépendra désormais de la capacité des administrations à transformer les décisions en actions concrètes.

Le partage effectif des renseignements, la compatibilité des outils techniques et la confiance entre les différents services seront déterminants.

La construction d’un espace sécuritaire commun demande également des investissements importants dans la formation, les équipements et les infrastructures numériques.

À Ouagadougou, les chefs de police du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont posé une nouvelle pierre dans l’édification d’un dispositif sécuritaire régional.

Dans un Sahel où les menaces ignorent les frontières, la coopération devient moins un choix politique qu’une nécessité stratégique. Mais son véritable succès se mesurera à sa capacité à transformer la sécurité retrouvée en opportunités économiques durables pour les populations.

La Rédaction

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